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FAIT DU SOIR De la carrière militaire à la vie civile, l’Armée de Terre s’ouvre au monde économique

Marie-Françoise Lecaillon, préfète du Gard et le général Ozanne détaillent le matériel de l'Armée (Photo Anthony Maurin).
Au premier plan et de dos, la sous-préfète Saadia Tamelikecht était elle aussi présente tout comme Iulia Suc, la directrice de cabinet de la préfète du Gard (Photo Anthony Maurin).

C’était à la caserne Colonel-de-Chabrières à Nîmes que le général Éric Ozanne, délégué militaire départemental du Gard, commandant la 6e brigade légère blindée, la base de Défense Nîmes-Laudun-Larzac et la place d’armes de Nîmes, a réalisé un état des lieux du poids des Armées dans le département en compagnie de la préfète Marie-Françoise Lecaillon.

L’Armée dans le Gard est une chose, à Nîmes c’en est encore une autre. La cité des Antonin, a, depuis les légions romaines qui y stationnaient sans doute, un passé militaire qu’elle aime faire vivre. Le Gard, zone stratégique de l’arc méditerranéen, aussi.

D’ailleurs, il n’y a qu’à regarder le poids démographique des Armées dans le Gard qui s’établit à 12 500 personnes, constituées de 5 000 militaires en activité, auxquels s’ajoutent 7 500 conjoints et enfants. Outre sa finalité de défense de la Nation, l’Armée est acteur et moteur dans de nombreux domaines tels que la préservation de l’environnement et du patrimoine, ainsi que le développement de l’esprit de citoyenneté et du devoir de mémoire.

Marie-Françoise Lecaillon, préfète du Gard, et le général Ozanne détaillent le matériel de l’Armée (Photo Anthony Maurin).

Afin d’améliorer la connaissance mutuelle et de renforcer davantage ses liens avec la société civile, l’Armée a donc invité son réseau étendu, ses partenaires institutionnels et économiques, au cours d’une journée de présentation et d’échanges dont la programmation ne laissait que peu de place à l’improvisation.

Début des présentations en amphithéâtre avec une introduction du général Ozanne en personne. Sont venus par la suite les thématiques du recrutement, du cursus et de la reconversion des militaires avant d’évoquer l’emploi des conjoints et de terminer par la présentation des régiments de la place de Nîmes. Ainsi, le 2e régiment étranger d’infanterie, le 503e régiment du train et le 4e régiment du matériel y sont passés.

La caserne Colonel Chabrières à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

C’est dans l’amphithéâtre de la caserne que la présentation détaillée des troupes à réellement eu lieu par le général Ozanne. Comme leur devise « vite, fort, loin » les militaires du sud de la France sont prêts et veulent s’ouvrir ou à conforter leur rôle au cœur du monde économique local. Recrutement, formation, reconversion, matériel, immobilier, marchés publics, appels d’offre… Tout y est passé pour le plus grand bonheur des chefs d’entreprise et institutionnels présents pour cette grande présentation.

Dans l’amphithéâtre du régiment, la présentation au monde économique (Photo Anthony Maurin).

Pour le général Ozanne cette journée est une « ouverture des armées vers le monde de l’entreprise. J’ai fait un double constat depuis que je suis arrivé cet été à Nîmes. Les chefs d’entreprise ou les organisations patronales rencontrés m’ont fait part de leur difficulté à recruter des personnels. Ensuite, les Armées ont beaucoup de gens qui se reconvertissent dans le civil et qui restent dans la région dans laquelle ils ont servi. Il y a aussi leurs épouses qui cherchent du travail. C’est en local que l’on faire se rencontrer l’offre et la demande. Je veux bâtir des liens forts car le Gard est la plus grande garnison de l’Armée de Terre ! »

Ici, le recrutement se fait autour des six valeurs communes que sont le mérite, l’altruisme, la fraternité, l’exigence, le dépassement et l’équité. L’Armée de Terre recrute chaque année 16 000 jeunes mais parmi eux, 99 % aimeraient être intégrés à un corps de l’infanterie. Cependant, l’Armée n’a pas besoin de 99 % de snipers ! Ici, le recrutement se déroule comme à la SNCF ou à la RATP, en six phases.

