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ALÈS Des salariés de Cora débrayent pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail

Une vingtaine de salariés de Cora s’est mobilisée ce jeudi matin avec l’appui de la CGT. (Photo Corentin Migoule)

Réunis devant l’entrée du supermarché Cora, 22 salariés soutenus par l’union locale et départementale de la CGT, ont débrayé ce jeudi matin pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail responsable à leurs yeux d’un déclassement du magasin.

Suite à ce qu’elles considèrent comme un « échec » lors des négociations annuelles obligatoires avec la direction générale de Cora, les organisations syndicales représentatives (CGT et CFTC) ont communément décidé de rentrer en lutte pour faire entendre les revendications des salariés portées par lesdits syndicats lors de ces négociations. Ainsi, ce jeudi matin, entre 10 heures et midi, 22 salariés se sont réunis devant l’entrée du supermarché alésien pour traduire leur mécontentement à la presse locale.

« La direction prétend ne pas pouvoir augmenter les salaires à la vue des résultats en baisse de l’ordre de 8 millions euros par rapport à l’année 2020. Cela peut paraître énorme, mais sur un bénéfice brut de 142,4 millions d’euros, ça n’est pas non plus insurmontable ! », embraye Julien Aquilina, délégué central de la CGT de Cora Alès, qui milite pour une augmentation de salaire de 50 euros par mois pour tous les employés. L’obtention d’une prime inflation doublée, tandis que celle-ci (100 euros) vient d’être versée par l’entreprise, est également espérée.

« Comment 289 personnes peuvent-elles faire le travail de 420 personnes ? »

Au rayon des revendications, figure aussi l’attribution à tous les salariés de la prime « poly-activité » qui aurait échappé à certains visiblement en droit de la réclamer. Enfin, l’ultime exigence du délégué syndical apparaît comme la plus urgente aux yeux des manifestants du jour : une cinquantaine d’embauches pour que soit opéré un rééquilibrage de la charge de travail.

En effet, celle-ci s’est accrue ces dernières années en raison de plans sociaux en cascade réduisant considérablement l’effectif. « À Cora Alès, nous étions il n’y a pas si longtemps 420 salariés pour effectuer le travail nécessaire à la bonne tenue du magasin. Aujourd’hui nous ne sommes plus que 289. Comment 289 personnes peuvent-elles faire le travail de 420 personnes ? », interroge Julien Aquilina, évoquant notamment un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) enclenché quelques semaines avant le début d’une pandémie qui n’a rien arrangé.

Une « surcharge de travail » qui, corrélée à une « pression du chronomètre », serait à l’origine d’une « explosion des arrêts de travail ». Laurent, salarié depuis 20 ans chez Cora Alès au rayon bricolage, n’en est pas encore là, mais partage l’avis de son délégué syndical quant à la dégradation de ses conditions de travail. « J’ai toujours aimé travailler proprement. Je me suis toujours investi à fond car j’aime mon travail. Mais aujourd’hui ce n’est plus possible. Je suis obligé de faire le bourrin ! Il manque trop de bras ! Résultat, il n’y a plus de motivation mais de l’écœurement », déplore celui qui est toujours scotché à 1 300 euros par mois.

Ouverture des négociations dans quelques jours

« La marchandise se trouve bien dans nos réserves. Mais parfois elle y pourrit et finit directement dans les bennes à ordures car on n’a pas le temps de la mettre en rayon », jure de son côté Julien Aquilina, pour sa part employé aux fruits et légumes. Et ce dernier, inquiet de la perte de standing du magasin, d’enfoncer : « De plus en plus de produits périmés garnissent nos rayons. Ce n’est pas acceptable ! »

Tandis que les Alésiens ont été très nombreux à pénétrer dans l’enceinte du magasin ce jeudi matin à la veille de la Saint-Sylvestre, les 22 salariés en ont profité pour interpeller les plus curieux d’entre eux, les invitant à signer une pétition. Les organisations syndicales de l’enseigne trouveront quant à elles bientôt matière à ferrailler lors de l’ouverture des négociations avec la direction prévue le 6 janvier prochain.

Corentin Migoule

Julien Aquilina, CGT Cora :

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