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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 11.04.2022 - marie-meunier - 3 min  - vu 5370 fois

ARAMON Immense émotion au village et bien au-delà après le décès du maire, Jean-Marie Rosier

Jean-Marie Rosier, maire d'Aramon (Photo : Stéphanie Marin / ObjectifGard)

Les drapeaux de l'hôtel de ville sont en berne ce lundi et les services municipaux exceptionnellement fermés. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le réveil a été douloureux dans le village d'Aramon ce lundi 11 avril. Le maire, Jean-Marie Rosier, est décédé subitement dans la nuit à l'âge de 71 ans. Le choc est total pour les habitants qui regrettent cet homme aux nombreuses qualités. 

"C'est quelqu'un de proche des gens, toujours prêt à rendre service. On pouvait toujours compter sur lui", atteste Christian, gérant du Pub 16. "Je suis très triste, c'est une très belle personne, humaine, adorable, à l'écoute des concitoyens. Il faisait partie du village", commente également Magali, auxiliaire de vie. Il est vrai que Jean-Marie Rosier a toujours vécu à Aramon. Il est né le 20 juin 1950 dans une famille d'agriculteurs établie dans le village depuis le XIXe siècle. Il est toujours resté très attaché à ses valeurs terriennes et à son terroir.

La culture bouvine chevillée au corps, il a d'ailleurs été un brillant raseteur dans sa jeunesse.  Surnommé "Cacache", ce qu’il aimait par-dessous tout était le toca manete littéralement "toucher les mains", un geste très caractéristique des personnes à grande chaleur humaine naturelle. "Humain" est d’ailleurs le mot qui revient unanimement dans la bouche de tous ceux qui l’ont côtoyé, de près ou de loin, depuis peu ou depuis toujours.

"Ce n'était pas que le maire, il était plus que cela"

Il a exercé comme cuisinier à la maison de retraite d’Aramon et aimait partager autour de la bonne chère. Homme de dialogue et d'ouverture, il aimait plaisanter et portait en lui cette bonhommie qui le rendait proche de tous. Il a toujours eu le souci des personnes seules et isolées, âgées ou handicapées.

Cette personnalité l'a amené à intégrer le conseil municipal. Pas étonnant quand on sait que dès 5 ans, il assistait déjà à son premier dépouillement un soir d'élection. La première fois qu'il a été élu adjoint, c'était en 1989, sous Pierre Ramel. Plus de 30 ans plus tard, il était toujours là. Il s'est dévoué sans relâche à sa ville et a toujours œuvré pour le bien de ses administrés et pour mettre en valeur Aramon. Il a travaillé aux côtés de trois maires. D'abord conseiller municipal, il a été ensuite l'adjoint de Pierre Ramel, de 1989 à 2000, puis adjoint de Jean Mahieu de 2001 à 2008 avant de travailler aux côtés de Michel Pronesti de 2008 à 2020 dont il a été premier adjoint.

En 2020, il a été élu maire de la commune. "Ce n'était pas que le maire, il était plus que cela", lâche avec émotion Delphine, la gérante du tabac du Planet. Jean-Marie Rosier était un homme qui tenait énormément au service public. Avec l'équipe municipale, il avait porté récemment une pétition pour maintenir les horaires d'ouverture de La Poste du village.

Un homme profondément de gauche

Profondément de gauche, c’est son grand-père Clément, un radical de gauche, qui l’a initié à ces valeurs humanistes et socialistes. Il lui rendait d’ailleurs hommage il y a quelques jours encore : "C’était un brave homme, son prénom lui allait comme un gant", disait-il. Encore hier soir, Jean-Marie Rosier commentait par SMS les résultats du 1er tour de l'élection présidentielle. Horrifié de constater que Marine Le Pen était en tête et qu'Éric Zemmour atteigne les 12,53% dans sa commune. "À 22h-23h, on échangeait par SMS et le matin, on a appris la nouvelle. C'est la sidération...", relate l'adjointe Anne Chartier.

Jean-Marie Rosier laisse derrière lui son épouse Lydie, sa fille Amandine, sa petite-fille Lucie et tout un entourage. Dans le paysage politique local, son décès a aussi suscité beaucoup d'émotion. Et même au-delà... La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, salue la mémoire de cet "homme de valeurs qui mettait toute son énergie au service des autres", avec qui, elle avait en commun "l’amour du territoire, de la ruralité, la volonté d’être dans le faire et la proximité avec les gens". Jean-Marie Rosier figurait d'ailleurs en clôture de sa liste gardoise pour les dernières élections régionales.

Les obsèques religieuses de Jean-Marie Rosier auront lieu ce mercredi 13 avril, à 15h, à l'église d'Aramon, suivies de l'inhumation au vieux cimetière de la commune. Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire de Montfrin. Un livre de condoléances est également ouvert à l'hôtel de ville d'Aramon.

Marie Meunier

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