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FAIT DU JOUR Un trambus nommé désastre pour les commerçants de la Route d’Avignon

La ligne T2 va réduire le nombre de places de stationnement (photo Norman Jardin)

Les commerçants estiment que les suppressions de places de stationnement et de livraison mettent en péril leur activité. 

La Route d'Avignon risque de perdre des places de stationnement avec la ligne de tram 'bus T2 (photo Norman Jardin)

Une dizaine de commerçants de la Route d'Avignon se mobilise contre les aménagements de la future ligne T2  du trambus, dont les travaux débuteront le 9 juin. 

C’est une petite portion de la route d’Avignon qui est située entre la rue de Provence et celle du Père d’Alzon. Ici nous ne sommes plus tout à fait dans la centre-ville et pas encore dans le Chemin-bas d’Avignon. Pourtant des milliers de véhicules passent par là tous les jours. Nombreux sont ceux qui s’y arrêtent pour accéder au quartier, aux cimetière Saint-Baudile ou alors aux commerces.

Les commerces affichent leur mécontentement (photo Norman Jardin)

Ce petit bout de Nîmes se trouve aussi sur le parcours de la seconde tranche de la ligne de Trambus T2. Le chantier débutera le 9 juin et il devrait se terminer à la fin de l’année 2022. Progressivement les travaux passeront par la gare Nîmes-centre, le quartier du Chemin-Bas d’Avignon puis celui du Pont-de-Justice et pour finir à Paloma à partir de septembre-octobre 2022. C’est le chantier qui est au cœur des préoccupations d’une dizaine de commerçants de la Route d’Avignon.

« Je devrai tout arrêter »

Car les aménagements prévus pour le passage de la T2 ne sont pas du goût de ces derniers. « Nous n’avons rien contre la ligne T2, mais là où ne nous sommes pas d’accord c’est qu’ils nous enlèvent les places de stationnement des deux côtés. Ils laisseront des places devant le cimetière et ça ne nous arrange pas car il faut traverser la rue pour accéder aux commerces. Avec une machine à laver ou un frigo ce n’est pas possible », souligne Christiane Bitche qui gère le magasin AMS depuis 2006.

Sa boutique est spécialisée dans le dépannage de l'électroménager et les pièces détachées.  « Le dépannage c’est plus de 50% de mon chiffre d’affaires et si les gens ne peuvent pas se garer devant la magasin, je devrai tout arrêter », appréhende Christiane.

Philippe Labaume sourit mais il s'inquiète pour son commerce (photo Norman Jardin)

Préoccupés les commerçants se mobilisent et ils affichent aux façades de leurs magasins des pancartes sur lesquelles ont peut lire « La ligne T2 condamne vos commerces de proximité ». Ces Nîmois regrettent la perte de places de stationnement, mais ils craignent également des problèmes pour leur futures livraisons si les véhicules ne peuvent pas se garer à proximité des boutiques. « Je suis boulanger ici depuis onze ans et personne n’est venu me voir pour m’expliquer ce qui allait se passer », explique Philippe Labaume dont le commerce est situé à proximité de la rue de Provence.

« C’est la mort de mon commerce et deux employés au chômage »

La boulangerie de Benjamin Clapier est quant à elle plus proche de la rue du Père d’Alzon, mais la problématique est la même. Pour lui les prochains mois seront décisifs : « Si les plans ne changent pas, c'est la mort de mon commerce et deux employés au chômage. 90% de ma clientèle vient en voiture. C’est très inquiétant. "No parking no business" : cette phrase n’est pas jolie mais c’est une réalité. »

C’est bien pour la pérennité de leur emploi que les commerçants s’inquiètent. Alors ils ont créé une pétition. « Nous avons récolté plus de 500 signatures », assure le boulanger. Dans le lot il y a celle de Patrick Ravel qui vient régulièrement de Courbessac pour acheter son pain : « Je signe cette pétition car c’est important de soutenir le commerce de proximité. Je continuerai à venir même si c’est difficile de se garer, mais ce ne sera peut-être pas le cas de tout le monde. » Il y a aussi une pétition en ligne et une page Facebook pour soutenir les commerçants.

Christiane Bitche estime qu'elle devra fermer son commerce si les plans de la T2 ne sont pas modifiés (photo Norman Jardin)

De son côté de l'agglo, qui gère le trambus, défend le projet.  Le 28 mai dernier, la direction Mobilités de Nîmes métropole est allée à la rencontre des riverains et des commerçants du quartier, accompagnée des présidents des comités de quartiers Grézan-Chemin-Bas d’Avignon et Mas de Mingue-Courbessac, et les élus de la Ville de Nîmes. Ils ont évoqué le préservation des arbres, le respect de l'environnement, le maintien de deux voies de circulation et les possibilités de circuler à vélo.

Pour la boulangerie, la T2 n'est pas du pain bénit (photo Norman Jardin)

Deux places de livraison parmi les huit places de stationnement

Deux places de livraison parmi les huit places de stationnement prévues sont à l’étude auprès des services de Nîmes métropole, ainsi que des bordures basses devant les commerces.  « Il s’agit de faciliter les livraisons et de permettre aux commerçants de recevoir leurs matières premières facilement », précise Marc Duchenne, le directeur du service Mobilités

Patrick Ravel est un habitué de la boulangerie et il a signé la pétition lancée par les commerçants (photo Norman Jardin)

 « Nous allons nous assurer que les huit places de stationnement prévues à proximité des commerces soient adaptées à leurs besoins et plus fonctionnelles, voire d’arriver jusqu’à 10 places en front de commerces », précise François Courdil, adjoint au maire de Nîmes, délégué à la "Politique de la ville" et aux Centres sociaux de Nîmes, également président du conseil de quartier Grézan-Chemin-Bas d’Avignon. La possibilité d'aménager des places de stationnement de courte durée dans les rues adjacentes est aussi envisagée.

Le boulanger Benjamin Clapier fait partie des commerçants mobilisés (photo Norman Jardin)

Une indemnisation pour les commerçants impactés

Les commerçants impactés par les travaux pourront faire une demande auprès de la commission d’indemnisation à l’amiable (CIA). En attendant ils rejettent le projet et en proposent un qui, de leur point de vue, « arrange tout le monde ». Nîmes métropole indique que « ce plan est à l’étude ». Les commerçants espèrent avoir gain de cause : « À un certain moment on se sent étouffés mais il est possible de contenter tout le monde. Nous aurons une réponse dans 15 jours, mais c’est long quand sa vie en dépend. » Ils retiennent désormais leur souffle pour que la T2 ne soit pas un trambus nommé désastre.

 

 

 

 

 

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