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EXPRESSO Petite Camargue : la grande dépression ?

Image d'illustration (Photo DR)
Le maire d’Aubord et président de la CCPC, André Brundu. (Photo CCPC)

Que se passe-t-il à la communauté de communes Petite Camargue (CCPC) ? Depuis plusieurs mois, les cadres de nombreux services n’en peuvent plus. Les arrêts maladies, démissions et tensions en tout genre se succèdent. Pas de quoi s’inquiéter pour le président André Brundu qui assume ses choix. 

« On perd un directeur par mois« , souffle un agent actuellement arrêté. Depuis plusieurs mois, la dépression gagne les rangs de nombreux cadres d’une communauté qui fonctionne actuellement sans directeur général des services, ni assistante de direction. « On avance malgré tout, assure le président André Brundu. C’est plus difficile, mais on s’adapte et on y arrive. » 

Dans le viseur de nombreux agents, la méthode du nouveau directeur de cabinet, Anthony Chaze. Si on reconnait à celui qui occupe ce poste depuis plus d’un an désormais son important investissement et une compétence remarquable, sa tendance à outrepasser ses fonctions agace au plus au point. « Il a une certaine vision et a apporté du sang neuf à l’organisation ce qui est toujours positif, reconnaît un cadre actuellement en dépression. Mais en tant que directeur de cabinet, il est censé être au service du politique. Aujourd’hui, il s’impose dans tous les comités directeurs, ce qui n’est pas son rôle. » 

Chacun pour soi

« Il n’a pas le respect des personnes et des fonctions, poursuit-il. Il confisque le débat et intervient sur tout, même ce qui ne le concerne pas. Résultat, il y a du télescopage et on ressent un stress négatif. » Direction des services, informatique, office de tourisme, restauration scolaire, école de musique, ressources humaines, développement durable : la quasi totalité des directions des services sont impactées. Au milieu des arrêts maladies, tensions exacerbées et départs, un agent aurait même menacé par voie d’avocat d’engager des poursuites judiciaires.

Pour autant, aucun mouvement collectif ne s’est pour l’heure engagé. « Chacun tente de régler ses problèmes dans son coin, regrette la directrice de l’un de ces services. Il est difficile de témoigner à visage découvert. Beaucoup ont peur des conséquences. » Qu’importe, la situation inquiète même certains élus. « J’ai dit au président et au directeur de cabinet de faire attention, confie l’un d’entre eux. Maintenant, je reste à ma place, ce sont eux qui sont aux commandes et qui dirigent. »

Une crise sanitaire déstabilisatrice

Pas de quoi s’alarmer en revanche pour le président André Brundu. « Dans toutes les collectivités où il y a un directeur de cabinet et un directeur des services, il y a des tensions, avance-t-il. À la CCPC, les problèmes ne datent pas d’hier. Mon prédécesseur a connu une grève, ce n’est pas mon cas pour le moment. Lorsqu’il y a un changement de direction dans une collectivité, il y a souvent un grand ménage de fait. Moi, je n’ai pas fait ce choix. » 

« Je fais très attention à l’aspect humain et m’en occupe personnellement, poursuit-il. Ma porte est toujours ouverte aux agents qui le demandent. Une permanence de sophrologie sera bientôt mise en place pour aider ceux qui en ont besoin. Il ne faut pas oublier qu’on sort d’une crise sanitaire qui a bousculé pas mal de choses. La méthode du directeur de cabinet n’est pas responsable de tout. Et puis, certains agents sont partis pour de meilleures opportunités, pas en raison d’un mal-être. » 

De son côté, Anthony Chaze voit en ces complications un changement dans les habitudes de travail à la CCPC. « Ici, avoir un véritable directeur de cabinet est quelque chose de nouveau pour certains agents, explique-t-il. Au départ, il y a eu des craintes et des réticences mais aujourd’hui ça se passe très bien. Il y a un regard politique dans ce qui se passe dans les services, ce qui est tout à fait normal. Le président met en place ses orientations et veille à ce que les deniers publics soient bien utilisés. Côté difficultés, il est vrai que la crise sanitaire nous a privés de moments de convivialité et que le télétravail a été très mal vécu par certains. Mais en terme d’arrêts maladie, on est en dessous de la moyenne des collectivités de notre strate. »  

Boris Boutet

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