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VILLAGE DE CACHET Le Cailar, berceau du taureau Camargue

Au Cailar, la signalétique a été réalisée par l'artiste François Boisrond. (Photo DR)
Le Cailar vu du ciel. (photo DR)

Dans le cadre de ses rubriques estivales, Objectif Gard vous présente quelques un des plus beaux villages du département. Ce lundi, cap sur Le Cailar, capitale de la Petite Camargue, et ses 2 500 habitants. 

Il est le village où tout a commencé pour la Camargue et ses traditions taurines. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si Le Cailar compte, à peu de choses près, autant de taureaux que d’habitants. Il faut dire que, située en bordure du Vistre et partie en dessous du niveau de la mer, la commune est, dès le XVIIe siècle, une zone de transhumance naturelle pour le bovin de race Camargue.

En toute logique, c’est sur les terres cailarennes que le jeu taurin prend naissance. Là aussi qu’en 1851, Charles Combet fonde la première manade. « Il y a en aujourd’hui une quinzaine, chiffre l’élu municipal Alain Reboul. Jusqu’au début du XXe siècle, l’ensemble des prés étaient d’ailleurs ouverts à toutes les bêtes qui pouvaient s’y nourrir gratuitement. Aujourd’hui encore, en souvenir de cette époque, des terrains communaux sont mis à disposition des manadiers. En échange, ils organisent une course pour la fête. »

Dans le village, plusieurs tombes mettent à l’honneur les grands taureaux cocardiers locaux. Parmi elles, la plus célèbre est sans doute celle de Lou Sanglié (1916-1933), qui trône à l’entrée du village et met à l’honneur le mythique taureau de la manade Fernand Granon.

L’une des façades de l’Église romane du Cailar est classée aux monuments historiques. (photo Boris Boutet)

Mais l’histoire du Cailar n’est pas seulement liée à la bouvine. Situé au confluent du Vistre et du Rhôny, le village était un port commercial de premier plan pendant l’Antiquité. Au cœur des guerres féodales puis des guerres de religion, le village perd son château fort. Mais malgré plusieurs incendies, l’Église romane Saint-Étienne est conservée. Certaines de ses certaines façades datant du XIe siècle sont aujourd’hui classées et constituent un point fort au sein de l’important patrimoine cailaren.

Plus récemment, le village s’est aussi distingué grâce à l’initiative originale d’une association de commerçants. « Au départ, en 1993, la présidente Ginette Coste voulait remédier aux panneaux sauvages qui fleurissaient dans les rues et souhaitait faire quelque chose de propre et d’homogène« , raconte Jean-Marie Bénézet, figure locale et ancien membre de l’association.

La signalétique originale du Cailar. (Photo Boris Boutet)

« J’ai pris contact avec l’artiste contemporain François Boisron qui avait exposé ici sur le thème du taureau Camargue, poursuit-il. Il a accepté de nous proposer une signalétique originale. La mairie a adhéré au projet et on s’est lancés. » Du tableau installé à l’entrée  aux panneaux mettant en scène les différentes activités économiques, culturelles et sociales du village, l’œuvre de Boisron détonne et fait parler du village dans de nombreux médias nationaux.

En 2020, l’ensemble de la signalétique a été réhabilitée et appartient désormais à la commune. « Elle fait partie du patrimoine des Cailarens », apprécie Alain Reboul. Et rajoute un peu plus de cachet encore à la capitale de la Petite Camargue qui n’en manquait déjà pas.

Boris Boutet

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