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DÉPARTEMENTALES Canton de Vauvert : demi barrage et faux débat

En haut Pascale Fortunat-Deschamps et Bruno Pascal. En bas Nicolas Meizonnet et Carole Calba. (photos Boris Boutet)

Dimanche dernier, le sortant Nicolas Meizonnet et Carole Calba-Schwartz (Rassemblement national) ont viré en tête avec 46% des voix devançant Bruno Pascal et Pascale Fortunat-Deschamps (Union de la Gauche), seconds avec 42%. Avec seulement 446 voix d'écart après le premier, le second tour s'annonce très serré. 

Du côté du binôme LR arrivé 3e avec 11,5% des suffrages et éliminé, Thomas Dumont appelle à voter pour le binôme de Gauche au second tour. "Ce n'est pas un barrage au RN en tant que tel mais plus un choix de raison, justifie-t-il. D'une part, je pense que le canton gagnerait à avoir des conseillers départementaux membres de la majorité. Et je crois aussi que Bruno Pascal et Pascale Fortunat-Deschamps seront plus le terrain que Nicolas Meizonnet qui, en tant que député, passe une partie de son temps à Paris." 

Une prise de position très personnelle puisque sa colistière, Houda Guetari, a souhaité faire une déclaration à part. Cette dernière, ancienne adhérente du Rassemblement Bleu Marine (RBM) et suppléante de la binôme de Nicolas Meizonnet il y a six ans n'appelle pas au barrage républicain mais prend ses distances avec le parti d'extrême-Droite.

"Il y a dix ans, j'ai adhéré au RBM, un volet du Front National qui a séduit beaucoup de Républicains en attente d’une Droite un peu plus ferme, explique-t-elle. Le parti pour lequel j’ai donné tant d’années et qui me semblait être au plus près de la population, des militants et des électeurs a rompu avec la ligne directrice qui était la sienne depuis le début. Désormais, je vais me consacrer entièrement à mon parti, Les Républicains, pour pouvoir préparer et mettre en place notre futur député sur la circonscription." 

Un écart plus faible qu'en 2015

Consigne de vote ou non, chaque bulletin risque d'avoir son importance dans ce canton très indécis. Alors que le Rassemblement national comptait 1 776 voix d'avance après le premier tour en 2015, il n'en a que 446 cette fois-ci. Un écart plus faible qui s'explique d'abord par le taux de participation - passé de 55% à 33% en six ans - mais aussi par l'union des forces de Gauche réalisé dès le premier tour.

Pour faire pencher le scrutin de leur côté, les deux camps ne ménagent pas leurs efforts et ont multiplié les opérations de tractage ces derniers jours. Pour faire "vivre la démocratie", Nicolas Meizonnet a invité ses adversaires à un débat public. Une proposition surprenante quand on sait qu'un an plus tôt, à l'occasion des élections municipales, son père et colistier Jean-Louis Meizonnet avait refusé de débattre avec le maire socialiste de Vauvert, Jean Denat.

Autre contexte, autre casting, l'absence du maire de Vauvert donne des ailes au député RN qui entend bien profiter du scrutin pour asseoir un peu plus encore son ancrage local. Sentant le piège, l'invitation au débat n'a  pas été acceptée par ses adversaires qui y ont opposé une fin de non recevoir. "Nous préférons échanger et débattre avec les électeurs, a répliqué Pascale Fortunat Deschamps. D'ailleurs, je ne suis même pas au courant. Il ne m'a rien proposé et je ne suis pas ses réseaux sociaux." On n'est pas obligé de la croire.

Boris Boutet

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