A la uneActualitésAlès-CévennesEconomieEnvironnementSociété

SAINT-JEAN-DU-GARD Achat d’une ferme par la Légion : les opposants empêchent le comité pour attribuer les terres

Une soixantaine de manifestants, ce matin, devant l'antenne alésienne de la chambre d'agriculture (photo François Desmeures / Objectif Gard)
Président de la Safer du Gard, Michel Allemand a répété les arguments de l’organisme en faveur du maintien des terres agricoles, même si leur usage en est très limité (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Autant de monde ce mardi matin, devant l’antenne alésienne de la chambre d’agriculture, que le 8 juin dernier devant le siège gardois de la Safer (relire ici). Avec les mêmes protagonistes, pour une discussion informelle devant les grilles. Le comité « petite région », qui devait entendre les quatre candidats pour l’attribution des cinq hectares de terres agricoles, n’a pas eu lieu. 

Michel Allemand est en boucle. Le président gardois de la Safer (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) fait face au collectif Vallées cévenoles démilitarisées et à des représentants des syndicats agricoles Confédération paysanne et Modef pour justifier du travail de son organisme. « Il y a eu trente visites en trois ans sur le site… La Safer est aussi là pour préserver l’intérêt du vendeur, etc. » En face, les reproches pleuvent : « Mais qu’est-ce qui vous est passé par la tête d’accepter la Légion ? Pourquoi ne pas avoir exigé la possibilité de cultures pérennes ? » Après une longue réunion de clarification le 8 juin, le dialogue de sourds se poursuit.

Vendeur et acheteur peuvent se retirer de la vente le 1er juillet, sans pénalité

Deux nouveautés ont pourtant émergé depuis le 8 juin, et le récit du cahier des charges envoyé au ministère des Armées par la Safer, préalable à toute vente. L’armée a validé ce cahier des charges, ce qui exclut le détachement de légionnaires qui sera présent sur place de l’usufruit des terres, qu’elles soient agricoles ou forestières. Raison pour laquelle se tenait, ce mardi, le comité « petite région » pour une première sélection.

Et, ce lundi soir, quatre personnes sont allées discuter avec les vendeurs, le couple Boudet, dont le syndicaliste Modef et éleveur, Frédéric Mazer. Voulant présenter un projet agricole et d’éducation à la nature, ils ont appris, de la bouche du vendeur, qu’au 1er juillet, lui ou l’acheteur pouvait se retirer de la vente sans pénalité. De quoi faire rêver le collectif à un éventuel nouveau projet agricole et un rachat groupé. En face, les vendeurs seraient disposés à attendre trois mois supplémentaires mais, pour des raisons financières, ne pourraient pas aller plus loin.

« Si le propriétaire se retire de la vente, ce sera son libre choix, mais qu’il nous le mette par écrit ! », relève Michel Allemand, qui répète que la Safer préserve les terres agricole et que le vendeur aurait pu traiter directement avec l’armée. « Vous faites ce matin une commission, vous allez examiner des candidatures, résume Frédéric Mazer pour revenir aux cinq hectares de terres agricoles. Vous allez recevoir un mec dont le projet est de planter des vignes. Or, il est impossible d’avoir des cultures pérennes, selon ce qui a été dit à l’armée. » Ce qui se justifie, selon Michel Allemand, par la protection Natura 2000 de ces pelouses à fort enjeu environnemental (*). « Ça ne nous arrange pas parce qu’on voulait du maraîchage », précise le directeur de la Safer, Michaël Fourel. Les terres seraient donc dévolues uniquement à être pâturées, comme elles le furent avec le couple Boudet, ou à faire du foin.

Une commission en septembre pour décider du locataire des terres

S’ils ont obtenu que le comité ne se tienne pas, les opposants cherchent à trouver des soutiens, notamment financiers. Ils iront, ce mercredi soir, à la séance du conseil d’Alès Agglomération pour tenter d’avoir droit à une prise de parole au sein de l’assemblée. Une demande que l’élu communiste alésien, Paul Planque, présent dans la manifestation, s’est engagé à formuler. Côté Safer, on fait savoir que le choix des locataires des terrains agricoles est reporté au mois de septembre, afin de « tenir une commission locale dans des conditions sereines« .

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

* Contactée à ce sujet, la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) n’était pas en capacité de répondre aussi rapidement à une demande spécifique, toutes les zones Natura 2000 n’étant pas contraintes aux mêmes règles.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité