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FAIT DU JOUR Réouverture de la ligne TER rive droite du Rhône : on vous explique tout !

Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Claire Lapeyronie, maire de Pont-Saint-Esprit, et Jean-Christian Rey, président de l'Agglomération du Gard rhodanien, en gare de Pont-Saint-Esprit. (Marie Meunier / Objectif Gard)
(De gauche à droite) Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Claire Lapeyronie, maire de Pont-Saint-Esprit, et Jean-Christian Rey, président de l’Agglomération du Gard rhodanien, en gare de Pont-Saint-Esprit. (Marie Meunier / Objectif Gard)

« Mesdames et Messieurs, la Région Occitanie et SNCF vous souhaitent la bienvenue à bord de ce train spécial à destination de Pont-Saint-Esprit. Notre arrivée est prévue à 15h48. » La petite voix diffuse son message dans les haut-parleurs à bord du train qui quitte la gare d’Avignon-centre. Un train testé en avant-première car, cinquante ans après sa fermeture, la ligne de TER rive droite du Rhône va rouvrir aux voyageurs à compter du lundi 29 août. 

Un comité d’accueil bien heureux attendait la délégation à la sortie de la gare de Pont-Saint-Esprit. (Marie Meunier / Objectif Gard)

C’est une révolution dans le Gard rhodanien où le retour du train était très attendu. Il l’était encore plus par Laurette Bastaroli, présidente du collectif afférant et militante depuis plus de vingt ans pour la réouverture de la ligne aux voyageurs. Son émotion n’était pas encore vivace, elle la garde pour le 29 août. Mais elle ressent un grand « contentement » après des années « riches de réunions, de rassemblements, de pancartes, de banderoles ». D’ailleurs, une quinzaine de membres du collectif a réservé un comité d’accueil enthousiaste à la délégation qui a pris ce train spécial depuis Avignon. Ils ont même tenu à donner aux invités du jour une visière estampillée du slogan « J’aime le train sur la rive droite du Rhône« .

Le collectif a offert à Carole Delga une visière « J’aime le train sur la rive droite du Rhône ». (Marie Meunier / Objectif Gard)

Il faut dire que la présidente de la Région est particulièrement attachée au train, moyen de transport qu’elle considère comme « le plus écologique, le plus économe et le plus sûr« . Pour que l’Occitanie devienne la première région à énergie positive, l’élue positionne le ferroviaire au cœur de sa politique des mobilités. Lors des États généraux du rail, la ligne rive droite du Rhône avait été identifiée comme prioritaire pour l’ouverture : « On nous parlait de l’ouvrir en 2025. C’était trop long pour nous. On a demandé à ce que la première partie soit prête pour mi-2022. À deux mois près, on y est« , affirme-t-elle.

De nombreux élus du territoire étaient présents pour ce premier trajet test entre Avignon-centre et Pont-Saint-Esprit. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Cinq allers-retours quotidiens entre Avignon et Pont-Saint-Esprit

En effet, à partir du 29 août, cinq allers-retours quotidiens seront en circulation entre Pont-Saint-Esprit et Avignon, en desservant la gare de Bagnols-sur-Cèze. Côté horaires, le premier train partira d’Avignon à 6h37 pour arriver à 7h06 à Pont-Saint-Esprit, et le premier train en provenance de Pont-Saint-Esprit partira à 7h03 pour rejoindre Avignon à 7h35. Le dernier train partira d’Avignon à 19h07 pour arriver à Pont à 19h35 et le dernier train en provenance de Pont-Saint-Esprit programmé à 20h16 parviendra à Avignon-centre à 20h46.

À noter que sur les cinq allers-retours, l’un d’eux ira jusqu’à Nîmes (en desservant quand même Avignon). « Il n’y en a qu’un pour le moment car le plus gros besoin de mobilité se trouve entre Pont-Saint-Esprit et Avignon« , précise Jean-Luc Gibelin, vice-président communiste à la Région Occitanie délégué aux Transports.

En rouvrant cette ligne, la Région et SNCF Réseau espèrent bien convaincre les habitants de choisir le train plutôt que leur voiture. Il y a l’argument du gain de temps mais aussi l’aspect financier. « Pour faire Avignon-Pont-Saint-Esprit en voiture, vous prenez au minimum 50 minutes, s’il n’y a pas de bouchons. À cela s’ajoute le prix du carburant à 2€ le litre. En prenant le train, vous allez mettre 25 minutes. Et si vous choisissez l’abonnement pour aller au travail, le trajet ne va pas vous coûter plus d’un euro. Un aller-retour, c’est le prix d’un litre de carburant« , déroule Carole Delga, qui met de grosses pénalités à la SNCF en cas de retard pour ne pas décourager les usagers qui voudraient prendre le train pour les trajets domicile-travail.

L’enjeu est grand quand on sait que 40% de la population du Gard rhodanien habite Pont-Saint-Esprit et Bagnols/Cèze. Ces deux villes se situent également dans un territoire qui figure comme 2e pôle industriel d’Occitanie. Au total, le bassin de vie autour d’Avignon et des deux villes rhodaniennes compte plus de 447 000 habitants et 225 000 emplois. Pour les voyageurs sans abonnement, il faudra débourser 3€ pour faire Pont-Saint-Esprit – Bagnols-sur-Cèze, 6€ pour faire Bagnols-sur-Cèze – Avignon-centre, et 9€ pour faire Pont-Saint-Esprit – Avignon-centre. Les trains en circulation seront climatisés et composés de trois rames.

