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ÉDITORIAL Insécurité à Nîmes : l’affaire de tous !

J’ai mal à ma ville… Depuis presqu’un an, Nîmes se noie dans une vague d’homicides liés au trafic de drogue. En 2020, une vingtaine de fusillades a été répertoriée, faisant 54 blessés et cinq morts. Et l’année 2021 démarre fort. En moins de 10 jours, trois personnes ont été tuées. Voilà pour le constat. Le triste constat. Comme d’habitude, à chaque nouveau décès, la classe politique réagit. Indignée, meurtrie. Cette fois, le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier, premier représentant de la ville, semble avoir changé son fusil d’épaule. Il était temps. S’il y a encore quelques mois, l’élu Les Républicains rejetait la faute sur l’État et son pouvoir régalien, il demande aujourd’hui une concertation de tous les acteurs. Parce que la lutte contre l’insécurité, c’est bien l’affaire de tous. Dopé par la crise sanitaire, le trafic de drogue est une hydre polycéphale. L’arrivée de 13 policiers supplémentaires, programmée en deux fois en avril et en septembre, est une bonne nouvelle. Cependant, on connaît les limites du pouvoir répressif : chassez les uns aujourd’hui, d’autres reviendront demain ! Ce phénomène prolifère sur le terreau de la misère économique et sociale. Pour 2021, les collectivités (Ville, Conseil départemental…) s’apprêtent à débloquer de l’argent pour nos quartiers (Pissevin, Valdegour, Chemin-Bas d’Avignon et Mas de Mingue). Au-delà du montant des enveloppes, les élus doivent bûcher plus sérieusement sur le but de ces financements. Comment éviter aujourd’hui qu’un jeune de 13 ans se tourne vers les 2 200€ par mois que lui offre le trafic de drogue pour surveiller une rue, une cage d’escalier ? Certains penseront alors qu’une autre partie de la solution réside dans la responsabilisation des parents. La Ville réfléchit d’ailleurs à une suspension des aides aux parents de délinquants. Fausse bonne idée… La plupart d’entre eux sont souvent dépassés. Quant aux autres, il est évident que le trafic viendra combler le manque à gagner. En parlant de responsabilité, il serait bon de sensibiliser les consommateurs. Fumer du cannabis ou prendre de la cocaïne nuit à la santé certes, mais cela tue aussi des enfants. Enfin, certains auront beau jeu d’évoquer le futur projet de rénovation urbaine. Un plan qui mettra des années à accoucher des bienfaits de la mixité sociale. Que les élus s’y mettent d’abord à cette mixité, en trouvant des solutions communes, histoire d’éviter que Nîmes ne devienne un petit Marseille.

Coralie Mollaret

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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