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FAIT DU JOUR À Meynes existe une source miraculeuse pour la royauté française

La fontaine de Font-Cluse à Meynes (Photo Anthony Maurin).
Le bassin circulaire de la fontaine de Font-Cluse La fontaine de Font-Cluse à Meynes (Photo Anthony Maurin).

Notre beau département, en plus d’être merveilleux, recèle quelques histoires atypiques comme celle de la fontaine Font-Cluse, à Meynes.

Meynes est une commune qui s’étend sur plus de 16km² et compte 2 537 habitants. Situé sur le flan des coteaux des Costières et dominant la vallée du Gardon, le village que l’on voit aujourd’hui est plutôt médiéval mais il a su conserver un passé historique flamboyant que vous ne tarderez pas à découvrir si vous l’ignorez.

Bienvenue à Meynes
(Photo Anthony Maurin).

Le plus bel exemple est celui de la fontaine de Meynes, appelée « Font-Cluse » qui fut découverte en 736 au moment de la bataille que Charles Martel mena contre les Sarrasins dans la basse vallée du Gardon, du côté de la plaine de Signargues près de Remoulins. Les troupes du gouverneur d’Espagne Abd El Rahmann, dirigées par Retha, sont alors regroupées dans les environs. Comme l’armée sarrasine s’était divisée en deux parties (la première passa le Gardon au niveau de Remoulins quand l’autre préféra le côté de Montfrin), Charles Martel suit d’abord celle qui allait en direction de Montfrin et livra bataille avec les troupes qu’il avait avec lui. La victoire était claire, mais trois jours furent nécessaires à l’ensevelissement des morts.

Sur une petite route départementale, celle dite de la Gare, soyez vigilant… La fontaine de Font-Cluse peut passer inaperçue (Photo Anthony Maurin).

Charles-Martel fit ériger une église qui n’existe plus depuis peu, celle dite de Saint-Jean des Vignes qui a cependant donné son nom au quartier où elle était bâtie. Vainqueur d’une moitié d’armée, Charles-Martel voulait défaire le reste des effectifs sarrasins. Il passa à gué le Gardon et compta bien en découdre. Montfrin est encore tout proche, cette deuxième bataille est plus meurtrière que la première. Les « Français » sont malmenés par des Sarrasins bien préparés et l’arrière-ban ne vient pas les aider… Les pertes sont lourdes des deux côtés mais en rentrant au camp, les soldats entendent couler une source.

La fontaine de Font-Cluse à Meynes (Photo Anthony Maurin).

Des soldats lavèrent leurs blessures à cette source et la cicatrisation fut si rapide que les médecins lui reconnurent par le plus grand des hasards des vertus thérapeutiques. Charles Martel est rapidement mis au courant de cette bonne nouvelle. Il veut voir cette source et ordonne à ces médecins de la comprendre, de la fouiller. Ils découvrirent que la source renferme des « parcelles dissoutes de vitriol, de fer et de soufre, qui jointe à son excessive fraîcheur, avaient opéré ces cures merveilleuses. »

(Photo Anthony Maurin).

Charles Martel fit creuser un grand bassin puis la fontaine fut couverte, d’où son nom de Font-Cluse, la fontaine close. Il en profita pour ériger, sur les côtés du bassin, trois petites niches dédiées à Saint-Jean-Baptiste, à une croix ainsi qu’à une icône de la Vierge. Il n’en fallait pas moins pour créer une petite histoire dans la grande. En même temps, les environs recèlent de sources miraculeuse comme la Malautière, ou celle de Cézerac.

(Photo Anthony Maurin).

De nombreuses personnalités vinrent ainsi tremper leur saint séant à Meynes pour profiter des bienfaits de cette source. Parmi eux ? Rien de moins que Charlemagne, le petits-fils de Charles Martels, ou encore François Ier alors en chemin pour le siège de Perpignan en 1541. Charlemagne vint en personne s’assurer de ses bienfaits avant une autre tête d’affiche en la personne du comte Simon de Montfort qui vint y prendre les eaux en 1211. Il fit même passer la totalité de son armée par le pont de Montfrin, non loin de la source miraculeuse.

L’eau claire y coule encore… (Photo Anthony Maurin).

Pour en revenir à François Ier, le roi des Français logea à l’Hôtel de Saint-Jean des Templiers et vint à Meynes pour se soigner à la fontaine de Font-Cluse. Nous sommes le 15 août 1541. Il fit passer son armée sur le pont de Montfrin et, c’est sur l’avis de ses médecins qu’il logea dans ce village. Comme vous pouvez vous l’imaginer, de Montfrin à Perpignan, on peut passer par Meynes et c’est ce que François Ier fit. Il en profite pour se tremper dans la source spéciale en partie guéri d’un abcès au bas-ventre. Une fois les ablutions faites, il alla guerroyer pour la patrie. Comme souvent, l’histoire ne s’arrête pas en si bon chemin.

(Photo Anthony Maurin).

Plus tard, entre le 10 juillet et le 27 août 1601, c’est Marguerite de Valois (Reine Margot), fille d’Henri II et de Catherine de Médicis, femme d’Henri IV (et soeur d’Henri III) qui vint à Meynes, attirée par la renommée de sa fontaine particulière. Elle aussi décide de loger au château de Montfrin et elle aussi se rend à la source. Elle sent ses douleurs s’apaiser et redonne un coup de renommée à Font-Cluse. Se rappelant sans aucun doute de cette histoire, Louis XIII, qui adorait les lieux et qui croyait dur comme fer aux propriétés bienfaitrices de cette eau, y séjourna quant à lui à quatre reprises ! Il paraît même que Louis XIV serait né grâce à cette eau salvatrice…

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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