12,8 millions d’euros investis par la Région sur cette première étape

Jusqu’alors réservée au fret ferroviaire, la ligne de la rive droite a pour objectif de faciliter la desserte en transports commun et de proposer aux habitants (salariés et étudiants) une solution de mobilité adaptée. Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, y voit aussi un atout touristique, notamment pour rejoindre le Festival d’Avignon l’été.

Les pôles d’échanges multimodaux de Pont-Saint-Esprit et Bagnols-sur-Cèze sont encore en travaux mais devraient être terminés à la mi-2023. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Les municipalités de Pont et Bagnols vont pouvoir assurer le transit des voyageurs « en mode dégradé » dans un premier temps, tant que les deux pôles d’échanges multimodaux (PEM) sont encore en travaux. « Tout est prêt en termes de sécurité. Du côté de Bagnols, il faudra raser l’Hôtel de la gare, tout réaménager… Un parking minimum à l’ouest est mis en place« , précise le président de l’Agglomération du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey, qui vise une fin des travaux pour mi-2023. Pour faciliter davantage les trajets et les correspondances des usagers, les navettes urbaines de Bagnols et Pont vont modifier leur tracé et leurs horaires pour correspondre à ceux du train.

Sur le trajet, on voit défiler les paysages du Gard rhodanien, par exemple, le château de Montfaucon au loin ici. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Au total, 12,8 millions d’euros (*) sont investis par la Région sur cette première partie de la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône. À l’horizon 2026, six autres gares ouvriront sur le trajet : Laudun-l’Ardoise, Roquemaure, Villeneuve-lez-Avignon, Aramon, Remoulins et Marguerittes. Entre Pont-Saint-Esprit et Nîmes, ce sont donc 82 km de ligne supplémentaires qui vont être ouverts aux voyageurs. À terme, la cadence montera jusqu’à huit allers-retours par jour. Il faudra 1h20 pour relier les deux villes gardoises. Le coût total du projet est estimé à 100 millions d’euros.

La gare de Laudun-l’Ardoise fait partie des six prochaines gares, jalonnant la ligne, qui vont être rouvertes à l’horizon 2026. (Marie Meunier / Objectif Gard)

D’après les prévisions, 200 000 voyageurs par an

Actuellement, le train va jusqu’au Teil pour se faire demi-tour mais l’arrêt ardéchois n’est pas encore desservi. La Région Occitanie est en lien avec Laurent Wauquiez, le président de la Région Auvergne-Rhône Alpes, pour accélérer le projet. L’idée étant de connecter cette ligne majoritairement gardoise avec celle qui reliera Le Teil et Romans-sur-Isère, en passant par Valence, prévue à horizon 2028.

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a échangé quelques mots avec Stéphane, le conducteur de ce premier train-test, avant le départ en gare d’Avignon. Pas de chance pour ce premier trajet, un « obstacle sur les voies » a causé un retard de 10 minutes. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Dans un futur plus proche, les prévisions visent 200 000 voyageurs par an sur la ligne de la rive droite du Rhône. C’est en bonne voie alors que la Région Occitanie est la seule à avoir retrouvé une fréquentation supérieure dans ses trains liO à la fin 2019 (année de référence hors covid, NDLR), enregistrant une hausse de 8%. Un temps fort et festif pour célébrer la nouvelle ligne sera organisé le dimanche 28 août, la veille de son ouverture officielle. Un train inaugural circulera, ponctué d’animations, d’échanges et de partage.

Marie Meunier

* Pour cette première étape de la réouverture de la ligne TER rive droite du Rhône aux voyageurs, 12,8 millions d’euros ont été investis. L’étude préliminaire a coûté 910 000€, les études et travaux pour la réouverture anticipée en 2022, 5,18 millions d’euros, la sécurisation des passages à niveau 740 000€ et les études d’avant-projet pour la phase de réouverture complète 6 millions d’euros. Le financement est supporté à 100% par la Région. SNCF Réseau assure le développement et la sécurité du réseau. SNCF Gares&Connexions s’occupe de l’entretien et de la modernisation des gares et des haltes du réseau. Les collectivités territoriales gèrent l’aménagements des pôles d’échanges multimodaux (PEM). 

Découvrez ci-dessous d’autres images de ce premier trajet sur la ligne TER rive droite du Rhône :

Christophe Fanichet, PDG de SNCF voyageurs, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, et Jean-Luc Gibelin, vice-président à la Région délégué aux Mobilités et aux Transports, lors de la conférence de presse préalable au voyage en train. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Carole Delga a échangé avec plusieurs élus du territoire avant d’embarquer. On peut voir Nathalie Nury, maire de Roquemaure, Pascale Bories, maire de Villeneuve-lez-Avignon et Joël Guin, président de l’Agglomération du Grand Avignon. (Marie Meunier / Objectif Gard)
À l’entrée de la gare, encadrant Nathalie Nury, il y avait aussi Nicolas Cartailler et Yves Cazorla, respectivement maires de Remoulins et Laudun-l’Ardoise. (Marie Meunier / Objectif Gard)
À bord du train… (Marie Meunier / Objectif Gard)
Carole Delga explique les avantages de cette ligne reliant Pont-Saint-Esprit et Avignon par rapport à un trajet en voiture. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Le TER est composé de trois rames et l’heure c’est l’heure ! (Marie Meunier / Objectif Gard)
Première descente de train en gare de Pont-Saint-Esprit. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Quelques pancartes pour célébrer l’arrivée de ce premier train d’essai avant la réouverture de la ligne. (Marie Meunier / Objectif Gard)

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