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ÉLECTIONS Droit de vote ou devoir de vote ? La réponse pose question !

(Photo Anthony Maurin).
La file d'attente est longue et le temps de passage rallonge le temps de vote... (Photo Anthony Maurin).

On inverse les choses, c'est la réponse à la question qui intéresse les votants de cette matinée dominicale un peu spéciale. Les votants aux élections départementales et régionales, des votants qui se sont levés, qui ont fait l'effort de se déplacer et qui ont attendu parfois plus d'une heure pour glisser leur bulletin dans l'urne.

Pour Jean et Sylvie, "Les restrictions sanitaires nous rendent chèvre ! C'est fou de venir voter et de devoir attendre une heure !" Dès l'ouverture, chaque bureau de vote pouvait accueillir trois votants de manière simultanée. Les premiers arrivés sont donc les premiers servis mais l'attente peut-être longue, très longue. Aux bureaux 214 et 215, à Courbessac sur les coups de 10h30, les files d'attente prennent des allures de queues pour une attraction à Disneyland Paris.

À l'intérieur du bureau (Photo Anthony Maurin).

Bon, il y avait moins d'enfants et de sensations fortes mais les votants ont pu scruter en détails les moindres recoins de la cour d'école du hameau. Mathieu se questionne. "J'ai fait l'effort de venir alors que je ne voulais pas. Me voilà à attendre depuis 30 minutes et nous n'avons pas fait la moitié de la file d'attente ! Je ne comprends pas pourquoi c'est aussi long."

Il finit par regretter son choix démocratique et repart avant de toucher au but. "Ils m'ont eu à l'usure. 45 minutes pour voter, c'est indigne, surtout pour une élection aussi simple... J'ai perdu mon temps et je n'ai même pas voté. Je suis dégouté et je me pose la question de revenir ou pas dimanche prochain."

Pour les Départementales sur le deuxième canton (Photo Anthony Maurin).

Simple ? Que nenni ! Il n'y a rien de simple dans cette élection placée sous le signe de la covid. Entre les personnes qui se trompent de bureau, celles qui ne se sont pas renseignées sur les conditions de vote et celles qui lambinent dans l'isoloir afin de réussir leur selfie, c'est pas gagné ! N'oublions pas qu'il y a deux élections en une et que, par conséquent, il faut deux fois plus de temps pour voter. Ajoutez à cela le fait que les votants ne peuvent être que trois simultanément dans un bureau et vous avez un phénomène de file d'attente exaspérant.

"Il y avait moins de contraintes pour les élections municipales alors que nous étions en pleine crise, je ne comprends rien !", songe quant à elle Marie. Et la jeune mère de famille de reprendre : "Il y a de plus en plus de vaccinés. Pourquoi ne pas avoir fait deux files ? Une à l'extérieur pour aller vite et l'autre à l'intérieur pour les personnes non protégées ?" Ce n'est pas faux, il y a certainement quelque chose à revoir dans l'organisation.

Les Régionales (Photo Anthony Maurin).

"Allez zou, je file ! J'arrête, je ne peux pas rester. J'ai un repas à midi, j'avais prévu de voter mais là, c'est trop long. J'essaierai de repasser cet après-midi mais à mon avis je ne reviendrai pas", explique Lionel. Pour Jeanne et son petit-fils, "on est là, on reste ! On n'a pas fait tout ça pour repartir à dix mètres de l'urne. Non, voter, ça se mérite en 2021 !".

Les plannings sont bouletés, les esprits chagrins. C'est alors que le maire de la ville, Jean-Paul Fournier, arrive. Il rentre dans les bureaux 214 et 215, change la donne et fait passer le nombre de votants de trois à six ! Tout va plus vite, quasi normalement. Mais les votants qui sont partis ne reviendront sans doute pas... On verra si le score de participation sera impacté ou si les Gardois seront indulgents avec les mesures sanitaires contraignantes !

À voté (Photo Anthony Maurin).

Parfois, le devoir de vote empêche le droit de vote, ou vice-versa comme ce fut ressenti ce matin. Quand les conditions ne sont pas optimales, quand les Français font leur tête de mule ou ont leur emploi du temps bouleversé à cause de l'action citoyenne, comment peut-on avoir une forte participation ?

(Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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Un commentaire

  1. Dans mon village cévenole c’ était très bien organisé et ça a pris moins de 10 mn entre l ‘entrée et la sortie, blaguounette de rigueur incluse avec des villageois venus eux aussi voter tôt

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