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NÎMES Le trafiquant de drogue « neutralisé » : cinq ans de prison

Photo : Abdel Samari
Le procureur de la République, Éric Maurel, a requis 8 ans de prison contre l'accusé. Photo Abdel Samari

Début mars, après des mois de surveillance, une perquisition a lieu au domicile de Melik à Manduel. Les enquêteurs trouvent 6kg de cannabis, 800g d’héroïne, 500g de cocaïne, un fusil, un pistolet automatique, plus de 6 000€ en espèces et 11 téléphones portables… « Je ne comprends pas pourquoi on me soupçonne de trafic de stupéfiants », s’est pourtant étonné le prévenu !

C’est une minutieuse enquête des douaniers, de plus de dix mois de surveillance, qui a permis l’arrestation de plusieurs individus, à Nîmes et Valence, dans le cadre d’un trafic de drogue qui s’étendait du Benelux à l’Espagne. Parmi eux, l’homme jugé ce matin devant le tribunal correctionnel de Nîmes en comparution immédiate, un certain Melik déjà connu de la justice. Ce trentenaire accumule 24 mentions sur son casier judiciaire et la lecture des faits par le juge, Jean-Michel Perez, en laisse entrevoir une 25ème à l’issue de l’audience.

Le 3 mars 2021, à 6h du matin, lors d’une perquisition, on retrouve au domicile de l’accusé - on l’a vu - plusieurs kilos de drogue, des armes et une importante somme d’argent en liquide. « Je ne trafique pas », se défend Melik qui, sans prononcer le mot, voudrait être vu comme une nourrice. À l’écouter, il n’aurait pas eu d’autres choix que de conserver la drogue retrouvée chez lui. « Je subis des menaces depuis très longtemps. J’ai même été blessé par balle », indique-t-il au tribunal.

Sur ce point, il dit vrai : le Nîmois s’est fait tirer dessus à plusieurs reprises dans une autre affaire de stupéfiants. Mais comment explique-t-il les 6 000€ trouvés sous le matelas d’un berceau ? « C’est l’argent de ma mère », avance-t-il. Cette dernière est décédée en février et l’argent proviendrait d’une partie de l’héritage. Et les 11 téléphones portables ? « Vous n’allez peut-être pas me croire, mais mon fils a des troubles autistiques et il casse les téléphones. Sa pathologie fait qu’il aime beaucoup l’électronique. » Bref, Melik a réponse à tout. Sauf à l’intervention du procureur, Éric Maurel, qui va le laisser bouche bée.

« Il faut vous neutraliser »

Celui-ci se lance dans un long réquisitoire, argumenté, à la hauteur du client qu’il a face à lui : « Vous avez eu 24 fois l’occasion de comprendre et manifestement vous refusez. C’est un choix. Tout ceci est le fruit d’une vie que vous avez construite et choisie. Il faut vous neutraliser ». C’est pourquoi il propose au tribunal une peine de 8 ans de prison avec maintien en détention ainsi qu’une interdiction de séjour dans le département du Gard.

Pour la défense de Melik, l’avocat Grenoblois Florent Girault estime qu’un certain nombre d’éléments « relèvent de la supputation ». Il ajoute : « Lorsqu’on parle de narco-banditisme (terme employé par le procureur lors de son réquisitoire, Ndlr), il faut en faire la démonstration », avant de juger la peine requise « totalement disproportionnée ». Le tribunal prononce finalement 5 ans de prison, la confiscation des scellés et plus de 90 000€ d’amende.

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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