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GARD RHODANIEN Inquiétudes après la mise en demeure de la station d’épuration de Tavel

Un camion de 22 tonnes de boues est incinéré à l'extérieur toutes les six semaines (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
(Photo d’illustration : Thierry Allard / Objectif Gard)

Début février, quatre conseillers municipaux d’opposition de Tavel (*) ont envoyé un courrier au président de l’Agglomération du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey, concernant la station d’épuration du village. En effet, le système d’assainissement de la commune est sous le coup d’une mise en demeure de la préfecture depuis octobre 2021.

Surpris de n’en avoir pas été informés, les élus demandent dans ce courrier à ce que les habitants soient mis au courant et surtout quels moyens l’Agglomération « compte mettre en oeuvre pour répondre aux demandes de l’État, ainsi que du programme de travaux qui a dû être transmis à la DDTM du Gard avant le 31 décembre 2021« .

En effet, cette mise en demeure découle d’un contrôle qui a eu lieu en mai 2021 sur la station d’épuration de Tavel. Dans son arrêté, la préfecture liste des « départs de flocs bactériens ont été observés dans le canal de sortie« , « la quantité de boues extraites est très inférieure à celle attendue au regard des charges entrantes » et « ces dysfonctionnements constituent un risque de dégradation du ruisseau de Malaven« . Pour l’opposition, c’est inquiétant pour les habitants mais aussi pour l’environnement. Cela « pourrait menacer à terme le renom de l’appellation Tavel« , ajoutent-ils.

Du côté de l’Agglomération du Gard rhodanien, on affirme que « des travaux d’amélioration sont en cours » après cette mise en demeure. Et de préciser : « Des travaux ont déjà eu lien en 2021. Notamment le remplacement de collecteurs et la pose de système de détection pour les déversoirs d’orage. »

L’Agglomération du Gard rhodanien a hérité de la compétences « eau et assainissement » au 1er janvier 2020

Comme ses voisines d’Alès et de Nîmes, l’Agglomération du Gard rhodanien a hérité de la compétence « eau et assainissement » au 1er janvier 2020. Avec en cadeau, plusieurs stations d’épuration vétustes sur lesquelles il faut mener des travaux, comme à Tavel où elle a été mise en service en 1975.

« Une partie du réseau situé à l’ouest de la commune est dans un état de vétusté avancé et draine des eaux pluviales qui constituent des eaux claires parasites, précise-t-on à l’Agglomération. Il est nécessaire de renouveler les canalisations mais leur situation sur un terrain privé dont la propriétaire, récemment décédée et qui était sous tutelle, présente des difficultés administratives et des blocages dus à l’ouverture de la succession. Cette action est inscrite au titre des investissements au budget 2022. Les travaux pourront être engagés dès que ces blocages auront été levés. »

Depuis janvier 2022, Suez est le nouveau délégataire de la station d’épuration de Tavel et doit réaliser un audit global de l’équipement. Dans son sillage, le service eau et assainissement de l’Agglomération « établira un projet d’amélioration courant 2023« .

« Il est important de donner une eau de qualité aux usagers »

La question de l’assainissement est particulièrement importante, avec l’enjeu de rejeter une eau la plus propre possible en évitant de porter atteinte à l’environnement. Elle s’était d’ailleurs invitée à la table des discussions lors du dernier conseil communautaire. L’opposante spiripontaine, Catherine Chantry (UCS), avait demandé si d’autres mises en demeure de stations avaient eu lieu sur le territoire.

Jean-Christian Rey, président de l’Agglomération, a reconnu qu’il y en avait déjà un peu du temps où les communes s’occupaient de l’assainissement et qu’il y en a davantage depuis que la compétence est passée à l’Agglo : « La dernière en date, cela doit être à Saint-Étienne-des-Sorts avec la démanganisation. Il devait y avoir une mise en demeure depuis 2007, personne n’avait rien fait depuis. »

Le président assure que l’Agglo répond « systématiquement » à la nécessité de faire des travaux mais « à notre rythme« . Il complète : « La loi a abaissé drastiquement la présence de pesticides dans nos robinets. Il y a aujourd’hui quatre communes sur lesquelles, il peut y avoir une problématique. Il va falloir mettre des filtres à charbon (qui coûte 250 000 € d’investissement, ndlr). Mais je m’en félicite car il est important de donner une eau de qualité aux usagers. » Comme à Tavel, les stations d’épuration de Connaux et de Saint-Julien-de-Peyrolas ont aussi été placées sous le coup d’une mise en demeure en 2021, dans le Gard rhodanien.

Marie Meunier

* Les quatre élus d’opposition sont Jacques Barac, Anne-Marie Martinez, Richard Souche et Xavier Ternisien. 

Article à lire ou à relire sur le même sujet : https://www.objectifgard.com/2021/11/22/fait-du-jour-pollution-sur-le-traitement-des-eaux-usees-le-compte-ny-est-pas/

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