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CÉVENNES Les parents d’élèves de Mialet, Quissac, Saint-Hippolyte-du-Fort et Saint-Laurent-le-Minier manifestent à Nîmes

Les parents ont cherché à se faire entendre au pied de la direction des services départementaux de l'Éducation nationale (photo François Desmeures / Objectif Gard)
En plus des maires, le néo-député de la 5e circonscription, Michel Sala, s’était déplacé, tout comme le binôme de conseillers départementaux d’Alès 1, Léa Boyer et Jean-Charles Bénézet, et la conseillère départementale de La Grand’Combe, Isabelle Fardoux-Jouve (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Beaucoup de parents, ce vendredi matin, devant la direction départementale des services de l’Éducation nationale et de nombreuses écharpes tricolores pour les soutenir à l’occasion. de la tenue du comité technique spécial départemental (CTSD). Ils sont venus dénoncer des classes surchargées, réclamer des moyens supplémentaires d’enseignement et constater le mépris du directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen), qui ne leur répond pas depuis des mois. 

« On vient pour obtenir la réouverture de la classe de Générargues, explique Annabelle, mère d’un élève du RPI (regroupement pédagogique intercommunal) qui lie Mialet, Générargues et Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille. On connaît une hausse d’effectifs, des classes à plusieurs niveaux qui ne se suivent pas forcément et beaucoup de dossiers AESH » (accompagnement des élèves en situation de handicap). À Générargues, la maternelle affiche, par exemple, 28 élèves, parmi lesquels des Grandes sections qui doivent pourtant être, au maximum, 24 par classe à la rentrée prochaine. « Depuis le début de l’année, on envoie des courriers. Mais on n’a aucun réponse. »

« L’école inclusive n’a rien d’inclusif »

Et le statut d’élu n’est en aucun cas une assurance supplémentaire d’être écouté. Dehors, le maire de Générargues, Thierry Jacot, tient le même discours en compagnie de son homologue de Mialet, Jack Verriez, et de Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille, Guy Manifacier. « On nous ferme des classes alors même que nous avons une grosse problématique d’enfants autistes, et même un qui souffre de la maladie des os de verre. Et on manque cruellement d’AESH. Soit on nous met des heures supplémentaires d’AESH, soit on rouvre une classe pour Générargues pour répartir les élèves, ce sont les seules solutions. » Une dizaine d’enfants en difficulté sont recensés sur les trois communes. « L’école inclusive n’a rien d’inclusif », lâche Guy Manificier, un tantinet énervé. Les trois élus ont demandé, par écrit, une rencontre avec le Dasen, Philippe Maheu. Ni lui, ni ses services, ne leur ont répondu.

Caroline est venue de Quissac. La maternelle, flambant neuve, ne peut cacher les difficultés de l’élémentaire, selon elle. « Les élèves de la classe Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) ne sont pas comptés dans les effectifs », se désole Caroline, qui montre un tableau où, par classe, est signalé « deux inclusions l’après-midi », parfois trois en fonction des classes. Soit onze élèves qui ne sont pas comptabilisés mais grossissent physiquement les effectifs des classes. Douze AESH interviennent sur l’école. Mais, même sans élève Ulis, la classe de CE2 atteint 30 élèves.

À Saint-Hippolyte-du-Fort, « on a appris une fermeture de classe prévue en février, on a trouvé ça surprenant, confie Laurent, parent d’élève. C’était le résultat de projections. Mais ça ne nous semblait pas correspondre à la réalité. » Les parents ont, donc, mené leur propre enquête et comptabilisé au moins six élèves supplémentaires. « On a fait remonter l’info à la DSDEN. Mais apparemment, c’était trop tard. » « En plus, des travaux doivent être faits dans l’école l’an prochain, abonde Stéphanie, une mère d’élève. Mais ça ne doit pas se faire l’année avec surcharge de classe ! Il y aura forcément un non-respect des 24 élèves par Grande section. » Et si cette obligation venait à être respectée, « ils seraient à 32 par classe », se désole Stéphanie.

Deux parents, dont un élu, sont descendus de Saint-Laurent-le-Minier, craignant pour leur classe unique (photo François Desmeures / Objectif Gard)

La situation est tout autre à Saint-Laurent-le-Minier. Deux parents ont fait le long trajet jusqu’à Nîmes. Au bord de la Vis, les huit niveaux d’école primaire sont réunis dans une seule classe, avec 27 élèves pour une seule enseignante, dont trois enfants aidés par une auxiliaire de vie scolaire et deux non-francophones. Adjoint au maire et parent, Marc Vittecoq tient la banderole. « Ça fait deux ans qu’on fait la demande d’une ouverture de classe. On nous retoque pur des seuils qui valent aussi pour un seul niveau. » Ici, la plasticité de l’enseignante est mise à rude épreuve. « On est même obligés de refuser des enfants au final, qui partent à Ganges dans le privé et y restent. » Mais, cette fois-ci, c’est la fermeture qui menace la classe.

Ni parents ni élus n’ont pu rencontrer le Dasen. Quant au CTSD (lire par ailleurs), il n’a finalement donné que peu d’avancées pour les écoles concernées.

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

 

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