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LUSSAN Plantes aromatiques et médicinales : une journée pour promouvoir une filière confidentielle

Pierre Crouzier a ramené son alambic mobile pour cette première édition de la journée des plantes médicinales et aromatiques. (Marie Meunier / Objectif Gard)
En fin de matinée, cette première édition de "Senteurs de garrigue" a été inaugurée par le comité de promotion agricole d'Uzès, le maire de Lussan et la CCPU. (Marie Meunier / Objectif Gard)

"Senteurs de garrigue". C'est le nom donnée à la première édition de la journée des plantes aromatiques et médicinales qui s'est déroulée à Lussan. Le public était au rendez-vous dans ce bel écrin classé parmi les Plus Beaux villages de France pour découvrir une culture encore de niche dans le Gard, mais qui tend à se développer.

Au comité de promotion agricole d'Uzès, on valorise depuis longtemps la truffe, le vin, l'olive... "Et si on faisait une journée dédiée aux plantes médicinales et aromatiques ?", a lancé Dominique Ekel, producteur depuis 10 ans et également maire de Vallérargues, sur un trajet en voiture à Michel Guerber, vice-président au comité de promotion agricole. Ce dernier a tout de suite donné son accord.

C'est comme ça qu'est née la manifestation "Senteurs de garrigue". Un comité de pilotage s'est formé et est composé des trois entreprises le laboratoire Gravier, Provence santé et la Bastide de Lussan, rejointes ensuite par la distillerie Bel Air et Pierre Crouzier. L'événement aurait dû célébrer sa première édition en 2020, mais le covid-19 a eu raison de son baptême. Les organisateurs ont eu donc plus de temps pour peaufiner.

Toute la journée, Li Festejaire, venus de Beaucaire, ont assuré l'animation musicale. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Au-delà de faire connaître ces plantes au grand public, cette manifestation a aussi pour objectif de toucher des jeunes et des agriculteurs qui chercheraient à se diversifier. "Au XIXe siècle, le village de Lussan vivait de la sériciculture, la culture du ver à soie. Après on est passé à la polyculture et ça a permis aux agriculteurs de rester dans la plaine. L'idée de cet événement, c'est de donner envie, de faire découvrir de nouvelles cultures aux jeunes agriculteurs pour pérenniser l'activité", affirme le maire, Jean-Marc François.

Le Gard, premier département producteur de la Région Occitanie avec 600 hectares

Aujourd'hui, la filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) représente environ 600 hectares dans tout le Gard. C'est le premier département producteur d'Occitanie mais la proportion reste encore confidentielle quand on sait que les vignes occupent "55 000 hectares et l'arboriculture 10 000 hectares dans le département", indique Thierry Pianetti, responsable du pôle production végétale à la Chambre d'agriculture. Il ajoute : "Sur ces 600 hectares, on est à 90% de lavandin, 5-6% de lavande et pour le reste du thym et du romarin."

Depuis une dizaine d'années, cette culture a tendance à se développer. Une hausse due au découplage total de la PAC (politique agricole commune). En gros, les aides autrefois réservées à un type de culture se sont élargies à d'autres plus marginales. Les gros volumes ne sont donc plus forcément gagnants.

Isabelle Florins a effectué une reconversion professionnelle en 2018 vers les plantes médicinales. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ces plantes sont ensuite transformées en huiles essentielles et hydrolats ou parfois vendues fraîches. Et la demande se fait croissante : "On sent qu'on a une génération qui revient vers des produits plus naturels avec plus de goût, qui se soignent avec des plantes", constate Isabelle Florins, qui a effectué une reconversion professionnelle en 2018 et a lancé l'année d'après "Les plantes d'Isa" à Monoblet avec toute une gamme d'herbes aromatiques d'aide à la cuisine.

Des plantes aux propriétés multiples

Le public se laisse séduire par les bienfaits de ces plantes : "Elles ont beaucoup de propriétés. On peut respirer de l'huile essentielle de lavande le soir quand on est stressé par exemple. Cela soulage les brûlures et évite les cloques. C'est un très bon antiseptique également, on en prend toujours un flacon quand on part en rando", atteste Frédérique Leconte de la Bastide de Lussan.

Pierre Crouzier a ramené son alambic mobile et a distillé de la lavande du champ d'à côté pendant toute la journée. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Certains visiteurs ont même eu la chance de repartir avec de l'huile distillée avec la lavande coupée du matin des champs des Leconte. En effet, Pierre Crouzier est venu avec son alambic mobile pour distiller sur place et en direct. En une heure, ils arrivent à extraire l'huile de dizaines de kilos de lavande : "Quand on ramasse 900 kg de lavande, on se retrouve ensuite avec 170 kg quand elle est sèche et on peut en tirer 1 ou 2 litres d'huile essentielle", raconte-il.

Le laboratoire Gravier de Lussan a proposé trois ateliers do it yourself : les participants ont pu concevoir eux-mêmes leur lessive, leur savon et leur crème pour les pieds maison avec des huiles essentielles de lavande. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Toute la journée, une dizaine d'entreprises locales ont tenu des stands pour faire découvrir leurs produits aux visiteurs. Des ateliers do it yourself ont aussi connu un franc succès : le laboratoire Gravier a permis aux participants de concevoir eux-mêmes leur lessive, leur savon ou encore leur crème pour les pieds maison avec des huiles essentielles de lavande. "C'était une première et on espère maintenant que cette manifestation perdura", lance Luc Reynaud, président du Comité de promotion agricole d'Uzès.

Marie Meunier

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