Présentée par Claire de Causans, adjointe en charge de la culture, du patrimoine et de la vie associative, la première répartition des subventions concerne 255 associations pour un montant de 1,8 M€, répartis sur 15 thématiques : culture, patrimoine, traditions, prévention, solidarité etc. "Je rappelle également, a souligné l’élue, que nous avons voté en décembre 2025, une avance sur subvention afin que le calendrier électoral ne vienne pas perturber la vie associative pour l’organisation d’événements comme leur fonctionnement interne." S’ajoute à cette enveloppe, le soutien indirect de la Ville aux associations, avec la mise à disposition de locaux et la prise en charge de frais, pour un total estimé à 5 M€.
Dans l’opposition, Jean-Frédéric Dejean (L’Union pour Arles) a pointé "une baisse du niveau de soutien financier direct", une diminution "cumulée sur plusieurs exercices budgétaires". Au-delà des chiffres, il déplore une dégradation des relations. "Ces dernières années ont été marquées par des incompréhensions, des tensions". "Aucune initiative n’a été mise en place pour renouer le dialogue avec les associations", a-t-il reproché au maire. Et le même d’embrayer sur le cas de l’ACA, absente remarquée de cette première répartition. "Nous savons qu’il existe des désaccords entre la municipalité et certains dirigeants du club, nous savons aussi que ce n’est pas à la mairie de décider qui doit diriger une association". Il a alerté sur les conséquences pour les adhérents, estimant que "les enfants, les jeunes et les familles" risquent d’en pâtir. "Pour montrer clairement notre opposition à la politique associative menée par la majorité, nous nous abstiendrons - le groupe L’Union pour Arles, Ndlr - sur les délibérations relatives aux subventions de fonctionnement. En revanche, nous voterons en faveur des subventions exceptionnelles", a conclu Jean-Frédéric Dejean.
Un contrôle des comptes de l’association par les services de l’État
"Nous n’avons pas mis à mal une association, s’est défendu Patrick De Carolis, le tissu associatif est extrêmement précieux pour Arles, on ne l’a jamais remis en cause, on l’a toujours soutenu." Le maire d’Arles a poursuivi son propos, recentrant le débat sur la responsabilité de la collectivité. "Ce n’est pas à la mairie de décider les représentants des associations, ce n’est pas notre souhait", a-t-il déclaré. Mais il a immédiatement posé une condition : "notre devoir, c’est de faire en sorte que nous donnions des subventions et que nous ayons en retour la transparence totale des comptes". "Et c’est difficile de l’avoir", a assuré le premier édile arlésien, en évoquant le cas de l’ACA. Conséquence de quoi, Patrick de Carolis a annoncé ce jeudi soir, avoir saisi les services de l’État. "Pas plus tard qu’il y a quelques jours, quelques semaines, je me suis retourné vers la sous-préfète d’Arles pour qu’elle diligente une enquête par la direction générale des finances publiques, puisque moi je ne suis pas habilité à auditer les comptes d’une association ». « Ma responsabilité de maire, a-t-il insisté, c’est de mettre l’argent où il doit être et de savoir où il va et à quoi il sert. Tant que je n’aurai pas cette clarté, cette lumière, je ne pourrai pas agir ».
Revenant sur le sujet initial de la délibération, mais toujours sur le principe de la transparence, Marie Andrieu, élue d’opposition de L'Union pour Arles, a réclamé l’intégralité du tableau des demandes des associations afin de pouvoir comparer les montants sollicités et attribués. Jean-Michel Jalabert (Plus proche d’Arles) s’est associé à ses propos. Par ailleurs, il regrette que « la jeunesse et le sport une nouvelle fois ne soient pas traités à la même hauteur que d’autres thématiques », citant des montants qu’il juge insuffisants au regard des enjeux. Les subventions ont finalement été adoptées à la majorité.
"Investir reste une priorité forte"
Présenté par l’adjointe aux Finances, Sylvie Petetin, le budget primitif 2026 s’élève à environ 170 millions d’euros : 120 millions en fonctionnement et 50 millions en investissement dont 17,6 M€ prévus en dépenses. En préambule, Patrick de Carolis a insisté sur la ligne de conduite de la municipalité. "Nous avons engagé un travail de fond […] nous avons retrouvé de l’attractivité, dégagé des marges de manœuvre, engagé une trajectoire de désendettement (-23 millions d'€ en six ans, NDLR). Mais cet effort n’est pas derrière nous, il doit se poursuivre avec la même exigence si nous voulons tenir dans la durée." Et le même de détailler les principes du budget : "continuer à maîtriser nos dépenses, à faire des choix et à ne jamais céder à la facilité. Investir reste une priorité forte de ce budget et de cette mandature. Dans le même temps, nous poursuivons notre objectif de réduction de la dette et nous réaffirmons un engagement clair, celui de ne pas augmenter les taux des impôts communaux. Nous devons continuer à avancer avec sérieux […] en gardant une ambition forte pour notre ville."
Les projets d’investissement pour 2026
À tour de rôle, les adjoints et conseillers municipaux de la majorité, ont présenté, en fonction de leur délégation, les grands projets d’investissement prévus pour 2026. Parmi lesquels et c’est Catherine Balguerie-Raulet qui a ouvert le bal, l’aménagement et la valorisation des Marais de Beauchamp, un vaste espace naturel de 130 hectares, destiné à être ouvert plus largement au public, avec des parcours, des aménagements pédagogiques et des activités sportives. L’objectif est de structurer un site aujourd’hui partiellement exploité et d’en faire un lieu accessible à tous. Concernant la mobilité, Cyril Juglaret, est revenu sur le projet de réaménagement de l’avenue Stalingrad (études) et la voie verte des Alyscamps. Sur ce dernier sujet estimé à 5,5 M€, "nous avons entendu la voix de ceux qui ont manifesté une opposition à certains travaux prévus et notamment la destruction du pont de Bigot, une réunion publique aura lieu jeudi prochain, à l’espace Ambroise-Croizat", a-t-il rappelé.
S’ajoute la rénovation de l’habitat social, des commerces et la requalification de certains espaces publics dans le quartier de Griffeuille. Ainsi que celle du quartier de Barriol, un projet dans le long terme inscrit dans le cadre du NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) porté par l’ACCM, pour lequel la Ville est partenaire. « 120 M€ au total investis sur ce programme avec des enjeux importants en 2026 sur la démolition, le relogement mais aussi le choix du futur attributaire des travaux des équipements sociaux, crèche, centre social et espace intergénérationnel », a indiqué Mandy Graillon, première adjointe au maire. Sur le plan de la sécurité, la municipalité prévoit l’installation de 18 nouvelles caméras de vidéoprotection, le renforcement des effectifs de police municipale avec le recrutement de deux agents et gardes champêtres et la finalisation du plan de sécurisation des écoles avec la mise en service définitive de l’hyperviseur permettant de relier tous les établissements au centre de supervision urbain.
Les équipements publics font également l’objet d’investissements : rénovation d’écoles (sanitaires, menuiseries, sécurité incendie, installation des systèmes de climatisation), amélioration des infrastructures sportives (modernisation de l’éclairage au stade Fournier, remplacement des deux bassins à la piscine Berthier, travaux d’étanchéité au gymnase Louis-Brun mais également création d’un pump-track etc), ainsi que des opérations dans le domaine culturel, avec la restauration d’éléments patrimoniaux et le développement de la programmation. Sur le volet jeunesse, la Ville poursuit entre autres, la mise en sécurité des crèches etc.
Une opposition qui alerte sur un budget "sous tension"
Jean-Frédéric Dejean estime que le budget 2026 "ne constitue ni une inflexion, ni une correction, ni même une tentative de rééquilibrage", mais "une continuité" des orientations depuis 2021. "Vous ne vous appuyez pas sur les réalités du terrain qui peuvent nous être remontées. Vous vous enfermez dans vos certitudes qui sont bien souvent davantage dictées par le désir de communiquer plutôt que par un désir de d’améliorer concrètement le quotidien des Arlésiennes et des Arlésiens." Il a critiqué un modèle reposant, selon lui, sur un transfert des ressources du fonctionnement vers l’investissement, avec des conséquences sur les services publics.
Jean-Michel Jalabert a également exprimé ses inquiétudes, évoquant un budget "qui tient, mais qui tient sous pression". Il a pointé une épargne brute faible (1,11%) et une hausse de la masse salariale, estimant que "derrière l’affichage d’équilibre, on a presque plus de souffle". Et le même de poursuivre : "On peut toujours équilibrer un budget sur le papier, mais la vraie question, c’est de savoir combien de temps on pourra le faire avec une épargne aussi basse, un fonctionnement aussi rigide et une masse salariale qui continue de dériver et d’augmenter. Je reconnais l’effort mais je vous alerte pour la suite."
Critiques rejetées par la majorité, laquelle a défendu une gestion "prudente et responsable", soulignant le maintien des services à la population. Le budget primitif 2026 a été voté à la majorité avec sept voix contre (L’Union pour Arles et Fiers d’être Arlésiens) et une abstention (Plus proche d’Arles).