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Publié il y a 10 mois - Mise à jour le 06.01.2022 - corentin-corger - 3 min  - vu 5696 fois

LE 7H50 Nathalie Montredon, présidente de Bioaxiome : "Des chiffres que l’on n’avait jamais vu auparavant"

Nathalie Montredon, présidente de Bioaxiome (Photo Bioaxiome)

Né en 2011 du regroupement de plusieurs laboratoires d’analyse médicale, le groupe nîmois Bioaxiome compte 550 collaborateurs répartis sur 37 sites dont quasiment la moitié dans le Gard. Avec la présence du variant Omicron, le nombre de tests actuellement réalisé n’a jamais été aussi important depuis le début de la pandémie. Nathalie Montredon, présidente de Bioaxiome et médecin biologiste de métier, fait le point et nous explique comment l’entreprise s’adapte face à cette hausse de l’activité.

Objectif Gard : Est-ce que le nombre de tests covid a augmenté en ce début d’année ?

Nathalie Montredon : Oui clairement, l’activité a beaucoup augmenté. Ce lundi, nous avons procédé à près de 8 800 tests covid sur l’ensemble de nos laboratoires. Ce sont des chiffres que l’on n’avait jamais vu auparavant depuis la pandémie. Sur le plateau technique, on est obligé de passer en travail de nuit pour analyser les doses. Nous ne devons pas rendre les résultats en plus de 24h donc pour tenir ce délai, on a mis en place une équipe de nuit. Notre personnel restait parfois jusqu’à 3h, 4h du matin et ne parvenait pas à analyser toutes les demandes en cours. Nous avons la chance d’avoir une super équipe avec des volontaires qui ont accepté de travailler la nuit. C’est beaucoup plus fluide et cela va continuer jusqu’à la fin de la crise sanitaire.

Comment explique-t-on une telle hausse de l’activité ?

On a le variant Omicron qui est moins virulent que le variant Delta mais très contagieux et plus facilement transmissible. On a des patients symptomatiques et beaucoup de cas contact vaccinés ou non vaccinés. La part des non vaccinés représente environ 15% de l’activité. Nous faisons aussi tous les jours du dépistage de masse dans les écoles et les Ehpad. Les clubs sportifs nous sollicitent également. Ce lundi, nous avons ouvert un super laboratoire route de Sauve qui réalise déjà plus de 200 analyses covid par jour.

Cela vous oblige t-il à rouvrir de nouveaux centres  ?

À Bagnols/Cèze, nous allons transformer un de nos deux laboratoires en centre uniquement réservé au covid. L’autre accueillera la patientèle pour l’activité dite de routine. Elle ne faut pas l’oublier car elle reste notre cœur de métier et est majoritaire. Elle représente 60% de notre activité contre 40% pour le covid. Sur nos laboratoires, lorsque nous le pouvons nous séparons les deux activités avec, quand c’est possible, deux entrées distinctes. On rouvre des centres de dépistage dans certains secteurs comme à Avignon. À Nîmes, le centre de dépistage des Costières est désormais ouvert sept jours sur sept. Ce dimanche matin entre 8h30 et 13h30, nous avons effectué plus de 300 dépistages. Nous gérons ce centre en partenariat avec Labosud et nous faisons entre 600 et 800 tests par jour actuellement.

"On ne peut pas prendre tous les appels"

Avez-vous suffisamment de personnel pour répondre à cette forte demande ?

La demande est très forte mais on a encore de la marge pour accueillir encore plus de patients. Je ne suis pas inquiet car notre personnel s’est remarquablement adapté depuis le début de la crise. Après comme les agents hospitaliers, ils sont fatigués. Dans l’ensemble, les équipes ont bien tenu le choc. On essaie de les encadrer au mieux pour supporter cette très forte augmentation d’activité qui dure depuis bientôt deux ans. Nous embauchons environ une trentaine d’assistantes administratives et de préleveurs chaque mois. Même si c’est difficile de recruter car ces postes entraînent pas mal de pression. La situation sanitaire est très anxiogène pour notre personnel mais aussi pour le patient qui veut ses résultats rapidement et qui est parfois agacé. Ce qui génère une forte pression sur l'ensemble de nos équipes. Nous avons notamment une très forte sollicitation de notre standard téléphonique avec des appels incessants de patients anxieux. On a énormément de mal à lutter contre la saturation téléphonique. On ne peut pas prendre tous les appels.

Savez-vous jusqu’à quand ce pic d’activité va se poursuivre ?

Nous prévoyons encore un bon mois d’activité entre 7 000 et 8 000 tests covid par jour. Avec les gens contaminés au moment des fêtes et les cas contact, cela va durer jusqu’à fin janvier. On devrait également assister à un démarrage dans les écoles vers mi-janvier. Et puis il y a le nouveau protocole avec la possibilité, pour les personnes vaccinées, de sortir de l'isolement au bout de cinq jours au lieu de sept en cas de test négatif. Ensuite, il y aura un creux. Reste à savoir s’il y aura un rebond. Tant que tout le monde ne sera pas vacciné, on n'atteindra pas cette immunité collective. Nous risquons de vivre avec le covid encore pas mal de temps.

Propos recueillis par Corentin Corger

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