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FAIT DU SOIR Le bras de fer continue entre les clubs féminins de sport et Nîmes métropole

Jesus Araiz, Christian Taves, Maurice Niel et Sylvain Maestrini (photo Norman Jardin)
Sylvain Maestrini, Jesus Araiz, Maurice Niel et Christian Taves (photo Norman Jardin)

Après une lettre ouverte diffusée au début du mois, quatre clubs féminins de sport expriment un nouvelle fois leur incompréhension après la décision de Nîmes métropole de supprimer son aide financière. Les présidents de ces clubs ne veulent pas baisser les bras et évoquent une discrimination. Du côté la collectivité, on se justifie en mettant en avant une mise en conformité.

Ce lundi, les présidents de Nîmes Basket, Bouillargues Handball Nîmes métropole, Football Féminin Nîmes métropole Gard et Nîmes Volley s’étaient donnés rendez-vous dans la salle Agora de Bouillargues. Comme ils l’avaient fait il y a quelques jours, dans une lettre ouverte, les clubs sportifs ont déploré la perte des subventions de Nîmes-Métropole.

Le manque à gagner est énorme pour ces équipes et les conséquences multiples. « En pro D2, on ne pourra pas se passer de cet argent, cela réduit notre budget de 30%. Nous devons descendre en troisième division, supprimer la plupart des contrats des filles et diminuer les salaires des entraîneurs, voire en supprimer un ou deux. Nous avons mis 12 ans à construire et nous faisons un recul de huit ans », regrette Maurice Niel, le président de Nîmes Volley-ball.

Une relégation et des licenciements en vue

Mais les répercussions ne seront pas seulement sportives, c’est une hypothèse évoqué par Sylvain Maestrini qui dirige le club de Bouillargues Handball Nîmes métropole : «Il faut faire un choix et nous ne pouvons pas le faire sur du sportif, on sera peut-être obligé de se séparer de salariés. On intervient dans les collèges pour parler de la place des femmes, de nutrition, nous mettons en place des stages vacances pour faire découvrir notre région. Ces activités vont être impactées. »

Au Nîmes Basket dont l’équipe féminine évolue en N3, on souligne les changements inévitables dans le fonctionnement du club : « Avec l’augmentation du prix des carburants et les long voyages, nous allons être obligés de réduire le nombre de postes et de demander aux parents de participer aux déplacements. » L’argent perçu par les clubs provenait de contrat d’achat de places et de prestations publicitaires et dans ce domaine Christian Taves le président du Football Féminin Nîmes métropole estime jouer le jeux : « Nîmes métropole est dans notre nom et on l’affiche dès que l’on a l’occasion. C’est inscrit sur le bus, les banderoles, les maillots et les réseaux sociaux. »

Des équipes masculines favorisées ?

Les quatre présidents pensent que Nîmes métropole préfère aider les clubs masculins : « Il y a clairement un problème de discrimination », déclare Sylvain Maestrini. « S’il n’y a pas d’argent pour le filles, il ne devrait pas en avoir pour les garçons », rajoute Maurice Niel. Mais du côté de l’Agglo la vision des choses est différente : « Notre décision est dictée uniquement par un aspect juridique mais pas de genre ou de discipline. On a été aussi obligé de prendre les mêmes mesures pour des clubs comme le foot du Chemin-bas d’Avignon, la course cycliste l’Étoile de Bessèges et le tir à l’arc qui concernent les garçons », explique Bernard Baumelou, le directeur de cabinet du président Franck Proust. Puis il rajoute : « Avec la gouvernance précédente, il y a eu des errances qui nous a conduit à opérer un redressement des comptes.  Il avait été mis en place des marchés sans mise en concurrence d’achat d’espace et de places. Mais Nîmes métropole n’a jamais eu la compétence sport. »

 Si les clubs condamnent la soudaineté de mesure, Bernard Baumelou réfute toute mise devant le fait accompli : « Depuis août 2020, j’ai reçu les clubs à trois reprises. Nous avons étalé la baisse sur deux ans et ils savaient tous ce qui allait se passer. » Dans ce dossier tout le monde semble être dans son bon droit et camper sur ses positions, les clubs se plaignant d’une coupure d’une part importante de leur budget et la collectivité qui explique vouloir mettre un terme à une pratique mise en place par la gouvernance précédente. Pour autant, les clubs concernés ne sont pas décidés à baisser les bras et ils se disent même prêt « à monter à Paris s’il le faut ». Voilà un match qui n’est pas près de se terminer.

Achat de places et de prestations publicitaires par Nîmes métropole des saisons sportive 2019-20 à 2022-23 (chiffres communiqués par Nîmes métropole)

  2019-20 Saison 2020-21 Saison 2021-22 Saison 2022-23
BHNM 110 000€ 130 000€ 60 000€ 0€
Nîmes-Volley 80 000€ 90 000€ 50 000€ 0€
Foot Féminin NMG 30 000€ 30 000€ 60 000€ 0€
Nîmes-Basket 20 000€ 15 000€ 15 000€ 0€

 

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Un commentaire

  1. C’est n’importe quoi..
    toutes les collectivités de France et de Navarre subventionnent classiquement les clubs de sport et passent aussi des contrats d’image qui s’apparentent a un sponsoringle rayonnement du Club a des retombées positives sur le territoire. Si l’agglo de Nîmes procède ainsi c’est une volonté politique et les arguties juridiques sont la pour noyer le poisson.
    RS

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