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BEAUCAIRE 1,7 M€ de désendettement et 17,6 M€ d’investissements pour 2021

Julien Sanchez, maire de Beaucaire. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)
Julien Sanchez, maire de Beaucaire, lors du conseil municipal du lundi 1er mars 2021. (Photo : Stéphanie Marin/Objectif Gard)

Trente délibérations figuraient au menu du premier conseil municipal de Beaucaire de l'année, ce lundi 1er mars. Gros morceau, le débat d'orientation budgétaire 2021 constituait le plat de résistance.

Après avoir dressé un portrait peu optimiste de économie du pays, refusant l'interprétation selon laquelle la crise sanitaire actuelle en serait la seule cause et en pointant ainsi du doigt "les gouvernements successifs et leur mauvaise gestion", Julien Sanchez (Rassemblement National) s'est recentré sur le débat d'orientation budgétaire de la commune de Beaucaire dont il est maire.

En ce qui concerne la situation des finances communales, "la capacité de désendettement de Beaucaire est très bonne, on a une saine gestion des finances communales. Elle était d'environ huit ans en 2017, six ans en 2018, cinq ans en 2019, 4,2 ans en 2020. Ça a été salué d'ailleurs par la Chambre régionale des comptes", se gargarise le premier édile de Beaucaire. Le même prévoit un fort désendettement de la commune avec un remboursement d'emprunts de près d'1,7 M€ cette année. L'encours de la dette est au 1er janvier 2021, de 14,9 M€ et devrait être de 13,2 M€ au 31 décembre 2021.

Dans le cadre des recettes de fonctionnement, une première information à retenir et primordiale pour les Beaucarois concernés : les taux d'imposition n'augmenteront pas en 2021. En tout cas si la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence décide de ne pas toucher elle non plus à la taxe d'habitation, les taxes sur le foncier bâti et l'enlèvement des ordures ménagères. En 2020, le produit des impôts s'est élevé à 9 198 052€, il devrait être de 9 M€ en 2021.

Autre sujet abordé sur le thème des recettes de fonctionnement : les dotations de l'État aux communes. "Elles ne sont pas en hausse, regrette Julien Sanchez. Notamment sur la partie investissements parce que c'est vraiment de cela dont un pays a besoin, de l'investissement local et concret." Le montant des différentes dotations - DGF, DSU et DNP (*) - atteignait les 3,1M€ en 2020, il devrait être de 2,9 M€ en 2021. Pas de quoi plomber les projets d'investissements de la ville qui compte notamment sur l'intervention de co-financeurs pour chacun d'entre eux. En 2019 et 2020, plus de 3 M€ de subventions ont été obtenues.

En termes d'investissements, la ville entend poursuivre ses actions sur des dossiers déjà ouverts. Des chantiers sont déjà enclenchés pour certains et la municipalité prévoit plus de 17,6 M€ d'investissements dont près de 10 M€ de nouvelles inscriptions budgétaires. Des chiffres qui n'ont pas manqué de faire réagir le conseiller municipal d'opposition Unis pour Beaucaire, Luc Perrin : "Nous sommes toujours dans un contexte sanitaire très incertain qui rend difficile toutes perspectives économiques pour l'année 2021. Dans ces conditions, le rapport d'orientation budgétaire s'apparente un peu à un exercice de voyance et votre penchant démesuré pour la communication à un exercice de propagande. Sur les investissement, vous annoncez encore une fois de mirifiques prévisions, avec un taux de réalisation effectif de moins de 45% depuis 2014. Il faudrait peut-être vous décider à un peu plus de sincérité dans les prévisions des dépenses en investissements."

Lors du conseil municipal de Beaucaire ce lundi 1er mars 2021. (Photo : Stéphanie Marin/Objectif Gard)

Parmi les principaux projets prévus en 2021, figurent le Pôle d'échange multimodal, la base nautique, des travaux de réfection sur la voirie communale, un renforcement du dispositif de vidéoprotection, la création d'une aire de jeux, la poursuite du programme de rénovation et d'agrandissement de l'école Garrigues-Planes et la réhabilitation de l'école Nationale. Ce dernier projet cité se fait trop attendre au goût de Luc Perrin. "Il a déjà plus de cinq ans de retard, a-t-il lancé au maire RN. Nous nous demandons si à ce niveau, vous allez continuer à rejeter la faute sur les autres ?"

