Publié il y a 7 ans - Mise à jour le 19.11.2016 - tony-duret - 3 min  - vu 243 fois

FAIT DU JOUR Le Département se penche sur l’égalité hommes-femmes

Isabelle Fardoux-Jouve, conseillère départementale déléguée à la promotion de l’égalité et de la laïcité et également à la lutte contre les discriminations . - CC

Session extraordinaire pour une cause qui l’est tout autant et qui ne devrait pourtant pas l’être. Ce vendredi 18 novembre, l’assemblée départementale s’est réunie pour la présentation du rapport annuel sur la situation en matière d’égalité femmes-hommes dans le département.

A l’ouverture de cette session extraordinaire, en sa qualité de président du Département, Denis Bouad fixe le cap et résume la tâche qui l’attend en quelques mots : « il faut passer de l’égalité sur le papier à l’égalité dans les faits ». Tout est dit. Mais pour s’attaquer à ce vaste chantier, Denis Bouad, en bon chef de travaux, a voulu en connaître l’ampleur en demandant un rapport « sans complaisance » à Isabelle Fardoux-Jouve du groupe communiste.

S’il est effectivement sans complaisance, le rapport ne dresse pas un constat très brillant pour la gente féminine. Dans le Gard, tout d’abord, on retient surtout que dans le secteur privé, les femmes gagnent en moyenne 25% de moins que les hommes. A situation comparable, elles gagnent 9% de moins que les hommes contre 11% dans la fonction publique.

Au sein du conseil départemental du Gard qui comptait, au 31 décembre 2015, 3 166 agents dont 1 974 femmes (soit 62,3%) et 1 192 hommes (37,7%), on peut au moins dire que le personnel est majoritairement féminin. En revanche, elles sont essentiellement concentrées dans les filières sociales, administratives et techniques. Question salaire - question qui fâche - la rémunération brute moyenne des hommes est plus élevée que celle des femmes avec une différence mensuelle de 154€. Explication envisagée ? Les femmes exercent davantage leur activité à temps partiel. Si l’on inclut les primes, l’écart se creuse davantage et une femme gagnera, chaque mois, 247€ brut de moins qu’un homme.

De nouvelles orientations

Si tous les débats abordés au sein de l’assemblée départementale font rarement l’unanimité, celui de la parité a été salué par tous les groupes politiques. Ils ont tous convenu qu’il fallait réduire les inégalités, notamment professionnelles. Pour cela, le Département envisage de décliner des actions sur les rémunérations et les parcours professionnels ainsi que sur la promotion de la parité dans les actions de formation. Mais d’autres politiques sont activement menées par le Département comme sur les violences faites aux femmes.

Béatrice Bertrand, directrice du Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF), a dévoilé devant l’assemblée des chiffres qui font froid dans le dos : en France, chaque année, 216 000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques ou sexuelles et 14% d’entre elles déposent plainte. 84 000 femmes sont victimes de viol : 90% connaissent l’auteur. En 2015, 215 femmes sont mortes suite à des violences : 4 dans le Gard en 2013 et 3 l’année suivante…

Là encore, plusieurs actions sont menées dont une, récente, sur un dispositif de téléprotection grave danger. Il permet à une personne victime de violences conjugales ou d’un viol de joindre une plateforme d’assistance qui est, elle-même, reliée aux services de police et de gendarmerie. Un dispositif plus que nécessaire quand on sait que les forces de l’ordre ont enregistré 41% d’augmentation de mains courantes pour des violences conjugales entre 2009 et 2012.

Un long chemin à parcourir…

Après Béatrice Bertrand, un autre « grand témoin », Françoise Laurent-Perrigot livrera ses souvenirs dont son arrivée en 1981 au conseil général dans un univers exclusivement masculin. Elle conclura son intervention en indiquant qu’il « reste un long chemin à parcourir ». Quoi de mieux pour illustrer ce long chemin que ce bon mot de Françoise Giroud repris par une élue : « La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente ».

Tony Duret

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