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FAIT DU JOUR Centre de formation du Nîmes Olympique : les premières conséquences de la crise

Les vestiaires du Nîmes Olympique au centre de formation de La Bastide. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.
Le directeur du centre de formation, Christophe Chaintreuil, navigue à vue (photo Norman Jardin)

Samedi, Objectif Gard annonçait l'intention de Rani Assaf de fermer définitivement le centre de formation du Nîmes Olympique. Depuis, les entraînements ont repris. Mais la situation est fortement incertaine pour ses responsables, les jeunes joueurs et leurs parents. 

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Chez les supporters bien sûr, nombreux ce week-end à s'insurger d'une possible fermeture de la pépinière à talents du Nîmes Olympique. Celle qui a vu éclore Ripart, Michel, Gallon, Valls, Paquiez et les autres héros qui ont permis au club de redresser la barre en Ligue 2 avant de retrouver l'élite, trois décennies après l'avoir quittée. Mais aussi et surtout ses membres, premiers déroutés par le séisme qui touche actuellement le football nîmois.

Alors forcément depuis, Christophe Chaintreuil est sur le pied de guerre. Le directeur du centre de formation est chargé d'apaiser tout le monde. Et en premier lieu, les parents inquiets. "Les annonces ne sont pas rassurantes, reconnaît-il. Elles provoquent inévitablement des questionnements. Pour les parents, c'est du stress et certains s'organisent déjà pour retrouver un club et assurer la scolarité de leurs enfants. Certains sont hébergés sur place et risquent de devoir trouver un plan de secours."

Des jeunes déjà très sollicités

Et à ce petit jeu-là, tous ne partent pas avec les mêmes chances de succès. "Les meilleurs, ceux qui se sont fait repérer par d'autres clubs ou sont internationaux, sont très sollicités et retrouveront une place dans un autre centre sans problème, explique le père d'un joueur qui a souhaité conserver l'anonymat. Mais certains risquent de rester sur le carreau. Ils ne pourront pas tous aller au bout de leur rêve." 

Pour autant, pas question de céder à la démobilisation. "Rien n'est tranché définitivement, tout est en discussion et il est tout à fait possible que le centre poursuive l'an prochain, tempère Christophe Chaintreuil. Quoi qu'il en soit, il reste quelques semaines d'entraînement et des matches amicaux. L'intérêt des joueurs est d'aller jusqu'au bout et de se montrer au cas où." 

Une douzaine d'espoirs libres de partir

Si rien n'est encore joué concernant l'avenir du centre de formation du Nîmes Olympique, la crise qu'il traverse ne sera pas sans conséquence. En effet, le club pourrait perdre quoi qu'il arrive certains de ses meilleurs éléments. Jusqu'au 30 avril, le N.O était prioritaire pour proposer des contrats de travail aux jeunes qu'il souhaitait absolument conserver. Des contrats qui peuvent être de deux types : aspirant pour les mineurs, avec une rémunération avoisinant les 500 € mensuels, stagiaires pour les majeurs, la dernière étape avant le contrat professionnel qui garanti un salaire autour du Smic.

"Comme chaque année, nous proposons une liste de joueurs à la direction qui décide de leur offrir ou non un contrat", explique Christophe Chaintreuil. Hors, le club n'a pour l'heure pas adressé la moindre lettre recommandée permettant de bloquer les joueurs. Une douzaine d'espoirs du centre de formation sont donc d'ores et déjà libres de s'engager où ils veulent. Le Nîmes Olympique peut toujours leur proposer de signer mais il a définitivement perdu la priorité dont il jouissait.

Floue, la situation l'est tout autant pour la dizaine de membres du personnel qui travaillent toute l'année au sein de l'institution. "On est quand même quelques uns à être du milieu, on est habitué à changer de club quand on arrive en fin de contrat et tout le monde reste professionnel, nuance Christophe Chaintreuil. La situation est inédite mais on peut espérer continuer malgré tout. Rien n'est perdu. La formation en France, ça fait partie de l'ADN des clubs." 

Plus d'agrément, plus de contrat

Parmi les hypothèses évoquées pour l'avenir de la formation à Nîmes, la reprise des catégories U16, U17 et U19 par l'association serait loin de tout régler. "Sans agrément, on n'a plus la main pour garder un joueur", indique Christophe Chaintreuil. De fait, si selon les statuts de la Ligue de football professionnel "les clubs ont le libre choix dans l'organisation de leur formation", l'absence d'un centre agréé implique la perte des différentes protections dont ces derniers disposent.

Le Nîmes Olympique pourrait donc ne plus être dans la possibilité de faire signer ces fameux contrats aspirant et stagiaire, ceux-là même qui permettent de garder les jeunes au centre jusqu'à la fin de leur formation. Mais surtout, le club perdrait le bénéfice du "principe d'obligation pour le joueur de football de signer son premier contrat professionnel dans son club formateur". Plus aucun cadre légal n'empêcherait alors la fuite des talents du cru.

Boris Boutet

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