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ÉDITORIAL Sondages ! Vous avez dit sondages ?

(Photo Anthony Maurin).
(Photo Anthony Maurin).

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas pour Éric Zemmour. Et il semble déjà loin le temps où le candidat d’extrême… extrême-Droite à la présidentielle, à l’origine d’un véritable tsunami médiatique et populaire, semblait devoir tout emporter sur son passage de ce qui restait de la politique de grand-papa pour aller s’installer à l’Élysée pour redonner à la France sa grandeur et renvoyer dans leur pays tous ces migrants, par lui désignés responsables de la déliquescence de notre pays. Un moment éblouie par les raisonnements captieux et la rhétorique fallacieuse de celui qui promet de remettre de l’ordre dans la maison « bleu-blanc-rouge », la foule a suivi comme un seul homme avant de tempérer son enthousiasme. Il semblerait qu’au sémaphorique succédané (Éric Zemmour), dont le contenu, si l’on excepte sa virulence, s’avère aussi consistant que des bulles, de la mousse et du vent, les amateurs du genre reviennent maintenant vers l’original (Marine Le Pen), sans vouloir laisser sa chance au produit. C’est en tout cas ce que semblent indiquer les récents sondages qui attestent de sa dégringolade dans les intentions de vote. Pourtant il serait présomptueux de croire que les sondages font foi et que leurs chiffres ont valeur d’évangile. L’histoire des élections au suffrage universel les a souvent démentis. Et le passé compile autant de témoins qu’un curé pourrait en bénir de ces destins qui ont basculé au moment du décompte des voix alors que tout le monde avançait gorgé de certitudes. En 2002, Lionel Jospin était donné largement favori face à Chirac. On sait ce qu’il en est advenu… À la veille du vote, aucun organisme de sondage n’avait indiqué que les Anglais voteraient à 52% en faveur du Brexit. Au contraire ! Plouf, plouf… On vous fait grâce du reste et on en passe et des meilleurs. D’ici le passage dans l’isoloir, bien des choses peuvent encore intervenir et rebattre des cartes que d’aucuns estiment biseautées au bénéfice du Président Macron. Et ça, sauf à se poser comme grand clerc ou se risquer à jouer les pythonisses de kermesse, les sondages ne peuvent pas le prévoir. Il ne sont, au mieux, que l’expression photographique d’une vérité à l’instant T.

Philippe GAVILLET de PENEY

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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