À trois jours du premier tour, les dés sont pratiquement jetés. Qui remplacera le maire (LR) de Nîmes, Jean-Paul Fournier, après 25 ans de règne ? Ce jeudi soir, la liste L’Avenir nîmois, conduite par l’ancien premier adjoint Julien Plantier, a clos la série des réunions publiques organisées avant le scrutin de dimanche. Dans la halle des sports, autour de 700 personnes sont venues soutenir l’équipe. La liste regroupe des partisans de Julien Plantier ainsi que de ceux de Valérie Rouverand, présidente de Renaissance dans le Gard. « Avec Julien, nous avons fait un choix inédit, audacieux », martèle la Nîmoise qui se félicite « d’avoir organisé la seule vraie union de la droite et du centre. »
Dolorès-Orlay Moureau fend les armures
Avant le discours de la tête de liste, plusieurs colistiers se sont exprimés. Nouveau visage de la politique en 2020, Dolorès-Orlay Moureau, numéro 12 sur la liste, a donné du sens à son engagement. Évincée de la majorité pour son soutien à Julien Plantier, l’ex-adjointe à la Santé insiste : « Aucun politique ne nous a faits ! Nous sommes tous des filles et fils de ceux qui nous ont élevés. Moi, je suis la fille d’un père artisan martiniquais qui avait pour idole Charles de Gaulle. Il m’a élevée seule. Quand, à 20 ans, je me suis retrouvée seule en métropole, je me suis construite avec ses valeurs que sont le respect, la loyauté… »
Ces confidences personnelles se sont prolongées lorsque Dolorès-Orlay Moureau s’est faite la laudatrice de Julien Plantier, parfois qualifié de « hautain » : « C’est un homme réservé. C’est une carapace, protectrice et nécessaire, qui l’a peut-être sauvé du cynisme de cette campagne. Si l’engagement et la détermination avaient un nom, ils s’appelleraient Julien Plantier. » L’éloge s’est ensuite étendu à Valérie Rouverand : « Notre union a été décisive pour notre campagne. Je te savais compétente, tenace… Toi, petit bout de femme, tu tenais tête à ces messieurs. » Après les compliments, place aux attaques contre les adversaires.
Les rivaux en prennent pour leur grade
À l’attention du candidat insoumis, Pascal Dupretz, Dolorès-Orlay Moureau cogne : « Il veut désarmer la police municipale, séparer les hommes et les femmes… Non, de cela nous n’en voulons pas ! Pas de cette idéologie du tout gratuit, de l’assistanat, de la perfusion aux aides sociales ! » Julien Devèze, numéro 3 et ex-directeur de cabinet du président de Nîmes métropole, Yvan Lachaud — présent dans la salle — tacle : « Vincent Bouget (candidat Nîmes en commun), qui se dit le chantre de l’écoute, n’a pas une ligne sur la manière de concerter les Nîmois dans son programme ! » Le numéro 5, Xavier Douais, enfoncera le clou, rappelant au passage que « notre liste est la seule à avoir proposé un programme chiffré. »
Le slogan du candidat RN, Julien Sanchez, « fier d’être Nîmois », a été largement commenté par Fanny Rouveret, numéro 10 : « Ils étaient où, ceux qui étaient si fiers d’être Nîmois quand les Crocos jouaient aux Costières ? Quand nous nous battions pour faire savoir que la toile de jean était originaire de Nîmes ? À Beaucaire ! ». Quant à Franck Proust, candidat LR, Julien Plantier s’est en visiblement personnellement occupé, adressant un message à son ancien allié : « On a tenté de me faire passer pour le traître, l’arrogant… Non Franck Proust, je n’ai pas trahi, j’ai agi. Nîmes mérite un maire à plein temps. La politique a changé. Je crois à un partage de responsabilité. Quand une seule personne veut tout diriger, ce ne sont plus les élus qui décident mais les services ! »
Enfin, Julien Plantier s’affirme : « Cela fait 20 ans que j’ai l’honneur de servir ma ville, vingt ans d’engagement, de travail. Je suis né ici, j’ai grandi ici. J’ai construit ma vie et ma famille ici. Avec Valérie, nous avons construit une équipe solide, profondément attachée à leur ville. Une mairie n’est pas un trône mais une responsabilité. » Et à Valérie Rouverand de rappeler à son tour, s’adressant à l’assistance : « Dans deux jours, un bulletin, une voix : c’est le geste le plus important d’une démocratie. C’est le premier mot d’un nouveau chapitre de l’histoire de notre ville. »