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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 01.09.2021 - marie-meunier - 4 min  - vu 1010 fois

FAIT DU JOUR À Bagnols, la clinique vétérinaire de la Croix Bleue est à la pointe du soin

Une séance avec ce nouveau procédé de biomodulation par luminescence dure un quart d'heure. Le temps de préparer l'animal, de lui appliquer le gel, de propulser la lumière et de nettoyer la plaie. Les résultats sont très efficaces sur les problèmes dermatologiques des animaux. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Les docteurs Gilles et Roblin sont tous les deux vétérinaires référés en dermatologie. Depuis juillet, la clinique est dotée d'un nouvel appareil de pointe destiné à traiter les problèmes de peau chez les chiens. (photo clinique vétérinaire de la Croix Bleue)

Depuis juillet, la clinique vétérinaire de la Croix Bleue de Bagnols/Cèze est équipée d'un tout nouveau matériel de pointe soignant les troubles dermatologiques chez les chiens et les chats. Il s'agit d'une lampe à lumière bleue qui va traiter les lésions sur la peau de l'animal. Le tout en quelques séances d'un quart d'heure, sans anesthésie et surtout sans douleur.

Ce procédé révolutionnaire de biomodulation par fluorescence se nomme Phovia. L'appareil de bioluminescence projette quatre longueurs d'ondes pour traiter au mieux la pathologie : limiter le processus inflammatoire, agir sur le processus de cicatrisation, réduire les rougeurs et stimuler la circulation sanguine, augmenter la production de collagène... "On l'utilise sur des cas complexes qu'on traitait jusqu'à présent avec des traitements lourds au résultat aléatoire", explique David Gilles, un des trois vétérinaires associés de la clinique bagnolaise.

Moins d'une dizaine de structures vétérinaires disposent de ce nouveau procédé en France. "Les résultats sont vraiment intéressants. On l'a testé sur une douzaine de cas à la clinique. 3/4 d'entre eux ont été effectués sans autre traitement", poursuit le vétérinaire. En général, entre 4 et 6 séances sont nécessaires pour soigner l'animal. La plupart des cas sont des chiens souffrant de hotspots (des inflammations graves sur le côté du corps), de pododermatites entre les doigts ou d'infections à la queue.

La dermatologie, le motif n°1 de consultation chez les vétérinaires

David Gilles poursuit : "Le traitement n'est pas douloureux et peut éviter le mélange de médicaments qui n'est pas bon pour le foie. En dermatologie, les maladies sont souvent compliquées à gérer. Dans certains cas, les chiens ne peuvent plus marcher car l'inflammation modifie toute la peau du coussinet. Ce n'est plus une vie. Avec ce procédé, on agit sur la cicatrisation et on modifie les tissus pour retrouver la forme initiale."

Il faut savoir que la dermatologie constitue le motif n°1 de consultation chez les vétérinaires. Une tendance qui s'accroît puisque les races de chiens à la mode, comme les bouledogues ou les labradors, sont particulièrement sujettes à ce type de problèmes. Cela vient de leur patrimoine génétique. "La dermatologie progresse énormément. On ne détecte pas de nouvelles maladies mais on en voit de plus en plus. Est-ce que c'est parce que les propriétaires d'animaux les signalent de plus en plus ou est-ce dû à l'environnement, à l'alimentation ? Difficile à dire."

La moitié des maladies seraient dû à des allergies. Alors le vétérinaire recommande de soigner l'alimentation de nos amis à quatre pattes : "Il faut bien se renseigner sur ses croquettes et bien choisir les sources de protéines apportées à l'animal. Il faut de la bonne qualité. Une bonne alimentation a un coût mais il faut savoir ce que l'on veut." Et si vous avez l'âme de cuistot, vous pouvez même concocter vous-même la ration ménagère de votre compagnon.