Julien Sanchez a aussitôt répondu : "Vous dites cinq ans de retard, moi, je dirais plutôt 50 ans. Je veux bien en prendre une partie à ma charge, mais on ne peut pas nier que dès le milieu du premier mandat nous avons lancé un projet. Emmanuel Macron a été élu, il a créé ce qu'on appelle la réforme du dédoublement des classes. Une réforme positive pour les enfants, même si c'est dommage que ça ne bénéficie qu'aux quartiers prioritaires et pas à tous les petits Français. Le projet initial ne l'avait pas pris en compte puisqu'elle n'existait pas. Il a donc dû être cassé."

Lionel Depetri, conseiller municipal d'opposition "En avant pour Beaucaire". (Photo : Stéphanie Marin/Objectif Gard)

Il n'a pas échappé aux élus du groupe d'opposition Unis pour Beaucaire, que le quartier Sud Canal était inscrit sur la liste des projets principaux. "Sur le quartier Sud Canal dont vous vantez la bonne exécution des travaux de démolition, nous remarquons que vous omettez soigneusement de dire que ce projet occasionne d'ores et déjà plus de 3 M€ de perte aux finances de la Ville. Votre négation ne fera pas disparaître magiquement les dépenses faites par la Ville sur ce secteur par vos prédécesseurs et par vous-mêmes", a lâché leur porte-parole.

"Vous êtes pour les projets, mais pas pour les dépenses", a commencé à répondre le maire avant d'être interrompu par Luc Perrin. "Je demande de la transparence. Quel est le coût de ce projet pour la ville ?" Et Julien Sanchez de reprendre : "Tout est passé en délibération. Il n'y a rien qui soit opaque. Tout passe en conseil municipal, alors arrêtez votre délire." La joute verbale s'arrêtera là, le maire préférant poursuivre avec une question posée par un autre élu d'opposition (En avant pour Beaucaire), Lionel Depetri, et concernant le nombre de policiers municipaux qui devrait passer de 23 actuellement à 30 d'ici la fin du mandat.

Stéphanie Marin

* Dotation globale de fonctionnement, dotation de solidarité urbaine et dotation nationale de péréquation.

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Un commentaire

  1. Un petit complément sur la synthèse de la cours des comptes concernant la gestion municipale de Sanchez. Au FNRN ont a décidément du mal avec la nuance. Consultable en ligne.
    https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-12/OCR2020-49.pdf
    Commune du Gard, située à proximité de Tarascon (Bouches-du-Rhône), Beaucaire est au
    centre d’un triangle formé par Nîmes, Avignon et Arles sans toutefois bénéficier de leur
    attractivité. L’emploi y est aujourd’hui majoritairement présentiel et la population, confrontée à
    un taux de chômage élevé, a tendance à se paupériser.
    L’ordonnateur a choisi de confier la coordination des services au directeur de cabinet alors qu’elle relève, en droit, du seul directeur général de services. Des contractuels ont été recrutés irrégulièrement pour occuper des emplois dont le rattachement reste à clarifier. L’encadrement administratif de la commune ne peut pas s’appuyer sur un projet de services ni sur un guide de procédures ou même intranet. La gestion des ressources humaines pâtit notamment de l’absence de règlement intérieur et de l’insuffisance des outils de suivi de la masse salariale. Des défaillances répétées ont été identifiées dans le domaine de la gestion des risques professionnels. Elles appellent des réponses rapides. La fiabilité des comptes doit être améliorée, notamment au regard du faible taux d’exécution des dépenses d’équipement (42 % en moyenne), et du défaut d’intégration des immobilisations en cours.
    Depuis 2013 la commune a dégagé un financement propre disponible de 19,7 M€, insuffisant toutefois pour couvrir la totalité des dépenses d’équipement. Son besoin de financement (7,5 M€) a été assuré par 11,1 M€ de nouveaux emprunts. Le reliquat des emprunts levés a abondé le fonds de roulement sans nécessité, la commune disposant d’une trésorerie équivalente à 184 jours de charges courantes en 2018 compte tenu des factures dues aux fournisseurs. La commune doit se doter d’outils de pilotage pour être en capacité de hiérarchiser ses choix d’investissement. Si l’ensemble des opérations annoncées par l’autorité municipale était réalisé, l’encours de dette augmenterait de 12,7 à 14,7 M€ supplémentaires d’ici à la fin 2020.

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