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NÎMES Crimes racistes et antisémites : « Une chose serait pire qu’Auschwitz, c’est si le monde oubliait que cela a existé »

Jacques Decalo, président du collectif Histoire et Mémoire, ce dimanche matin lors de la cérémonie à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux justes de France. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Dans le cadre de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français, une cérémonie a eu lieu ce dimanche 18 juillet à Nîmes, devant la stèle située à proximité de la gare, au 1 bis rue Général Leclerc. Un hommage a également été rendu aux Justes de France.

Quelques minutes avant le déroulement de cette cérémonie, la députée Françoise Dumas, le sénateur Laurent Burgoa, les représentants des présidentes du Département et de la Région, Christian Bastid et Amal Couvreur, ainsi que le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, le président de Nîmes Métropole, Franck Proust et la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon, ont assisté au dévoilement de la plaque dressée à la mémoire des enfants juifs déportés de Nîmes et du Gard.

De nouveaux noms apparaissent sur la plaque à la mémoire des enfants juifs déportés de Nîmes et du Gard, installée à l'intérieur de la gare SNCF de Nîmes. (Photo DR)

Installée à l'intérieur de la gare de Nîmes, cette plaque avait été inaugurée le 21 octobre 2012. "Depuis, nous avons pu accéder à des archives qui nous étaient alors fermées et avons découvert les noms d'autres enfants qui avaient été déportés et assassinés. Une mise à jour s'imposait", a précisé Jacques Decalo, président du collectif Histoire et Mémoire, lors de son allocution. L'un de ces enfants dont le nom est inscrit dans la pierre, Daniel Szatkownik, n'avait que 4 mois.

"La confusion, c'est la négation"

La présence de cette plaque dans le hall de cette gare, "d'où la plupart sont partis vers un destin tragique", représente tout un symbole et permet de "faire vivre leur souvenir pour empêcher qu'il ne s'estompe et en faire autre chose que des anonymes ou des nombres sur des registres", a-t-il ajouté. Lutter contre l'oubli, c'est en cela que la commémoration prend tout son sens. Il y a eu ces enfants, ces hommes et ces femmes aussi, victimes de la Seconde Guerre mondiale, de la Shoah. Cette plaque ainsi que cette stèle installée à proximité de la gare, sont des signaux de rappel. "Une seule chose serait pire qu'Auschwitz, c'est si le monde oubliait que cela a existé".

Jacques Decalo, président du collectif Histoire et Mémoire, ce dimanche matin lors de la cérémonie à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Une conclusion de Jacques Decalo qui fait écho à l'actualité et ces personnes qui lors de manifestations contre le Pass sanitaire, ont détourné et porté l'étoile jaune, le marquage distinctif imposé par l’Allemagne nazie aux Juifs. "Confondre c'est nier, nier l'ampleur de la souffrance vécue et son abjecte injustice. La confusion, c'est la négation." Comme le président du collectif Histoire et Mémoire, Guy Laick, membre de l'association cultuelle israélite du Gard, a partagé son dégoût de voir "des manifestants arborer aussi fièrement que stupidement l'étoile jaune au seul prétexte que leur liberté est atteinte, c'est une offense aux victimes de la Shoah."

La députée Françoise Dumas et Guy Laick, membre de l'association cultuelle israélite du Gard, lors du dépôt de gerbe. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

"La flamme du souvenir ne s'éteindra pas. En cette journée nationale, la Nation rend hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français. Elle se souvient de la Rafle du Vél d'Hiv et de toutes les autres, des 76 000 déportés, des victimes tziganes, homosexuelles, handicapées et tant d'autres. Dans un même mouvement, la France se souvient des martyrs et des sauveurs, a déclaré la préfète du Gard reprenant le discours de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants. En ces heures, il y a eu les ténèbres mais tant de lumières aussi. Des héros, connus ou anonymes, ont sauvé, aidé, caché, accueilli, protégé, accompagné, souvent au péril de leur vie, des enfants, des femmes, des hommes, des familles. [...] Cette journée nationale invite chaque Français à l'éveil et à la vigilance face à l'extrémisme, à l'antisémitisme et à toutes discriminations. Il est des fléaux qui rongent une nation, nous devons collectivement combattre le racisme, le révisionnisme, le complotisme et les séparatismes."

La préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon après la lecture du message de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Stéphanie Marin

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