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VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON S’évader « à deux pas d’ici » avec la nouvelle exposition de l’Abbaye Saint-André

Bernard Tribondeau est photographe et vit à Villeneuve-lez-Avignon depuis plus de vingt ans. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Le fait de distinguer des formes familières comme des visages ou des animaux dans les paysages ou les arbres s’appelle la paréidolie. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Il y a encore quelques mois, il était interdit de sortir plus d’une heure de chez soi sans autorisation, le tout dans un périmètre très limité. Quand il a de nouveau été possible de vaquer librement, les paysages avaient changé. La Nature avait repris ses droits quand l’Homme l’avait si longtemps domptée. Tout cela a inspiré Bernard Tribondeau, photographe villeneuvois, qui expose ses clichés « À deux pas d’ici » à l’Abbaye Saint-André jusqu’au 29 mai.

Cela fait un peu plus de vingt ans que Bernard Tribondeau a posé ses valises à Villeneuve-lez-Avignon. Il a toujours fait de la photo. À peine âgé de six ans, son père, journaliste, lui avait offert un Kodak puis un des tous premiers Polaroïd. La passion de l’image l’a accompagné au fil des années. Travaillant dans la publicité, il fait des photos d’illustration, de presse, d’entreprise. À côté, il se balade aussi avec ses différents appareils photos dans les rues pour immortaliser quelques scènes ou portraits. De ses nombreux voyages, notamment en Grèce, il a ramené avec lui des centaines d’images.

« En vieillissant, on bouge moins, on est plus centré sur des choses intimes en termes de paysages et de quotidien. Il n’y a pas besoin de se déplacer pour faire de l’image« , narre Bernard Tribondeau. Il ne pensait pas si bien dire alors que la pandémie de covid-19 a paralysé une bonne partie du monde. Deux mois après le premier confinement, le photographe organise une projection sauvage dans la rue des images qu’il avait prises pendant cette période. À ce moment-là, Marie Viennet passe et demande à Bernard Tribondeau s’il ne veut pas exposer à l’Abbaye Saint-André. C’est de cette rencontre fortuite qu’est né ce projet intitulé « À deux pas d’ici » et qui rassemble 80 photos.

L’exposition est découpée en plusieurs parties. Dans le couloir, on découvre une série en noir et blanc prise au téléphone portable juste après le premier confinement. Ce ne sont que des photos en format vertical, immortalisées dans les jardins de l’Abbaye. Sans retouche car même s’il sait s’en servir, Photoshop, « ce n’est pas le truc » de Bernard Tribondeau. Mais si vous regardez attentivement, vous décèlerez sûrement un aspect vieilli de l’image.

Des visages se cachant dans les oliviers

Autre salle, autre ambiance. On est maintenant fin mai 2020, juste au moment où la France peut ressortir. Le photographe s’amuse de cette nature foisonnante. Il prend une première photo, puis dans les deux minutes qui suivent en prend une seconde sur la même image, donnant lieu à des superpositions étonnantes et même dépaysantes. Comme ce coquelicot qui partage sa teinte rougeoyante au ciel qui entoure un arbre. « J’ai intitulé cette série « It’s a small world ». Comme la musique de Disney. Je l’avais en tête quand je me baladais car je recrée un monde miniature avec le principe de la surimpression« , commente Bernard Tribondeau.

Pièce suivante, on savoure des clichés d’oliviers en noir et blanc. Quand on observe plus attentivement, on y aperçoit des formes humaines ou animales, dessinées dans les noeuds des troncs ou dans l’entrelacement des branchages. « Le fait de voir des formes familières dans des paysages s’appelle la paréidolie« , explique le photographe. On pourrait presque dire la « paréidolive » dans le cas présent. Il a réalisé cette série de clichés en 2018 en se baladant dans les champs d’oliviers de la région : « Les troncs d’oliviers sont très torturés. Pas un seul ne ressemble à un autre. Il suffit de bouger de quelques centimètres pour perdre la forme. »

Au centre de la pièce, il y a enfin un pan entiers de photos, simplement punaisées, sans cadre. Elles ont été captées entre 2012 et 2013 dans la plaine de l’Abbaye à Villeneuve. « Un petit monde à part, un peu sauvage au pied de la ville« , aux yeux du photographe. Mais quelques déchets jonchant le sol ou coincés dans les arbres viennent rappeler que l’activité humaine n’est jamais bien loin.

Marie Meunier

L’exposition « À deux pas d’ici » de Bernard Tribondeau est à découvrir à l’Abbaye Saint-André du 1er mars au 29 mai. Tarif jardins + exposition : 9 €.

Le photographe animera également trois ateliers photo regroupant 3 à 6 personnes maximum, qu’elles soient débutantes, amatrices ou professionnelles, qu’elles disposent d’un smartphone ou d’un appareil photo, sur diverses thématiques. Pendant 30 minutes, le photographe racontera son parcours puis les participants iront balader une heure dans les jardins pour prendre des photos et « raconter une histoire à travers une mini-série de clichés »
. Le 2 avril : « Paysage i-maginaire, i-maginés »
. Le 9 avril : le noir et blanc au smartphone
. Le 23 avril : « Horizons microcosmiques » ou recréer de nouveaux paysages à partir du tout-petit.

Tous les ateliers se dérouleront de 9h30 à midi à l’Abbaye Saint-André. Gratuit pour les détenteurs du pass annuel, prix d’entrée normal pour les autres.

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