Depuis les différents confinements, les propriétaires sont encore plus aux petits soins avec leurs animaux

Néanmoins, le vétérinaire bagnolais remarque que les propriétaires "ont de plus en plus envie de soigner leurs animaux comme on les soignerait eux." Et le phénomène s'est encore amplifié pendant les confinements : "Ceux qui avaient des animaux s'en sont rapprochés pendant ces mois d'enfermement et ceux qui n'en avaient pas se sont parfois décidés à en adopter. Ils s'en occupent beaucoup plus et le considèrent souvent comme un membre de la famille à part entière. Dès qu'il y a quelque chose d'anormal, il s'en aperçoivent et nous appellent plus tôt."

Il faut savoir que l'établissement bagnolais est une clinique vétérinaire de référés. C'est-à-dire qu'elle reçoit les cas complexes envoyés par d'autres cabinets et cliniques du Gard et des environs. Cela peut être des chiens, des chats mais aussi des NAC (nouveaux animaux de compagnie) ou des animaux plus insolites (serpents, lézards, perroquets...). Grâce à son équipe de sept vétérinaires et à son équipement de pointe, la clinique de la Croix Bleue peut prendre en charge de nombreuses pathologies comme des fractures, des cancers... Parfois ils apparaissent comme l'intervention de la dernière chance pour les propriétaires.

Seule clinique du Gard à disposer d'un scanner

Il y a un peu plus d'un an et demi, la clinique a fait l'acquisition d'un scanner. C'est la seule du Gard à en disposer. "C'est un investissement d'une centaine de milliers d'euros. Mais c'était nécessaire pour continuer à grandir et à améliorer notre service", affirme David Gilles. Le scanner s'effectue sous anesthésie générale et permet de diagnostiquer avec précision une tumeur, une paralysie, une fracture complexe... L'étape est indispensable pour ensuite opérer l'animal dans de bonnes conditions.

Il y a un peu plus d'un an et demi, la clinique vétérinaire bagnolaise s'est dotée d'un scanner. C'est une étape primordiale pour ensuite soigner ou opérer un animal. Avant, les propriétaires devaient emmener leurs compagnons à quatre pattes jusqu'à Montpellier là où se trouvait le scanner le plus proche. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Avant cet achat, les animaux gardois malheureux étaient envoyés à Montpellier pour passer un scanner. Les temps d'attente étaient parfois trop longs pour les cas les plus graves. "Nos délais sont plus courts. Les animaux gagnent donc en espérance de vie. Dans le cas de certaines paralysies, on ne peut pas attendre. L'autre fois, on avait 48h pour opérer un chien. Trois jours après l'intervention, il marchait mais sans scanner ici, c'était foutu."

La clinique bagnolaise est donc à la pointe dans la chirurgie orthopédique et neurologique, dans l'ophtalmologie, dans le laser thérapeutique (pour l'arthrose et les douleurs chez les vieux chiens), dans l'échocardiographie et dans la cancérologie. "Cela nous oblige tout le temps à progresser, à nous former", se réjouit le vétérinaire associé.

La gestion de la douleur au coeur des préoccupations

Depuis 6-7 ans, la clinique fait aussi partie du réseau Capdouleur. Grâce à une fiche spécifique, les vétérinaires évaluent la douleur de l'animal et établissent un score selon plusieurs critères : expression, façon de se tenir, fréquence cardiaque... Un outil précieux car il n'est pas toujours facile de déceler la douleur chez certains animaux pas forcément expressifs. À partir de là, le traitement idoine est prescrit.

Au-delà du soin, le bien être animal fait partie des priorités des vétérinaires bagnolais. "On soigne de mieux en mieux, donc les animaux vieillissent de plus en plus et donc les douleurs apparaissent de plus en plus. [...] Depuis que l'on s'intéresse à la douleur, on a l'impression d'encore mieux soigner, d'être plus à l'écoute", affirme le vétérinaire. Dans la loi, le bien être animal progresse également, même s'il a fallu attendre 2018 pour que les textes reconnaissent que "les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité".

Marie Meunier

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