GardJustice

AU PALAIS Maxime mort à 26 ans sur la route :  » il voulait se marier et il aimait la randonnée, la pêche, la nature »

(Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Il est parfois difficile d'expliquer un accident, même après une enquête, même plusieurs années après. Souvent il y a l'alcool au volant, la drogue, la fatigue, ou bien un téléphone qui détourne l'attention du conducteur. Dans cet accident, rien de tout cela.

Difficile, impossible même pour la famille de se dire qu'une personne aimée puisse disparaître à jamais sans aucune explication valable. C'est le cas, jeudi, devant le tribunal correctionnel de Nîmes avec ce dossier "d'homicide involontaire" survenu en février 2020 à Saze.

Rien ne permet d'expliquer pourquoi un conducteur de poids lourd est allé percuter un scooter. Les conditions météos étaient bonne ce matin-là, ce n'était pas un endroit réputé dangereux, il n'y avait pas de virage brusque. Alors pourquoi s'est-il déporté sur cet axe? "Il avait deux voies pour lui, c'est à dire 8 mètres de route et pourtant l'accident s'est produit", plaide l'avocat de la famille de la victime dévorée par le chagrin. "Je n'ai vu le scooter qu'au moment de l'impact, j'ai commencé à freiner droit ", explique le prévenu, âgé lui aussi de 26 ans au moment du drame.

"C'est un professionnel du transport, Maxime est mort à 26 ans sur une portion de route qu'il connaissait bien puisqu'il l'empruntait quotidiennement pour se rendre au travail, souligne le conseil de la famille, pour qui "l'ombre de Maxime plane sur ce tribunal. Pour la famille, c'est une tragédie dont on ne se remet pas. C'est une vraie famille, il y a une osmose chez eux, de l'amour, de l'affection on ne peut pas se passer l'un de l'autre. Maxime aimait cette région, il aimait la randonnée, la pêche, la nature. Maxime avait une petite amie, il voulait se marier, mais au lieu de ça il repose pour l'éternité dans un petit cimetière en périphérie rurale de la Rochelle" poursuit avec brio l'avocat de la famille du défunt.

"Cette famille, l'hôpital de Marseille l'a appelée en lui disant de venir vite car c'était grave. Lorsque le papa, la maman sont arrivés sur place, un professeur leur a expliqués "il est encore vivant mais il n'a plus de fonction organique. Il a été brisé, la tête, les reins, les poumons. Puis un professeur demande qu'est ce qu'on fait, est-ce qu'on le laisse dans un état végétatif ou est-ce qu'on doit le débrancher ? Et le reste ne se traduit pas avec des mots, c'est l'amour qui parle pour ceux qui reste et d'un geste de la tête qui veut dire oui il faut le débrancher le médecin a compris ce qu'il fallait faire. Le 26 février à 13h28 Maxime a cessé de vivre à 26 ans sur une route du Gard", complète l'avocat des parties civiles en rendant un vibrant hommage à la personne décédée.

Procès difficile, avec une famille détruite par la douleur et un prévenu condamné à 1 an de prison dont 6 avec sursis, mais visiblement marqué à vie par ce drame. Le conducteur écope également d'un an de suspension de permis.

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité