En 2023, ils s’étaient déjà réunis pour que Tricastin obtienne une des trois premières paires de réacteurs EPR2 annoncées par le Président de la République Emmanuel Macron, en vain. Alors qu’une quatrième paire de réacteurs doit être annoncée cet été, les acteurs économiques, institutionnels et politiques de quatre départements et trois régions s’unissent à nouveau pour la voir arriver à Tricastin, cette fois autour d’un Collectif interrégional économique en cours de création, qui réunit les associations d’entreprises de ce territoire élargi, ainsi que les grosses entreprises indépendantes. Ils étaient nombreux, ce jeudi matin, à s’être réunis à Saint-Paul-Trois-Châteaux, en marge du salon de l’association Atout Tricastin.
Avec un message : « le territoire est prêt », comme l’affirme le Collectif interrégional économique, dont ce rassemblement constitue « un des actes fondateurs, explique son futur président Julien Monteiro. Nous avons la chance d’avoir un tissu économique regroupé en associations, le but aujourd’hui est de fédérer pour des projets plus globaux. » Et ce sur un territoire certes réparti sur quatre départements et trois régions, mais qui forme un écosystème.
Ses acteurs se disent convaincus que « nous sommes à un point de bascule industriel, avance Julien Monteiro. Nous avons hérité de savoir-faire et d’installations industrielles que nos prédécesseurs ont développés, ici nous sommes dans la région la plus nucléarisée d’Europe, nous avons été précurseurs sur des technologies, nous avons une usine d’enrichissement et de MOX. Nous devons être à la hauteur de ce dont nous avons hérité, et être présents sur des projets importants pour l’Europe, pour la France et bien sûr pour notre territoire. » Un territoire qui « aime l’industrie », rajoute-t-il, le sujet de l’acceptabilité territoriale étant toujours important pour des projets de cette envergure.
Le Tricastin dispose aussi du foncier nécessaire, ce qui ne gâche rien. « Le Tricastin n’est pas seulement une option, c’est une solution prête », affirme le Collectif interrégional économique, qui propose « la mise en place d’un comité stratégique territorial, associant l’État, les collectivités, les acteurs économiques et EDF, pour garantir un pilotage coordonné et efficace. »
Côté gardois, on notait la présence de nombreux élus, dont le vice-président de l’Agglomération du Gard rhodanien délégué au Développement économique Sébastien Bayart, de chefs d’entreprises dont le président du Medef du Gard Steeve Calligaro et celui du Collectif, qui fédère les associations d’entreprises et de commerçants du Gard rhodanien, Vincent Champetier. Pour Sébastien Bayart, il était « plus qu’important » d’être présent. « Même si le projet se fait sur Pierrelatte, il va toucher le Gard rhodanien en emplois et en retombées économiques, affirme-t-il. Nous avons besoin de ce poumon industriel, comme de MGH à l’Ardoise et d’Hexana à Marcoule, qui permettront d’offrir à nos jeunes des postes très intéressants et redynamiseront le commerce local. »
Reste désormais à voir si cette union pèsera dans la balance. « Maintenant, il faut concrétiser, affirme Sébastien Bayart. La balle est dans le camp de l’État. »