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FAIT DU JOUR Assurer la sécurité l’été au Grau-du-Roi : une soirée dans les pas de la police municipale

La police municipale du Grau-du-Roi a eu beaucoup de travail cet été. (photo Boris Boutet)
Matthieu et Jean-Pierre patrouillent à pied sur le quai Colbert. (Photo Boris Boutet)

En cette fin de mois d'août, la police municipale du Grau-du-Roi est encore très sollicitée pour assurer la sécurité au sein de la seule station balnéaire du département. Le temps d'une soirée, Objectif Gard s'est invité dans les pas de ces hommes de terrain pour mieux comprendre les enjeux sécuritaires du bord de mer. 

Chaque été, l'afflux de touristes multiplie par dix la population du Grau-du-Roi. Une attractivité bonne pour l'économie et le dynamisme de la station balnéaire, mais qui demande aux forces de l'ordre une vigilance de tous les instants. "Nous sommes en surveillance chaque jour entre 6 heures et 1h30 du matin, avance Thierry Bascou qui vivait ce mercredi son premier jour en tant que chef de poste de la police municipale. Nous travaillons en collaboration étroite avec la gendarmerie avec qui nous nous associons pour les interventions importantes. Elle prend aussi notre relai la nuit afin d'assurer la sécurité 24 heures sur 24." 

Ce jour-là, Matthieu Joly, le chef d'équipe, Jean-Pierre Schelhase, David Dos Reis et Michel Poizeaux, débutent leur service à 15h30. Rapidement, une personne titubant sur la voix publique attire leur attention. Il s'agit d'un marginal d'une quarantaine d'années venant d'un département voisin. "Comme il s'est montré coopératif et qu'il ne crée pas de trouble à l'ordre public, nous l'avons mis en sécurité dans un coin ombragé en nous assurant qu'il puisse boire de l'eau et manger un peu", explique Matthieu Joly.

Divisés en binômes, les policiers alternent entre patrouilles pédestres et à moto. Dans les rues piétonnes du centre-ville, les objectifs sont multiples. "Nous sommes avant tout là pour faire respecter les différents arrêtés municipaux, indique le chef d'équipe. L'idée est aussi de repérer certains groupes susceptibles de nous poser des problèmes plus tard dans la soirée." Cette fois, les choses s'annoncent plutôt calmes et seuls quelques rappels à l'ordre pour des stationnements gênants ou des tenues inadaptées sur la voie publique sont à signaler. "Il est difficile de prévoir comment une nuit va se dérouler, nuance Jean-Pierre Schelhase. Des fois, c'est très tranquille pendant l'après-midi et les interventions se multiplient par la suite." 

Patrouille à pied autour du Seaquarium. (photo Boris Boutet)

"Cette année, on constate une très forte fréquentation, mais sans doute un public plus familial que les autres années, analyse Thierry Bascou. Il y a eu des incidents, bien-sûr, mais moins que d'habitude." Il est un peu plus de 19 heures quand l'un des binômes met le cap sur le secteur du Seaquarium. Un nouveau petit tour à pied est prévu pour rencontrer les commerçants du secteur. "Il y a un gros enjeu de proximité, estime Matthieu Joly. Nous devons nous montrer pour que les gens pensent à nous solliciter quand ils ont un problème."

Peu appelés pour le moment, les policiers rentrent au poste à 20h15 pour une pause repas d'une vingtaine de minutes. L'occasion de saisir les procès verbaux de l'après-midi, mais aussi d'échanger avec le centre de surveillance urbain (CSU) attenant. Un service qui assure la supervision vidéo du Grau-du-Roi 24 heures sur 24 et 365 jours par an. "Nous sommes les yeux de la ville, présente Nicolas, l'un des agents du CSU qui travaille ce soir-là. Nous œuvrons dans l'ombre pour faciliter le travail des hommes de terrain. On se met en mode chasseur pour leur donner un maximum d'informations."

20h15 : c'est l'heure de la pause repas. (photo Boris Boutet)

Tout au long de l'année, 70 caméras placées à des points stratégiques surveillent le Grau-du-Roi. Convaincus de l'efficacité du dispositif, la municipalité entend l'élargir d'une dizaine d'éléments supplémentaires d'ici 2024. Le CSU doit quant à lui déménager pour bénéficier de locaux plus spacieux. "Nous pouvons signaler aux  policiers des événements en cours pour permettre des interventions plus rapides, mais aussi garder un œil sur des suspects pour prévenir les problèmes", détaille Nicolas.

Après le repas, les agents se concentrent sur le centre-ville pour deux heures de patrouille pédestre. Plusieurs tapages nocturnes sont signalés par des riverains. Dans leur viseur, les artistes de rue très nombreux tout l'été. "Un arrêté municipal a été récemment rédigé pour mieux réglementer les pratiques, raconte Matthieu Joly. Certains ignorent encore qu'il faut faire une demande d'autorisation auprès de la mairie pour se produire, d'autres s'en fichent et n'en font qu'à leur tête." Régulièrement rappelé à l'ordre au cours de l'été, un artiste de rue se produisant en dehors de ses créneaux d'autorisation est verbalisé ce soir-là.

La chasse à la concurrence déloyale. (photo Boris Boutet)

Alors que près de 30 000 visiteurs arpentent chaque soir les rues du centre-ville du Grau-du-Roi, les opportunités de gagner de l'argent sont aussi nombreuses pour les vendeurs ambulants. "Certains n'ont pas leur carte professionnelle et ne peuvent pas travailler, pointe Jean-Pierre Schelhase. Notre rôle est de les identifier pour éviter la concurrence déloyale." Ce soir-là, un jeune vendeur de ballon lumineux roumain travaillant sans justificatif sur lui est prié de quitter les lieux. À distance, le CSU le surveille pour s'assurer qu'il obéisse aux ordres.

Alors qu'ils sont à la recherche d'autres vendeurs ambulants, les policiers sont alertés par le centre de vidéosurveillance. Un homme alcoolisé a perturbé une intervention des pompiers et manqué de renverser une poussette. Guidés à distance, les quatre agents partent à sa recherche et le retrouvent rapidement. "C'est le même que cet après-midi, assure le chef d'équipe. Il n'est pas méchant mais il suffit qu'il croise une bande de jeunes pour qu'une bagarre éclate." 

Matthieu Joly rédige le compte-rendu de la soirée. (Photo Boris Boutet)

Malheureusement pour les policiers, la gendarmerie est trop occupée pour venir récupérer l'homme et le placer en cellule de dégrisement. "On va l'isoler à un endroit et garder un œil sur lui pour qu'il ne lui arrive rien", s'adapte Matthieu Joly, qui rappelle à l'ordre quelques minutes plus tard un homme en train d'uriner contre un mur.

Il est 23 heures et les policiers rentrent au poste quelques minutes pour avancer sur la rédaction des mains courantes et du compte-rendu de la nuit. Puis, c'est le moment de retourner en centre-ville pour une nouvelle patrouille. "Quand on approche de 1h du matin, c'est souvent le moment le plus tendu, prévient Matthieu Joly. Les bars ferment, des groupes partent en boîte de nuit et certaines tensions peuvent éclater." Mais ce soir là, rien à signaler. Les policiers peuvent achever tranquillement leur dixième heure de service en bouclant leurs tâches administratives avant de rentrer se reposer.

Boris Boutet

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