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FAIT DU JOUR Malgré les hausses, des vacances à tout prix pour les touristes venus dans le Gard

(photo d'archives Boris Boutet)
En forme de bateau, la piscine du camping de l’Espiguette a été créée pour cet été. (photo Boris Boutet)

Dans les campings de Nîmes, Alès, Vallabrègues ou Vauvert, malgré les augmentations cumulées des prix de l’alimentation, du carburant, ou de l’énergie, les touristes ne semblent pas prêts à sécher les vacances. 

Les vacanciers les plus matinaux se regroupent déjà, dès 9 heures, autour de la première animation de la journée, le petit déjeuner des Pirates, ce vendredi 1 juillet, au camping Capfun de la Bastide à Nîmes. À la fin du week-end, les 250 mobil-home et la dizaine d’emplacements de tentes seront occupés jusqu’à la fin août par un millier de vacanciers venus de partout en France.

Pour cette première semaine de juillet, les tarifs sont encore attractifs pour un camping 4 étoiles : de 320 à 360 euros la location d’un mobil-home pour quatre, contre 800 euros en haute saison. Une condition indispensable pour Vincent et Vanessa et leurs deux enfants, Lalie et Ethan, venus du Pas-de-Calais pour passer quinze jours dans le Gard. « En réalisant que la hausse du prix du carburant allait nous coûter plus de 100 euros supplémentaires aller-retour, nous avons réfléchi à annuler notre voyage, la semaine dernière, explique le couple nordiste. Mais ce sont nos seules vacances de l’année, alors nous allons profiter tout de même, on fera attention sur autre chose en rentrant ! »

Pour préparer cette escapade annuelle, il faut dire que la petite famille a déjà préparé son budget depuis le mois de mars, économisant tickets restaurants et chèques vacances. « Pour ces deux semaines, nous devrions dépenser environ 1 800 euros. Si nous avons trouvé de l’essence à 5 centimes de moins que chez nous, en arrivant, nous avons été très surpris par les prix de l’alimentation au Géant Casino, c’est plutôt là-dessus que nous ferons des efforts », détaille Vanessa, qui vient de se fouler la cheville en visitant les arènes – tant pis pour les excursions !

Une famille du Pas-de-Calais en vacances au camping de la Bastide, le 1er juillet 2022 (Photo : PH)

« On est là pour s’amuser, pas pour visiter ! »

C’est aussi sur l’alimentaire qu’Olivier, 49 ans, grignotera légèrement par rapport à d’habitude, cette semaine. « Nous n’irons que deux fois au restaurant au lieu de cinq, et à la place, on commandera à emporter, explique le sémillant quadragénaire à la crinière blanche venu de Lyon avec sa fille pour la septième année. Sinon, on restera dans le camping pour l’ambiance, la piscine et les animations gratuites : on est là pour s’amuser, pas pour visiter ! » Entre la location (environ 320 €), l’essence (140 €) et l’alimentaire (200 €), son budget vacances devrait ainsi se limiter à environ 700 euros.

Malgré les augmentations diverses (alimentation, carburant, énergie), rares sont les vacanciers à accepter de faire la moindre concession financière pendant ces vacances tant attendues après deux ans de pandémie. Les soucis de fin de mois attendront. « Nous voulons profiter de nos dernières vacances à trois, annonce Amélie, enceinte, accompagnée d’Anthony et de leur fils Jules. Nous avons limité les frais d’essence en restant proche de Fréjus, pour pouvoir profiter des animations sur place, Jules du mini-club, et nous lui ramènerons même quelques souvenirs dans le Var. »

Au Camping Lou Vincen, les co-gérantes sont satisfaites sans être sereines

Le Camping Lou Vincen à Vallabrègues, le seul et l’unique sur la Terre d’Argence, affiche pour le moment un taux de fréquentation de 75 % pour les mois de juillet et août. Parmi les vacanciers, Hélène Aubry et Myriam Girard, co-gérante de l’établissement municipal, retrouveront des habitués dont de nombreux Belges, mais aussi des Anglais, des Néerlandais, ainsi que des Français et quelques petits nouveaux Allemands.

La saison des vacances démarre officiellement au Camping Lou Vincen à Vallabrègues, en ce vendredi 1er juillet. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

« Nous affichons quasi-complet sur les mobil-home.(*) Les disponibilités concernent les emplacements.(**) Nous sommes satisfaites, lance Hélène. Mais avec tout ce qui se passe en ce moment et cette nouvelle vague de covid, on ne peut pas dire que nous soyons sereines. » Jusque-là, et malgré des années très difficiles – leur chiffre d’affaires avait chuté de 60 % en 2020 – le duo a réussi à garder la tête hors de l’eau. « La partie restauration que nous avons créé il y a deux ans, nous a beaucoup aidés« . Mais Hélène en a bien conscience, le taux de fréquentation, en tout cas de la part des touristes, ne sera certainement pas à la hauteur des espérances. « Comme vous et moi, quand le pouvoir d’achat baisse, on se restreint sur quelques plaisirs. Et puis, certains clients fidèles ont carrément annulé leur venue à cause du prix de l’essence. »

