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GARD Comment détecter le mal-être des paysans?

Le concours photos lancé par les Jeunes agriculteurs du Gard est ouvert jusqu'au 20 décembre. (Photo : Mickaël Mazan)

Une feuille de route pour détecter le mal-être des paysans mais qui ne s’attaque pas aux responsabilités collectives des difficultés.

L’agriculture de demain ? (Photo Archives Anthony Maurin).

Julien Denormandie a présenté il y quelques jours sa feuille de route de prévention du mal-être et d’accompagnement des agriculteurs en difficultés. Pour Solidarité Paysans, association d’aide aux agriculteurs en difficulté et son antenne régionale Occitanie, elle n’est pas à la hauteur des enjeux et ne répond pas aux besoins concrets des agriculteurs fragilisés.

Il est question de mettre en place une feuille de route qui décèlera le mal-être chez les paysans d’Occitanie. Selon l’association Solidarité Paysans, cette feuille de route serait biaisée par plusieurs choses. La non-prise en considération de la faiblesse du revenu des agriculteurs. L’amalgame constant entre « agriculteur en difficulté économique » et « agriculteur présentant des signes de mal-être ». La surcharge de travail, l’isolement sont d’autres éléments qui y contribuent, et qui sont générés par le modèle de développement.

Cette feuille de route ne convient pas à l’association qui y voit d’autres manques ou problématiques. On y ferait l’amalgame entre « agriculteur en difficulté économique » et « maltraitance animale », chose insultante pour les agriculteurs fragilisés dont la priorité est le bien-être de leurs animaux. Enfin, l’identification des agriculteurs en difficulté par des « sentinelles », qui seraient en grande partie les créanciers des agriculteurs, ferait naître des conflits d’intérêts qui transcenderaient le monde agricole.

Un agriculteur se suicide chaque jour

« Aucun engagement fort pour soutenir le redressement de l’exploitation. Rien sur l’accès à la formation professionnelle des agriculteurs en plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire. Aucune mesure non plus pour faciliter l’accès aux financements des agriculteurs bénéficiant d’un échéancier de paiement ou d’un plan judiciaire d’apurement du passif. Aucune mesure concrète pour faciliter dès aujourd’hui l’accès des agriculteurs au RSA et à la prime d’activité. Solidarité Paysans salue cependant le suivi envisagé après une tentative de suicide, l’accompagnement des familles endeuillées, le premier pas qu’est la prestation décès, la hausse du taux de prise en charge de l’aide financière simplifiée pour adapter le poste de travail, le renforcement de l’aide au répit et l’accès au service de remplacement en cas d’épuisement professionnel. Encore faut-il pouvoir garantir l’accès de tous les paysans à ce service » explique l’association.

Mais il demeure des problèmes et des questions qui ne trouvent soit pas de réponse soit un écho trop faible à la demande paysanne. « Chaque jour, en France, un agriculteur se suicide. Mais le suicide n’est que la pointe émergée de l’iceberg de la souffrance au travail des agricultrices et des agriculteurs. C’est la preuve de l’échec du système agricole industriel encouragé depuis les années 1960 par les politiques publiques françaises et européennes. Il est urgent d’interroger ce modèle industriel de développement agricole qui engendre isolement, surcharge de travail… Ce dont les paysans ont besoin aujourd’hui, c’est de pouvoir vivre dignement de leur travail, de retrouver une autonomie décisionnelle, de pouvoir retrouver la maitrise de leur exploitation. Il y a urgence à modifier les conditions d’exercice du métier pour faire face au changement climatique, à la protection de l’environnement et au renouvellement des générations » ajoutent les membres de l’association d’Occitanie.

Créée en 2011, Solidarité Paysans Occitanie est présidée par Jocelyne Fort, et Patrick Kirchner, et compte dix salariées, soit 7,5 équivalents temps plein, et un réseau de bénévole sur tout le territoire. 1 000 bénévoles et 80 salariés sont au service des agriculteurs en difficultés et 3 000 familles d’agriculteurs accompagnées chaque année.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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