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FAIT DU JOUR Centres de vaccination contre la covid-19 : premières piqûres pour les plus de 75 ans

Josette, 79 ans et demi, habitant Laudun-l'Ardoise, est la première personne à avoir été vaccinée au nouveau centre de vaccination "grand public", ouvert au centre culturel Léo-Lagrange, à Bagnols/Cèze. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Depuis ce lundi 18 janvier, la vaccination contre la covid-19 a été élargie aux personnes de plus de 75 ans non hébergées en Ehpad et aux personnes de tous âges ayant une pathologie les exposant à un grand risque face au virus (cancer, patients dialysés, polypathologies chroniques, maladies rares, Trisomie 21...). Dès cet après-midi, sept centres de vaccination seront ouverts dans le département. 

À Nîmes, le centre de vaccination du CHU de Carémeau est ouvert depuis le 4 janvier, mais ce lundi les personnes de plus 75 ans y avaient également accès. Il se trouve sur l’emplacement du centre initial, mais il a été agrandi avec une structure modulaire qui permet de doubler la capacité et la surface en gardant le principe de marche en avant.

Cela commence par un passage par les admissions, les compétences médicales puis l’évolution vers le bâtiment principal où est réalisé l’injection et la surveillance pendant au moins 15 minutes pour vérifier l’absence d’effet indésirable grave. Enfin, la visite se termine par la remise du certificat et la prise du second rendez-vous pour réaliser l’intégralité de la vaccination. Il faut que les deux injections soient séparées d'une période allant de 21 à 28 jours.

« C’est nickel ! Je n’ai pas hésité une seule seconde... »

Danielle s’est fait vacciner ce lundi et s’apprête à rentrer chez elle, enthousiaste : « C’est nickel ! J’ai pris rendez-vous la semaine dernière et là, ça a été rapide et ça ne fait pas mal. Le personnel est très gentil. Je n’ai pas hésité une seule seconde car j’ai hâte de pouvoir embrasser mes enfants et mes petits-enfants. »

Le flux des personnes est facilité avec un accès direct par l’ascenseur du parking Indigo. Le centre de vaccination est situé au niveau 3 du hall 1 (violet). Mais attention, la vaccination se fait uniquement sur rendez-vous (sur le site internet Doctolib) et les accompagnants ne sont pas vaccinés. Au moment où nous écrivons ces lignes, les plages de rendez-vous étaient déjà toutes réservées à Nîmes, Alès et Uzès. Seules quelques places restent vacantes au centre de vaccination bagnolais pour février.

Danielle est ravie d'être vaccinée (photo Norman Jardin)

« Depuis son ouverture, le centre nîmois a réussi 3 000 vaccinations, soit les deux tiers d’activité des centres du Gard », souligne Nicolas Best, le directeur général du CHU de Nîmes. Si le centre nîmois peut vacciner 450 personnes par jour, il ambitionne de passer d’ici quelques semaines à 500. Dans le Gard 4 500 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne, sans compter l’activité de lundi.

Un septième centre ouvre ce mardi à Aigues-Mortes

Avec le centre intercommunal de vaccination qui doit ouvrir ses portes cet après-midi à la salle Flamingo d’Aigues-Mortes, ils sont désormais au nombre de sept centres dans le Gard. Deux à Nîmes, deux à Bagnols-sur-Cèze, un à Alès, un à Uzès et donc un à Aigues-Mortes. Un autre devrait aussi être opérationnel dès lundi prochain à quelques kilomètres au nord de Saint-Ambroix.

Toutefois, le préfet du Gard, Didier Lauga, modère les demandes de centres par les collectivités. « J’ai choisi de ne pas multiplier les centres. On va essayer d’avoir une meilleure couverture territoriale mais nous resterons raisonnables. Si nous avions voulu faire plaisir aux élus, on en aurait ouvert 50 centres. Nous avons reçu une cinquantaine de candidatures. Mais il y a un cahier des charges à respecter », a-t-il indiqué alors qu'il était présent ce lundi au CHU de Nîmes. Sans compter Aigues-Mortes et Saint-Ambroix, la couverture vaccinale s'élève à un centre pour 126 294 habitants en croisant le rayonnement des EPCI et des bassins de vie.

À Bagnols/Cèze, un centre de vaccination uniquement dédié aux agents hospitaliers de plus de 50 ans a ouvert sur site le 8 janvier. Il est complété par un centre de vaccination "grand public" ouvert ce lundi 18 janvier. Installé au centre culturel Léo-Lagrange, ce dernier est ouvert à tous les publics concernés vivant dans le Gard rhodanien. Il a fallu seulement 48h pour le mettre en place suite aux annonces gouvernementales.

Pour commencer, le centre est accessible par demi-journées : le lundi et le samedi de 8h45 à 12h30 et le mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 13h45 à 17h30. Mais pas question de s'y présenter sans avoir pris rendez-vous au préalable via la ligne téléphonique départementale (08 09 54 19 19) ou en passant par la plateforme Doctolib. Enfin, quand il reste des places...

