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NÎMES Les motards en colère, entre manifestation et espoir

Jacques Barac, patron de la FFMC du Gard (Photo Anthony Maurin).

Il n'est pas encore midi ce samedi 6 mars et des motards sont déjà en place, aux Costières, pour préparer la manifestation du jour. Un déjeuner sur le pouce avant une manif aigre-douce. La Fédération française des motards en colère du Gard s'active. 

Jacques Barac, patron de la FFMC30, présente les raisons de la manifestation du jour : " Nous manifestons contre deux choses, la première relève des nouvelles Zones à Faibles Émissions (ZFE, ndlr) et la seconde sur l'interdiction de la circulation en interfile pour les deux roues. " Des gravillons qui viennent s'immiscer sur les routes qu'empruntent les motards.

L'écologie avance, les lois aussi. Avec les ZFE c'est une future obligation d'instauration d'une zone spécifique avant le 31 décembre 2024 dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants... " Nîmes métropole est concernée. Nous avons rencontré le directeur de cabinet du président Franck Proust et il découvrait cela avec nous. On espère que l'agglo va pouvoir faire sortir les deux roues de ces contraintes car les deux roues offrent plus de fluidité dans le trafic, posent moins de problèmes de stationnement et polluent moins car il n'y a aucun diesel parmi les motos ! Nous pouvons donc faire jouer ces spécificités car ils sont conscients qu'il y aura un problème de contrat social. Tout le monde n'a pas les moyens d'acheter des véhicules récents ou électriques ! "

(Photo Anthony Maurin).

Des particularités peuvent donc intervenir sur les territoires et sauver les usagers de deux roues. N'oublions pas que sur la totalité du trafic les deux roues ne représenteraient que 3 à 4 % des mobilités. Pour l'autre raison de manifester, là aussi, c'est une coutume depuis les années 1970 qui vient d'être stoppée, celle de l'usage de l'interfile, quand un deux roues passe entre les files de voitures qui sont plus ou moins à l'arrêt.

" Ils veulent un transfert de certains modes de transports vers d'autres. Nous, nous pouvons nous faufiler alors nous demandons la légalisation de l'interfile ! Il est idiot de faire des tests pour savoir si ça fonctionne car c'est notre quotidien... Nous sommes vulnérables, nous le savons mais nous ne sommes pas suicidaires. Il est logique que nous partagions la route en toute sérénité et que tout le monde soit formé à cela " poursuit Jacques Barac.

(Photo Anthony Maurin).

Mais les choses ne semblent pas s'arrêter là. " Bientôt arrivera ce que nous repoussons depuis des années, le contrôle technique. L'Europe souhaite le mettre en place dans tous les pays membres mais la France peut s'en passer car le nombre de morts en deux roues à cause d'un accident qui engage la mécanique de la moto est de 0,7 % ! C'est juste un racket financier... Comme toujours. Nous, motards, nous sommes aussi des automobilistes et nous appelons tous les usagers à ne plus aller chez Dekra-Norisko qui est dernière tout cela. Ce sont les pros du lobbying. "

" Nous sommes simplement pour que les gens soient informés et formés, l'incitation doit être permanente dès le plus jeune âge. Nous intervenons dans les collèges pour parler de notre passion et de nos engins car il faut que les jeunes comprennent pourquoi en vélo on leur impose un casque jusqu'à tel âge puis, après, même si leur cerveau n'est pas encore entièrement développé, il n'est plus obligatoire de le porter. Les politiques n'ont aucun cran, il en va de même concernant les équipements, onéreux et obligatoires. Pourquoi l'État, sur présentation des factures, ne nous rembourserait-il pas la TVA tous les cinq ou dix ans ? " demande Jacques Barac.

(Photo Anthony Maurin).

Une nouvelle Préfète arrive demain en poste dans le Gard et une entrevue avec les équipes de la Préfecture est déjà dans les tuyaux. " On espère... mais je suis comme saint Thomas ! En tout cas c'est un signe d'ouverture. Nous ne sommes pas là pour donner des leçons mais pour mieux vivre ensemble " conclut Jacques Barac qui attendait entre 300 et 400 motos pour la manifestation nîmoise. Un tour des boulevards, un petit happening devant la Préfecture et quelques collages d'affiches un peu partout, y compris à Nîmes métropole pour que les politiques n'oublient pas la colère des motards, tel était le parcours de la manifestation.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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