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FAIT DU SOIR L’Éducation nationale manifeste son « ras-le-bol »

Ici à Nîmes, les manifestants demandaient plus de moyens pour l'éducation (photo Norman Jardin)

Des manifestations se tenaient ce mardi à Bagnols, Alès puis Nîmes à l’occasion d’une journée nationale de mobilisation au sein de l’Éducation nationale.

À Nîmes, c’est une exaspération générale qu’étaient venus exprimer les 200 enseignants qui ont manifesté cet après-midi dans les rues. C’est d’abord devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale) qu’ils s’étaient donnés rendez-vous. Puis, le second point de ralliement était programmé devant la Maison carrée.

« Blanquer démission ! », pouvait-on entendre. La politique du Gouvernement en général et celle du ministre de l’Éducation en particulier étaient vivement critiquées. « On vient manifester contre les suppressions de postes cette année. Nous pensions que le ministre de l’Éducation prendrait conscience du besoin de moyens et d’encadrements, mais visiblement ce n’est pas ce qu’il souhaite. », regrettait Thierry, un des représentants le SNEP-FSU (Syndicat national de l'éducation physique - Fédération syndicale unitaire).

Thierry souhaite la démission du ministre de l'Éducation (photo Norman Jardin)

Le professeur d’EPS (éducation physique et sportive) ne cachait pas sa colère au sujet de la prime promise par Emmanuel Macron aux enseignants il y a quelques mois. « Elle n’est que de 12,50€ par mois. Il y a une prime pour l’informatique sauf pour les documentalistes. On se demande bien pourquoi. La prime promise par le Gouvernement ne s’applique que jusqu’au septième échelon, ce n’est donc pas toute la profession qui est concernée. » Pour Thierry, le compte n’y est pas. Le bruyant cortège s’est ensuite dirigé vers la préfecture pour crier son mécontentement sous les fenêtres de Didier Lauga, le préfet du Gard.

Les enseignants s'étaient donnés rendez-vous devant la Maison carrée (photo Norman Jardin)

Le mouvement national est initié par l’intersyndicale FSU, FO, CGT et SUD, « pour stopper l’hémorragie dans l’Éducation nationale », avance le représentant du syndicat Snuipp-FSU à Bagnols/Cèze, Mohammed Hammani. Le syndicaliste s’en prend aux suppressions de postes dans l’Éducation nationale, en affirmant que « depuis 2018, 7 490 postes ont été supprimés alors que les effectifs (d’élèves, ndlr) n’ont jamais cessé d’augmenter ». Et ce alors que, d’après lui, « il y a des possibilités de débloquer les moyens pour venir au secours de ce service public. »

« L’hôpital est en très mauvais état, et l’école c’est la même chose », estime Charles-Henri Roché, de la CGT éducation de Bagnols. « Il y a un sentiment de déconsidération totale de la part du Gouvernement », renchérit le délégué Sud éducation de Bagnols, Adrien Couffin.

Ce mardi matin, lors de la manifestation de l'Éducation nationale à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Une déconsidération qui se traduit sur les comptes en banque des enseignants du public : « Depuis 1995, un professeur des écoles en début de carrière a perdu 440 euros nets constants », affirme Adrien Couffin, avant d’affirmer qu’un AED, un assistant d’éducation, « doit faire plus de 41 heures par semaine pour toucher un smic », et qu’un « contractuel première catégorie, bac+5, rentre à 1 340 euros nets. C’est indécent. »

Le syndicaliste affirme qu’il y a « un ras-le-bol » dans l’Éducation nationale, et revendique logiquement une hausse des rémunérations, aux côtés d’une titularisation des plus précaires ou encore d’une baisse du nombre d’élèves par classe. L’intersyndicale revendique également l’annulation des suppressions de postes prévues. « La colère est là. Elle surgira de ces petits mouvements d’aujourd’hui », veut croire le secrétaire de l’union locale CGT de Bagnols, Patrick Lescure. Il faut dire qu’une soixantaine de personnes, seulement, ont répondu à l’appel à Bagnols ce matin.

Une petite centaine à Alès

À Alès, ils étaient une petite centaine à s’être rassemblés devant le lycée Jean-Baptiste Dumas, le plus grand du département, en milieu de matinée. Mégaphone dans une main et discours dans l'autre, Dany Bénézet, co-secrétaire départementale du SNUIPP-FSU, a choisi l’anaphore pour lister « les promesses non tenues » de Jean-Michel Blanquer.

Professeure dans une école alésienne, la leader du mouvement contestataire s'inquiète pour le premier degré touché par « un gros problème de remplacement. » « Un collègue malade n’est jamais remplacé. On se retrouve alors dans l’obligation de se partager des groupes d’élèves et d’enseigner dans des conditions dégradées », promet Dany Bénézet, qui considère que les enseignants, « oubliés du plan de relance », ont besoin d’un « plan d’urgence. » Et de poursuivre : « On ne veut pas des primes, mais une revalorisation du point d’indice ! »

D’autant que « leur revalorisation n’a rien d’historique puisqu’elle n’a concerné que quatre enseignants sur dix. » La représentante du SNUIPP-FSU, qui espérait un déploiement « de moyens exceptionnels » à la rentrée 2020 pour prendre en charge le suivi psychologique des enfants et du personnel « très touchés par le premier confinement », n’a rien vu de tout cela.

Réunis devant le lycée Jean-Baptiste Dumas, les manifestants alésiens ont pris la direction de la rue Pasteur, avant de finir par un rassemblement devant la sous-préfecture peu avant midi. (Photo Corentin Migoule)

À l’issue de cette phase de mobilisation statique, le cortège s’est formé pour prendre la direction de la sous-préfecture, avec une halte par la rue Pasteur, qui abrite les bureaux de l’inspection de l’Éducation Nationale. L’occasion pour les manifestants de brandir leurs cartes de vœux, adressées à leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, et de les coller symboliquement au mur.

Thierry Jouve, cosecrétaire académique du SNES-FSU, par ailleurs enseignant en collège à Saint-Génies-de-Malgoirès, estime que le gouvernement « envoie les enfants dans le mur. » Ce dernier ne veut plus se contenter de « caresses dans le dos » et attend des actes forts, à commencer par le vote d’un collectif budgétaire « pour revoir les dotations afin que les élèves aient de meilleures conditions d’apprentissage. »

Les suppressions de postes, « trop fréquentes au collège », alors que « le nombre d’élèves augmente », doivent « immédiatement cesser. » Sinon, « on va se retrouver avec beaucoup de classes à plus de 30 élèves », achève Thierry Jouve. « Inacceptable » pour la majeure partie de l’assemblée.

Corentin Migoule (à Alès), Norman Jardin (à Nîmes) et Thierry Allard (à Bagnols)

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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