On forme les recrus aux métiers de l’Armée, bien sûr, mais les engagés sont aussi formés à des métiers spécialisés dont la technicité est supérieure. En réalité, 20 % du temps que passe un militaire dans l’Armée est dédié à la formation. Le militaire ne reste jamais sur ce qu’il sait faire. Tout évolue dans la vie, lui aussi. Et, grâce à cela, l’escalier (différent de l’ascenseur car cela demande un effort certain) social fonctionne bien.

(Photo Anthony Maurin).

Avec une notation annuelle appuyée par des bilans professionnels de carrière, les militaires ont la notion de temps qui passe et des marges qu’ils peuvent avoir sur leur formation. Pour les militaires du rang, en plus du bilan et de la notation, une orientation annuelle est actée. « Vous voyez que les militaires sont bien formés. Ils ont aussi savoir-être et savoir-faire », note le général Ozanne.

Après le recrutement et la phase de carrière militaire s’ensuit la reconversion pour les personnels comme pour leurs conjoints. Place à Défense mobilité pour évoquer le sujet. Stéphanie Barbe, chargée de mission, parle des reconversions : « En 2021, 101 reclassements ont été fait à Nîmes dont 83 pour les militaires et 18 pour les conjoints. En 2022, nous avons 368 candidats que nous accompagnons dont 171 sont en fin de parcours (24 conjoints sont également suivis, NDLR). En tout, 137 personnels sont sortis de l’institution et 80 % sont inscrits à Pôle emploi. »

Un grand forum de l’emploi sera d’ailleurs organisé sur la base de Garons le 7 avril prochain avec 18 entreprises d’ores et déjà au rendez-vous. À savoir que 80 % des demandes de reconversion sont faites pour rester sur le territoire gardois même si 80 % des offres d’emploi sont héraultaises. En tout, 70 % des reconvertis choisissent de se tourner vers les métiers des transports.

Le général Ozanne (Photo Anthony Maurin).

Vinrent ensuite les présentation du 4e RMAT qui recrute fort ! Avec lui, 3 500 matériels majeurs sont en maintenance. À cela il faut ajouter bon nombre d’autres matériels. Un matériel qu’il faut entretenir longtemps car il coûte cher mais a une durée de vie de 30 ou 40 ans.

Le 503 RT, arrivé en 2011 à Garons depuis la Gironde, a lui aussi été présenté tout comme le 2e REI qui a célébré il y a quelques jours les 191 ans de la création de la Légion étrangère. Chaque année, l’institution voit 6 000 candidats se rapprocher d’elle pour un possible recrutement mais la Légion n’en prend qu’un millier. Pour le colonel Geoffroy Desgrées du Loû, « communauté humaine très riche la Légion emploie et forme du personnel venant des quatre coins du monde sous la devise « Être prêt. » Le légionnaire est un soldat particulier car même Français, bien Gaulois, il s’engage et doit servir comme un étranger. Pour nous, il est primordial que nos soldats, ainsi que leurs conjoints, quittent la Légion de manière propre afin qu’ils trouvent un emploi après leur fin de carrière. »

C’est d’ailleurs au détour de cette présentation qu’on a parlé de l’achat d’une ferme sur la commune de Saint-Jean-Du -Gard, actuel désert militaire et terrain très adapté pour le combat d’infanterie, par le 2e REI.

(Photo Anthony Maurin).

En guise de conclusion, le général Ozanne veut poursuivre l’effort d’ouverture au monde économique de ces régiments. « Cette matinée est une première marche. Le but est de bien faire se rencontrer et correspondre l’offre et la demande au niveau local. Nous sommes là pour appuyer et mettre en avant tout cela. » Sur les coups de midi et pour se dégourdir les jambes après ce temps passé dans un amphithéâtre, le cortège s’est vu présenter les infrastructures d’entraînement du 2e REI avant de passer au déjeuner puis de retourner à la vie civile.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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