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FAIT DU JOUR 60 ans après, le projet de contournement de Saint-Christol est enfin lancé

Le fameux rond point "infernal" de la Pyramide à Saint-Christol-lez-Alès. (Photo Corentin Migoule)
Le fameux rond point « infernal » de la Pyramide à Saint-Christol-lez-Alès. (Photo Corentin Migoule)

Espéré par beaucoup depuis près de 60 ans, le projet de contournement de Saint-Christol-les-Alès par l’ouest, destiné à désengorger le centre-ville de la deuxième commune d’Alès Agglo, semble être enfin sur les voies de la concrétisation, comme le laisse entendre l’ouverture de l’enquête publique ce lundi 8 novembre.

On en parle depuis plusieurs décennies… « C’est un dossier vieux de 60 ans », dixit Christian Lasch, conseiller municipal de Saint-Christol-lès-Alès, délégué aux Travaux. Un contournement routier qui permettrait de désengorger et de sécuriser le centre-ville de la deuxième commune d’Alès Agglomération, dont le giratoire de la Pyramide, quotidiennement confronté à des embouteillages.

Pour la première fois, ce projet de rocade semble avoir rejoint les voies de la concrétisation. C’est ce que laissait entendre la dernière sortie du maire de la commune, lors du conseil d’agglomération du 14 octobre dernier, annonçant l’ouverture de l’enquête publique. Un vrai coup d’accélérateur matérialisé par la signature ce jeudi-là des documents nécessaires à la déclaration de classement de la future déviation en voie départementale.

15 000 véhicules traversent Saint-Christol chaque jour

Cette même enquête publique s’ouvre ce lundi 8 novembre, et se poursuivra jusqu’au 14 décembre. Un temps durant lequel les propriétaires de terrain à proximité de cette potentielle future rocade s’exprimeront sans doute, émettant peut-être quelques réserves. « Il faudra évaluer le prix des terrains et dédommager les propriétaires », prévient Christian Lasch. Avant d’ajouter, résolument optimiste : « Mais les choses se feront, car c’est d’utilité publique. »

En effet, le projet de déviation porté par Alès Agglomération, maître d’ouvrage, vise à réduire les saturations du centre-ville de Saint-Christol-lès-Alès aux heures de pointe, le fameux rond-point de la Pyramide faisant office de passage incontournable pour plus de 15 000 véhicules chaque jour, dont de nombreux poids lourds.

Si cet important trafic de transit affecte les conditions de circulation et la sécurité routière, la qualité de l’air est elle aussi dégradée par les émissions de polluants générés par les véhicules, en faisant « l’endroit le plus pollué du bassin alésien », tout comme l’ambiance sonore, perturbée par les nuisances acoustiques de la densité du trafic. Ainsi, la déviation assurerait la séparation en amont des trafics de transit en provenance de Lédignan, d’Anduze et de Lézan, entre autres.

60 ans d’attente, 25 millions d’euros

L’itinéraire imaginé, d’une longueur d’environ 5,4 km, débute par l’aménagement du giratoire de la Luquette, situé en entrée de ville d’Alès, continue jusqu’au rond-point du lycée Prévert, passe près de l’usine Coudène, puis traverse la zone agricole ouest de la commune de Saint-Christol-lès-Alès, franchit l’Alzon et le Respéchas, se raccorde à la RD 910, puis à la RD 24, et se termine par un raccordement à la RD 6110 (entre le quartier Vermeillet et le ruisseau de Faverol), « au niveau de la Casse de l’oncle Tom« , développe Christian Lasch pour les initiés.

Confiant pour un dénouement favorable après 60 ans d’attente, ce dernier est aussi conscient de la réalité financière qui s’impose, le projet étant évalué à 25 millions d’euros. Une somme importante, qui « ne se trouve pas sous les pas d’un cheval », concède l’élu communal aux travaux. C’est pourquoi l’Agglo va solliciter la Région et le Département, pour une contribution tripartite. Or les parts du gâteau pourraient s’avérer trop généreuses pour les estomacs des collectivités.

En janvier dernier, lors d’une visite de courtoisie chez son vice-président à l’Agglo, Christophe Rivenq, qui reconnaissait « l’impérieuse nécessité d’agir », en faisant même la promesse que cette déviation soit faite avant la fin de son mandat, s’inquiétait par ailleurs du « financement » de cette rocade. Il faudra, il est vrai, se montrer ingénieux et gratter à toutes les portes pour mener le dossier à son terme. Christian Lasch le sait, au point d’envisager de faire appel à des fonds européens. « Les Portugais et les Espagnols le font souvent, pourquoi pas nous ? », interroge-t-il.

Premiers coups de pioche en 2023 ?

Quoiqu’il en soit, ce contournement revêt un caractère primordial aux yeux de Christian Lasch : « C’est bon pour Saint-Christol et c’est bon pour l’attractivité de la région alésienne. Que les commerçants de la commune ne s’inquiètent pas, il y aura toujours du monde à Saint-Christol, mais on y circulera plus confortablement. »

« Si tout va bien », les premiers coups de pioche pourraient être donnés en 2023. « Mais on attend depuis 60 ans, alors on peut bien attendre quelques années de plus », ironise Christian Lasch, qui ne veut rien laisser au hasard. C’est pourquoi, un mur anti-bruit, bâti avec les matériaux générés par la phase de décaissement de la voie, devrait être érigé le long de la rocade. « Tout ce qui sera sur le chantier restera sur le chantier », conclut le dernier cité, soucieux d’une prise en compte des « enjeux écologiques ».

Mais à Saint-Christol-lès-Alès, un autre dossier important semble encore bien plus avancé. Annoncé par l’équipe municipale élue en 2020 dans son projet de campagne, le giratoire de la cave coopérative, destiné à réduire la vitesse dans « une zone accidentogène », aurait les faveurs du Département, qui financerait une partie des 500 000 euros qu’il faudra débourser. « En principe », les travaux débuteront au début de l’année 2022.

Corentin Migoule

Enquête publique sur le projet de contournement : le dossier est consultable en mairies de Saint-Christol-lez-Alès (service urbanisme, 41 rue des Marmouzets, du lundi au vendredi 8h30-12 h et 14h-17 h), et d’Alès (Mairie Prim’, 11 rue Michelet, du lundi au vendredi 9h-12 h et 14h-17 h).

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Un commentaire

  1. 60 ans ?
    Nous avons donc de l’espoir pour la rocade Nord de Nîmes qui est dans les cartons depuis des décennies, sans compter que c’était une promesse des uns et des autres pour fluidifier le trafic, réduire la pollution et développer le secteur.

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