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Publié il y a 4 ans - Mise à jour le 16.02.2018 - thierry-allard - 3 min  - vu 793 fois

FAIT DU JOUR À Villeneuve, les collégiens en rose contre le harcèlement

700 000. C’est à peu de chose près la population du Gard. C’est aussi le nombre d’enfants et d’adolescents victimes chaque année de harcèlement scolaire en France.
Les élèves du collège du Mourion se sont réunis dans la cour pour le Pink Shirt Day (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

700 000. Un chiffre qui permet de prendre conscience de ce phénomène qui touche environ 6 % des élèves scolarisés dans notre pays. Et si une campagne nationale a été lancée sur le sujet par le ministère de l’Éducation nationale, localement des établissements ont choisi de prendre le taureau par les cornes.

Une initiative venue du Canada

C’est le cas du collège du Mourion, à Villeneuve. Depuis l’année dernière, l’établissement célèbre à la mi-février le Pink Shirt Day (le jour du tricot rose, traduit dans la langue de Molière) à l’initiative de la professeure d’anglais, Fanny Perignon, et sous la houlette du principal, Thierry Bruyère-Isnard. « L’histoire du Pink Shirt Day part du Canada en 2007, lorsqu’un élève qui est arrivé avec un polo rose s’est fait insulter et que les autres élèves n’ont pas réagi pour le défendre, raconte l’enseignante. Ils ont culpabilisé et ont décidé d’acheter des vêtements roses et de venir en classe avec pour soutenir leur camarade. » Une initiative qui a séduit Fanny Perignon et qu’elle a donc décidé d’importer dans son établissement en 2017, faisant du Mourion le premier collège de France à célébrer le Pink Shirt Day.

Cette année, c’était hier. Pour marquer le coup, tous les élèves et le personnel enseignant étaient appelés à venir en rose pour un rassemblement à l’heure de la récréation du matin. Un acte symbolique précédé d’un travail transversal centré principalement sur les élèves de classe de troisième et sur la classe de sixième, dont Fanny Perignon est la professeure principale. Ainsi, les élèves de 6e ont produit des poèmes acrostiches et ceux de 3e des affiches sur le thème du harcèlement scolaire. En tout, quatre professeurs d’anglais et deux professeurs d’espagnol ont participé au projet.

La professeure d'anglais Fanny Perignon, initiatrice de cette journée au collège du Mourion (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le harcèlement, il faut en parler

Parmi eux, la prof d’anglais Béatrice Roudil. « J’ai choisi de cibler principalement le harcèlement en rapport à la sexualité, explique l’enseignante. Avec ma classe de 3e, on a fait toute une séquence sur les stéréotypes, l’homophobie et tout ce qu’on peut faire pour lutter contre. » Le travail s’est étendu sur sept séances en tout, et se prolongera en cours de géographie où les élèves réaliseront une carte des pays où l’homosexualité est encore punie de nos jours. « Les élèves ont aussi pu réaliser que dans leur façon de s’exprimer, il y a parfois des propos homophobes », affirme Béatrice Roudil. Un travail qui sera poursuivi en mars, avec une intervention de l’association SOS Homophobie auprès de tous les élèves de 3e.

En attendant, ce travail sur le harcèlement scolaire « remue quand même certains élèves, notamment ceux qui sont victimes, note Fanny Perignon. Dans une de mes classes, j’ai eu une élève qui s’est mise à pleurer. On en a parlé et ça lui a fait du bien. » Il faut dire que l’enjeu est là : faire parler les enfants victimes de harcèlement et surtout « se tourner vers les adultes », insiste la professeure. Une enseignante qui rappelle que « si on n’est pas attentifs, les victimes le cachent, et si on ne fait pas de prévention, ils n’en parlent pas. »

Une des affiches réalisées par les élèves dans le cadre de la Pink Shirt Day (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

D’où l’utilité d’une action comme le Pink Shirt Day. Une action qui a réuni cette année un nombre croissant de professeurs et d’élèves, avec notamment l’implication des élèves du Conseil de vie collégienne : « petit à petit, on voit des élèves qui ont envie de s’impliquer et chacun apporte ses idées », souligne Fanny Perignon. De quoi rappeler aux enfants victimes de harcèlement scolaire qu’ils ne sont pas seuls.

Pour aller plus loin :

Le ministère de l’Éducation nationale a mis sur pied un site internet dédié au harcèlement scolaire, à consulter ici. Un service téléphonique est également disponible au 3020 (appel gratuit).

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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