30 personnes vaccinées par jour au centre "grand public" Bagnols

Ce week-end, les deux canaux étaient saturés et certains habitants, excédés, se sont rendus sur place ce lundi matin pour exprimer leur colère : "On ne peut prendre rendez-vous nulle part, comment voulez-vous qu'on fasse ?", lance un Monsieur à l'entrée du centre, avant de se faire ramener avec douceur mais fermeté vers la sortie. Il lui faudra prendre son mal en patience... Pierre Ricordeau, directeur général de l'ARS Occitanie, se voulait rassurant ce lundi : "Tout le monde pourra se faire vacciner. Les rendez-vous seront positionnés au fur et à mesure. [...] Nous ne sommes pas dans une situation de pénurie mais de mise en œuvre de la vaccination."

Ce lundi matin, 30 personnes se sont faites vacciner au centre bagnolais. Chiffre qui restera constant pour les prochains jours. "Il y aura une montée en charge dans une quinzaine de jours. Pour l'instant on part là-dessus. On a une réunion départementale toutes les semaines avec le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS), Claude Rols, avec la préfecture...", explique Valérie Brunier, directrice-adjointe du centre hospitalier bagnolais. Pour l'heure, l'établissement reçoit 80 doses par jour : 30 au centre de vaccination "grand public" et 50 pour le centre de vaccination destiné aux personnels soignants.

30 personnes ont reçu la piqûre ce lundi matin au centre de vaccination bagnolais. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le centre hospitalier bagnolais, qui chapeaute la campagne vaccinale du Gard rhodanien, bénéficie de deux livraisons par semaine de doses du vaccin Pfizer. Elles sont amenées directement par le CHU de Nîmes puis elles sont acheminées par l'APUI (Annexe à la pharmacie à usage interne) vers les deux centres de vaccination bagnolais.

Des infirmières qui viennent vacciner au centre sur leurs jours de repos

À l'intérieur de l'espace culturel, les choses se mettent en place avec une énergie bien palpable. Les seringues sont préparées, les kits de secours prévus, les feuilles amenées aux infirmières. À 9h06 très précisément, Josette, 79 ans et demi, habitant Laudun-l'Ardoise, a été la première vaccinée du centre. "Je suis contente, mes enfants seront rassurés", se réjouit-elle.

Surtout que du côté de sa belle-famille, il y a eu plusieurs cas graves dus au virus. À Noël, Josette n'a pas pu voir sa tribu réunie mais a fait le choix de les voir en trois groupes séparés. Alors dès vendredi, 13h, moment de l'ouverture, elle s'est empressée d'aller sur Doctissimo pour prendre rendez-vous pour le vaccin. Elle espère que cette inoculation lui permettre de retrouver une vie de famille plus apaisée. La date de son rappel est déjà fixée au 13 février.

Même jour que pour Jean-Michel, 77 ans, venu d'Orsan, qui lui aussi été bien décidé à se faire vacciner : "On commence à être un peu fatigué de tout ça. Il faut se protéger. J'espère que la plupart des gens vont vouloir se vacciner."

"Il faut se protéger. J'espère que la plupart des gens vont vouloir se vacciner", lance Jean-Michel, 77 ans. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Chaque demi-journée d'ouverture, deux médecins et deux infirmières sont mobilisés. Les deux premiers se chargent de l'entretien pré-vaccinal et les deux suivantes de la piqûre. "C'est vraiment un beau partenariat entre l'hôpital qui organise, avec le relais de la médecine et des infirmiers libéraux, et avec la mairie qui prête les locaux", complète Valérie Brunier.

Fanny, infirmière libérale sur le secteur de Bagnols, s'est portée volontaire pour aider au centre de vaccination : "Il faut aider à sortir de cette situation, je trouve ça bien de mettre des choses en place." Rémunérée par l'ARS, elle vient tout de même sur ses jours de repos pour porter main forte. Surtout que l'infirmière est aussi mobilisée sur le centre de dépistage, désormais déplacé à l'espace Saint-Maur, rue Crémieux. "On travaille 6 jours sur sept. Mais il faut donner un coup de collier pour avoir une vie la plus normale possible. J'ai hâte de retourner au cinéma avec mes enfants", raconte-t-elle.

Aussi mobilisée pour les injections ce lundi matin, Michèle Fond-Thurial, 2e adjointe de Jean-Yves Chapelet, qui a renfilé la blouse pour l'occasion. Avant de s'orienter vers l'administration, elle avait été infirmière et avait travaillé pendant 10 ans aux urgences : "Ce sont des choses que l'on oublie pas. Je me suis mise dans la boucle en m'inscrivant à la réserve sanitaire. En plus, je suis vaccinée depuis trois jours." Cet élargissement de la campagne vaccinale s'inscrit dans un contexte où les chiffres du covid sont à la hausse en Occitanie. Le taux d'incidence moyen en région avoisine les 170 pour 100 000 habitants, pour sept jours...

Norman Jardin et Marie Meunier

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