Un collectif d’enseignants du lycée Daudet à Nîmes alerte sur la situation de Saïda Karim, élève de première, dont la famille est visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Olivia Garcia, enseignante en espagnol et porte-parole de ses professeurs, demande la régularisation de sa situation et annonce vouloir solliciter une audience auprès du préfet du Gard.
Décision contestée
La décision est tombée le mois dernier. Saïda, sa mère et son petit frère, arrivés en France en janvier 2023, ont vu leur demande de renouvellement de titre de séjour rejetée. Au lycée Daudet, plusieurs enseignants et élèves se sont réunis ce jeudi 12 mars afin de tenter de faire entendre leur voix. Leur objectif ? Obtenir que la situation de leur élève soit réexaminée. Dans un courrier, le collectif explique vouloir attirer l’attention des autorités sur « la situation préoccupante d’une de nos élèves, Saïda Karim ».
Arrivée en France il y a un peu plus de trois ans, la jeune fille est scolarisée au lycée Daudet depuis septembre 2024. Aujourd’hui en classe de première générale, elle suit le cursus Abibac, une section bilingue qui permet d’obtenir à la fois le baccalauréat français et allemand.
Situation familiale fragile
Ses enseignants parlent d’une élève très investie. Dans cette section exigeante, ses résultats sont jugés excellents. Annette Nogarède, professeure d’histoire-géographie, souligne les « progrès fulgurants » de son élève. Emmanuel Bois, professeur de physique-chimie, évoque lui aussi une élève particulièrement sérieuse. Carol Viau, professeure d’allemand, fait également partie des enseignants mobilisés. Saïda parle six langues et voudrait poursuivre ses études en France. Elle souhaite devenir médecin. « Ma mère est stressée, elle travaille quand elle peut, mais c’est difficile puisqu’elle ne parle pas la langue », confie la lycéenne.
La situation familiale attire également l’attention des enseignants. Saïda vit avec sa mère, qui élève seule ses enfants, et son petit frère Ramal, polyhandicapé. Celui-ci est scolarisé à l’IME La Cigale et nécessite des soins spécifiques. La famille a quitté l’Azerbaïdjan en 2019 afin de fuir les violences du père. Elle a d’abord trouvé refuge en Allemagne avant la France.
Mobilisés
Malgré les efforts d’intégration engagés depuis leur arrivée, l’autorisation provisoire de séjour n’a pas été prolongée. L’expulsion administrative pourrait intervenir dès ce jeudi 12 mars. Les enseignants dénoncent une décision qu’ils estiment injuste. Selon eux, l’expulsion viendrait interrompre une scolarité déjà bien engagée dans une filière particulièrement exigeante.
Le collectif a annoncé vouloir demander une audience au préfet du Gard afin de plaider la cause de leur élève. À l’initiative d’une camarade de classe de Saïda, une pétition intitulée « Ne brisons pas l’avenir de Saïda et de son frère Ramal. Stop à l’expulsion de la famille » a été lancée sur internet. Elle a déjà recueilli plus de 1 400 signatures.
La pétition est accessible ici.