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FAIT DU JOUR En mode phénix, les Crocos sortent du rouge

(Photo Anthony Maurin).
Pascal Plancque peut lever le poing : les Crocos enchaînent un troisième succès de rang. (Photo Anthony Maurin)

En perdant à Lorient (3-0) le 13 décembre 2020 pour le compte de la 14e journée de Ligue 1, le Nîmes Olympique tombait dans la zone rouge, alternant dès lors entre une position de relégable et de barragiste. Ce mercredi en battant ces mêmes Merlus (1-0), les Crocos sortent la tête de l'eau. Si le maintien est encore loin d'être acquis, la 17e place, difficilement envisageable il y a dix jours, leur donne un bon bol d'air. 

Ils en ont désormais pris l'habitude. Quand les Crocos sont en difficulté en Ligue 1, ils attendent le mois de février pour se muer en phénix et renaître de leurs cendres. Comme cette saison, la situation était pourtant fort mal embarquée le 31 janvier 2020, lorsque les hommes de Bernard Blaquart affichaient un bilan de 15 points en 21 journées et une 19e place au classement. Puis, en février, tout a basculé et Nîmes a enchaîné quatre victoires consécutives contre Monaco (3-1), devant Dijon (2-0), à Nice (1-3) et face à Angers (1-0).

Solidarité, réussite, talent, les Nîmois, poussés par leur public, avaient trouvé tous les ingrédients pour sortir la tête de l'eau. Cette saison, le parallèle est troublant. Certes, la mue s'est opérée deux semaines plus tard et les supporters tentent de jouer leur rôle de 12e homme comme ils le peuvent, loin des gradins. Ce mercredi avant le choc contre Lorient, ils se sont encore manifestés à l'arrivée du bus des joueurs. Un soutien salué par le gardien Baptiste Reynet qui a eu une pensée pour eux en conférence de presse : "Je leur tire un coup de chapeau pour tout ce qu'ils font pour nous."

Il est vrai aussi que sur le terrain, tout n'a pas été parfait. C'est même un euphémisme pour le portier nîmois, sauvé à deux reprises par ses montants. "C'était un match de merde", a-t-il carrément reconnu à l'issue de la partie. Mais le résultat est là : comme l'an passé, le NO a réussi sa première série de la saison en février, en s'appuyant sur un froid réalisme offensif. Mieux encore, il a su renforcer ses certitudes défensives en gardant une nouvelle fois sa cage inviolée. "Le faire trois fois de suite quand on est la plus mauvaise défense de Ligue 1, ce n'est pas rien", a apprécié l'entraîneur Pascal Plancque.

Plutôt bien rentrée dans la partie, son équipe a semblé piocher physiquement au fur et à mesure que le match avançait. La faute sans doute à un banc très léger en raison des multiples absences. Sans être formidable, Lorient a logiquement pris le dessus en seconde période et fait le siège de la surface gardoise. Mais la défense "de poche" des Crocos a cette fois encore tenu le choc. Et c'est tout un groupe solidaire et déterminé qui a fait bloc au cours de ces minutes difficiles.

Il n'y avait qu'à voir le kop formé par les indisponibles du soir, debout comme un seul homme dans la tribune officielle, en train d'acclamer leurs coéquipiers à chaque duel gagné. Ce mercredi, l'ambiance du stade des Costières n'était plus vraiment celle d'un match à huis-clos. "Les collègues nous ont donné la force de nous dépasser, a souligné Baptiste Reynet. Les absents et les remplaçants nous ont vraiment tiré vers le haut. Sur le penalty de Renaud Ripart, tout le monde a gueulé !"

Une joie sincère et partagée que l'on avait trop peu vue cette saison. Il faut dire qu'en moins de trois semaines, Pascal Plancque, qui avait jusque là pour seules références en tant qu'entraîneur principal des échecs en Ligue 2 à Boulogne-sur-Mer et Niort, a tout changé... sans presque rien changer. Sur le plan tactique, les Nîmois évoluent dans le même 4-1-4-1 qu'à la fin de l'ère Arpinon. Quant aux choix des hommes, si Benrahou a été relancé tandis qu'Ahlinvi semble avoir reculé dans la hiérarchie, on ne peut pas parler de grand bouleversement.

La solidarité, force retrouvée des Crocos. (Photo Anthony Maurin).

Mais sans avoir inventé grand chose, le technicien nîmois a su renverser la dynamique négative dans laquelle tout un club était englué. Après avoir conspué joueurs et staff avant la réception de Lille début janvier, les supporters ont décidé de faire bloc derrière l'effectif dès la réception de Monaco (3-4) qui marquait le début de Pascal Plancque. Réputé pour sa proximité avec les joueurs, ce dernier a su trouver les mots pour les libérer. Il a réussi le défi, très simple à dire mais beaucoup moins à faire, qu'il s'était fixé : "mettre tout le monde dans les meilleures dispositions."

Une dynamique à poursuivre

Symbole de cette confiance retrouvée, les nombreux renversements de jeu réussis par Florian Miguel et Yassine Benrahou en première période, ou la bonne prestation de Lamine Fomba. Souvent dans le dur depuis son arrivée au club, l'ancien milieu de terrain auxerrois est de plus en plus déterminant à la récupération. Contre Lorient, il a remporté les trois quarts de ses duels et proposé plusieurs sorties de balle intéressantes.

Mais si l'humeur était joyeuse dans le vestiaire nîmois après le match, le temps n'est pas encore à la fête. Comme l'a rappelé Pascal Plancque après le match, "si psychologiquement la victoire fait du bien, le maintien n'est pas acquis et il reste du chemin à parcourir." Dès dimanche, les Crocos affronteront Nantes pour un nouveau match crucial. Toujours diminués, ils pourront compter sur le retour attendu de Ferhat et ceux espérés d'Alakouch et Cubas, préservés face à Lorient.

La saison passée, une série de trois défaites consécutives avait succédé à celle de quatre succès, et les Nîmois avaient été sauvés par les mesures sanitaires qui avaient conduit à l'arrêt du championnat. Cette fois, il ira bien à son terme et la renaissance du phénix ne devra pas être un feu de paille. Le maintien en Ligue 1 est à ce prix.

Boris Boutet

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