« Vous le voyez, il n’y a pas que la mobilité qui est réduite maintenant »

Éliane, 73 ans et Claude, 82 ans ont quitté la Normandie pour rejoindre le plus provençal des villages gardois, Vallabrègues. Soit une traversée de la France sur plus de 850 kilomètres pour un coût d’environ 200 € pour les frais de carburant et d’autoroute. « Il en faudra autant pour repartir au mois d’août. Rien que ces trajets représentent les 1/4 de nos retraites« , calcule Éliane. Alors tout logiquement, ils vont devoir freiner sur quelques dépenses annexes : « Les visites, par exemple, lance la septuagénaire sous l’auvent de sa caravane, appuyée sur sa canne. Vous le voyez, il n’y a pas que la mobilité qui est réduite maintenant, s’amuse-t-elle. Comme on dit, mieux vaut en rire. »

Andrée, 77 ans, vient au camping Lou Vincen depuis 37 ans. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Quelques mètres plus loin, Andrée, 77 ans, est une habituée du camping Lou Vincen depuis plus de 30 ans. Fidèle à son poste, elle est arrivée au mois de mai et pliera ses bagages au début du mois de septembre. Le reste de l’année, Andrée le passe dans son pays natal, en Belgique, non loin de Liège. Malgré la hausse des prix – elle a notamment constaté une augmentation du prix du péage de 20 € entre 2020 et 2022- il était impensable pour la retraitée d’annuler ses vacances.

Au camping de Vallabrègues, on y croise aussi des … Vallabréguants

« Vous savez quand je rentre chez moi, en Belgique, la première chose que je me dis quand je passe le pas de ma porte c’est : allez, il ne reste plus que 8 mois et demi à patienter« , lâche-t-elle dans un rire. Et pendant ces quelques mois d’attente, Andrée économise pour pouvoir savourer ses congés en compagnie de ses amis Anglais et Néerlandais entre autres résidents du camping vallabréguant. Elle estime son budget vacances pour une durée de trois mois et demi dans le Gard à un peu plus de 4 000 €.

L’histoire de Solange, 68 ans et Bernard, 78 ans est cocasse. Eux aussi sont des habitués du camping de Vallabrègues depuis 25 ans. Ces Parisiens s’y rendent chaque été, sans exception, même encore aujourd’hui alors que leur domicile principal se trouve désormais à … Vallabrègues. « Et bien oui, mais nous y avons nos habitudes, nos amis. Il y a cette ambiance qu’on ne retrouve pas chez soi« , commente la sexagénaire. Ce ne sont donc pas les frais de route qui plomberont le budget de ces Vallabréguants d’adoption, qu’ils évaluent à environ 1 000 €.

Solange, Bernard et leur petit-fils Lohan, 13 ans, installaient leur caravane aidés de leur voisin venu de la Sarthe. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

« On fera quand même plus attention qu’il y a cinq ans. Mais vous savez, depuis deux ans nous ne sommes pas partis. Qui sait de quoi demain sera fait ? Et on ne meurt pas avec notre argent, alors aujourd’hui, on a envie de profiter« , ajoute-t-elle. Et en famille, c’est encore mieux. Les enfants et petits-enfants de Solange et Bernard viendront les rejoindre pendant leur séjour au camping qui se prolongera jusqu’au début du mois d’août. Mais pour l’heure, il faut terminer d’installer tout l’équipement autour de la caravane, Bernard et un voisin venu de la Sarthe sont à la manoeuvre.

480 € de carburant pour les bretons du mas de Mourgues

Au camping du mas de Mourgues à Vauvert, une bande de quatre jeunes mytiliculteurs bretons est arrivée en voiture de Saint-Malo, samedi dernier. Ils sont partis le soir afin de conduire de nuit, pour que les enfants puissent dormir. Chaque année, ils partent en vacances dans le sud de la France, en bord de mer. « Cette année nous ne sommes pas partis en pleine saison comme nous faisions avant, nous avons pu ainsi profiter de tarifs plus avantageux pour le mobil-home », lance Anaïs. Pour une voiture, ils ont prévu deux pleins lors du trajet aller, la même chose pour le retour et même punition sur place pour les visites et la plage. Leur budget carburant pour ces vacances se monte à six « pleins » de 80 € chacun, soit 480 € pour une voiture. Le fait de ne pas louer en pleine saison leur a permis de garder le même train de vie de vacances. « Le reste des dépenses ne change pas vraiment par rapports aux saisons précédentes. Mais comme nous avons économisé sur le prix de la location, on ne se prive pas pour les restaurants et les sorties », indique Alexandre.

Alexandre, Florian Lorreena et Anaïs. Des bretons au camping du mas de Mourgues de Vauvert (Photo Yannick Pons)

Pierre Havez, Stéphanie Marin

*De 629 à 699 € la semaine en haute saison.

**Pour une ou deux personnes avec eau, évacuation et électricité 6 ampères, 27,95 € par jour.

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