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ALÈS Romain Sabran (CGT) : « L’hôpital est devenu une vraie poudrière qui va exploser »

Romain Sabran (à gauche) a pris la parole après les soignantes des urgences du CHAC. (Photo Corentin Migoule)
Romain Sabran (à gauche) a pris la parole après les soignantes des urgences du CHAC. (Photo Corentin Migoule)

Moins de deux semaines après une première manifestation en réponse aux 30 heures de garde à vue auxquelles ont été soumises une infirmière et une aide-soignante le 16 mars dernier (relire ici), les agents du centre hospitalier ont remis le couvert ce mardi après-midi. 

La mise en garde à vue d’une infirmière et d’une aide-soignante le 16 mars dernier, sans qu’aucune charge ne soit finalement retenue contre elles, a dû mal à passer. Une dizaine de jours après une première mobilisation devant l’entrée du centre hospitalier Alès Cévennes (CHAC), les agents, accompagnés d’usagers du CHAC, soit environ 150 personnes, ont remis ça ce mardi après-midi.

Romain Sabran, secrétaire général de la CGT des hospitaliers, a ainsi réitéré son soutien à ses deux collègues de travail « injustement accusées et envoyées en garde à vue » suite à « une enquête douteuse et dénuée d’objectivité de la part de la direction ». Un épisode jugé traumatisant au terme duquel « ce ne sont pas deux mais tous les hospitaliers qui ont été choqués et ont perdu confiance en leur direction ».

Les agents grévistes ne veulent plus de la vidéosurveillance au CHAC. (Photo Corentin Migoule)

À en croire le dernier nommé, cette « confiance » aurait en réalité été rompue depuis longtemps, le secrétaire général de la CGT des hospitaliers décrivant une gestion « calamiteuse » du directeur « depuis sept ans ». Micro en main, il s’est aussi fendu d’un élargissement de « la problématique » à d’autres services du centre hospitalier, dont la maternité qui, « malgré une hausse de 60 naissances par rapport à la même période l’année dernière, a été amputée d’un poste de sage-femme de nuit ».

Autant d’éléments qui conduisent Romain Sabran, mobilisé de longue date pour réclamer l’obtention de moyens humains et matériels nécessaires à une bonne prise en charge des patients, à considérer que l’hôpital d’Alès est devenu « une vraie poudrière qui va exploser si rien n’est fait ».

Des patients dans les couloirs

Ainsi, le dernier nommé, qui milite pour l’arrêt de l’utilisation de la vidéoprotection et des contrôles des clefs électroniques à l’encontre des agents, réclame urgemment la création d’un poste d’agent de service hospitalier (ASH) de nuit, entre autres, permettant de « réduire l’impact des taches annexes des soignants », lesquels seraient alors davantage en mesure de se concentrer sur le volet « soin ».

La veille, lundi, c’est ce qu’il a réclamé à la direction lors d’un entretien au cours duquel, à l’exception de l’annonce d’une étude pour la création d’une ligne dédiée aux soins aigus, « aucune autre avancée n’est ressortie ». Avant son intervention, quatre aides-soignantes se sont succédé au micro pour clamer à pleins poumons les doléances de leur service. « Aux urgences, nous avons en moyenne 16 patients hospitalisés chaque nuit pour huit lits disponibles. Nous, soignants, devons choisir qui va devoir passer la nuit sur un brancard dans un couloir allumé, sans le moindre confort, ce qui a des conséquences physiques et psychologiques pour nos patients », ont-elles notamment exprimé.

Après plusieurs prises de parole, les agents de l’hôpital se sont rendus sous la fenêtre du directeur du CHAC, Roman Cencic, sans succès. (Photo Corentin Migoule)

Si elle n’a pas donné suite à la nouvelle demande impromptue de rencontre initiée par les grévistes du jour, la direction du CHAC a pris les devants en adressant un communiqué de presse ce mardi, rappelant que la réunion du 11 avril a été l’occasion « d’échanger et d’entendre les revendications, mais aussi de corriger ou rétablir un certain nombre de vérités ».

En effet, « là où la CGT pointe une augmentation d’activité de 5 000 passages par an entre 2014 et 2021, les chiffres laissent apparaitre une progression de 2 439 prises en charge, soit 6,5% de croissance ». Quant à l’absence supposée d’augmentation de moyens, l’hôpital se défend en brandissant ses « 25 créations de postes non médicaux sur la période 2014-2021 », ainsi que « la création structurelle d’une quatrième ligne médicale qui permet de déclencher une seconde équipe SMUR en plus de sécuriser les prises en charges », tandis qu’une cinquième ligne médicale a pu être rajoutée « temporairement pour tenir compte de la tension entrainée par certaines vagues Covid ».

Corentin Migoule

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