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ALÈS 250 personnes mobilisées pour la défense des services publics et de l’industrie

Bruno Rivier, secrétaire général de l'union départementale de la CGT assure la première prise de parole. (Photo Corentin Migoule)
Bruno Rivier, secrétaire général de l'union départementale de la CGT, assure la première prise de parole. (Photo Corentin Migoule)

Près de 250 militants se sont réunis devant le centre hospitalier d'Alès ce mardi après-midi dans le cadre d'une journée nationale d'action interprofessionnelle initiée par la CGT. L'occasion de défendre les services publics et l'industrie en choisissant pour point de rendez-vous un établissement où les agents sont en lutte depuis plusieurs mois.

150 mardi dernier à l'occasion d'une journée de mobilisation du personnel de santé au sens large (lire ici), les manifestants étaient environ 250 cet après-midi devant l'entrée du centre hospitalier Alès Cévennes (CHAC). Et ils auraient pu être bien plus nombreux à en croire Romain Sabran, secrétaire par intérim de la CGT des hospitaliers d'Alès, qui craignait que certains se soient faits "taper sur les doigts" après leur acte militant de la semaine dernière.

Après avoir mené de nombreuses actions en petit comité durant l'hiver, les agents du CHAC goûtent enfin à une mobilisation plus significative. Ce mardi, dans le cadre d'une journée nationale d'action interprofessionnelle initiée par la CGT, ils ont bénéficié du soutien d'agents de plusieurs centres hospitaliers du département (Bagnols/Cèze, Nîmes, Uzès, Le Vigan et Ponteils-et-Brésis, notamment). "Les collègues d'Haribo et de Merlin Gérin sont là aussi", a annoncé au micro l'un des meneurs du jour.

Deux entités touchées par "une présence massive d'intérimaires" qui ne sied guère à Guillaume Brante, délégué syndical uzétien du roi de la confiserie : "On a perdu 147 personnes en quatre ans sur les deux sites (Uzès et Marseille) tout en produisant autant qu'avant - environ 50 000 tonnes de bonbons par an - car les charges de travail ont augmenté. Et en plus de ça, on nous demande sans arrêt de former de nouveaux intérimaires. On est lassés d'avoir à le faire et on préfère se battre pour les embaucher." 

Les "carences" du système de santé mises en lumière par la pandémie

Co-secrétaire départemental des Finances publiques, Didier Vignal, dont la lutte s'agrège autour de la mise en œuvre jugée "inadaptée" d'un nouveau réseau de proximité (NPR), était aussi de la partie. "Le NPR va se concrétiser par une contraction du réseau avec des suppressions de postes mettant fin à l'accueil physique du public. Plusieurs sites sont menacés de fermeture, notamment en zones rurales comme à Saint-Ambroix ou à La Grand-Combe", regrette le dernier nommé. Autant de présences illustrant à merveille l'objet de cette action militante visant à défendre à la fois les services publics et l'industrie.

Auteur de la première prise de parole, Bruno Rivier, secrétaire général de l'union départementale de la CGT, est notamment revenu sur "les dégâts causés par l'austérité budgétaire imposée à notre système de santé depuis des années". Ce dernier a formulé "des propositions concrètes" pour financer un système de protection sociale qu'il bâtirait en tapant dans les 230 milliards d'euros d'impôts "distribués chaque année au patronat sans aucune contrepartie". Il a ensuite cédé le micro à Romain Sabran qui s'est attelé à relocaliser le débat sur Alès, au sortir d'une "période terrible ayant mis en exergue "les carences" d'un système de santé supposément "le meilleur du monde".

Le secrétaire par intérim de la CGT des hospitaliers d'Alès milite pour l'abandon de la taxe sur les salaires qui pourrait permettre "l'embauche de 100 agents supplémentaires", ainsi que pour le dégel du point d'indice, figé depuis dix ans. Ce dernier n'a pas oublié sa camarade Sonia André, aide-soignante et représentante du personnel, qui aurait été "injustement" mise à pied à titre conservatoire par sa direction suite à un mouvement de foule lors d'une précédente action.

À ce sujet, Romain Sabran avait du neuf à livrer à l'assistance une semaine après une mobilisation en son honneur et après le recueil de 600 signatures sur une pétition réclamant sa réintégration immédiate. "Une fenêtre de tir s'est ouverte. La mobilisation a permis de faire bouger les lignes avec la réouverture du dialogue entre la direction et certains services. Ça avance dans le bon sens", a-t-il fait apprécier, restant tout de même "vigilant" car l'issue de ces négociations est "incertaine".

Corentin Migoule

À noter que plusieurs membres du collectif d'intermittents ayant occupé le Cratère pendant les deux premiers mois du printemps se sont joints à l'action du jour, suggérant à la CGT des hospitaliers "une convergence des luttes" en y ajoutant notamment celle de la réforme de l'assurance chômage. 

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