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Publié il y a 2 mois - Mise à jour le 09.12.2023 - Louis Valat - 3 min  - vu 317 fois

ALÈS Gilles Roumieux et ses élèves font face à l'assassinat de Dominique Bernard

Gilles Roumieux

Après "Touche pas à mon professeur", "Touche pas à mon camarade", en avril sera dévoilé "Touche pas à mon école".

- Photo Gilles Roumieux / Instagram

Gilles Roumieux, transcende sa fonction de professeur d'histoire-géographie en luttant activement contre le racisme, le harcèlement scolaire et les atteintes à la démocratie. De ses différents projets précédents à ses brochures qui poussent à la réflexion, il porte la voix des élèves qui se questionnent plus que jamais sur la liberté, la laïcité et le sens profond de l'école.

Vous l'avez probablement déjà vu à la télévision. En cette journée consacrée à la laïcité, comment ne pas mettre à l'honneur Gilles Roumieux, professeur d'histoire-géographie au collège Jean Racine, dont l'engagement inflexible contre l'obscurantisme se concrétise à travers des initiatives, des actions claires. Investit depuis plusieurs années dans différents projets, de la préparation aux concours national de la résistance et de la déportation aux voyages scolaires sur des lieux de mémoire en passant par des expositions sur les mêmes thèmes, Gilles Roumieux lutte contre les inégalités, les injustices comme le racisme, l'antisémitisme et toutes autres formes de discriminations.

Il y a deux ans, en 2021, suite à l'assassinat de Samuel Paty, Gilles Roumieux a publié "Touche pas à mon professeur" en réponse immédiate à la barbarie. Ce recueil, préfacé par Mickaëlle Paty, la sœur de Samuel, regroupait paroles et réflexions d'adolescents, ces jeunes qui s'interrogent sur les concepts de démocratie, laïcité et liberté. L'ouvrage a été honoré au plan national par le Prix de l'initiative laïque 2021. L'année suivante, en 2022, tandis que le député Patrice Anato, d'origine togolaise, recevait une lettre anonyme remplie d'insanités à caractère raciste, le professeur d'histoire-géographie a récidivé en soumettant plusieurs questions à ses élèves de 3e. Une nouvelle fois, leurs écrits, profonds et spontanés, ont été compilés pour former une brochure d'une cinquantaine de pages, baptisée "Touche pas à ma démocratie".

Après avoir défendu les professeurs et la démocratie, le quinquagénaire engagé apprend en août 2022 la tragique mort de Jonathan Destin, victime de harcèlement scolaire. Profondément touché, il fait une nouvelle fois le choix du dépassement de fonction et s'engage, cette fois-ci, dans la sensibilisation contre ce fléau qu'est le harcèlement scolaire avec "Touche pas à mon camarade". 

Exposition "Touche pas à mon camarade"

L'exposition, en noir et blanc, des portraits des élèves de 3e du collège Racine à Alès apparaissait du 19 novembre au 3 décembre dernier à l'espace Galerie. Elle sera désormais accueillie tout le mois de décembre à la médiathèque Simone Veil de Vauvert, et à compter du mois de février 2024 au Cratère à Alès et au Carré d'Art de Nîmes.

"Touche pas à mon école", en réponse à l'assassinat de Dominique Bernard

Cette année, alors qu'un nouveau drame s'est déroulé à Arras le 13 octobre dernier, avec l'assassinat de Dominique Bernard, l'enseignant repart au front. "Je ne pouvais pas rester sans rien faire", avoue-t-il en expliquant son nouveau projet prévu pour avril prochain s'intitulant : "Touche pas à mon école".
Cette brochure apparaît, cette fois, comme une réflexion profonde sur le rôle que doit jouer l'école dans la société selon les élèves, sur la liberté d'expression au sein d'une classe, sur le principe de laïcité, sur le rôle d'un professeur ou encore sur le sentiment, presque à chaud, de ces jeunes collégiens suite à l'assassinat de Dominique Bernard, trois ans après celui de Samuel Paty.

En tant que professeur, je ne pouvais pas rester sans rien faire, sur un plan éthique

Gilles Roumieux, suite à l'assassinat de Dominique Bernard


"Le but de cette brochure, était de leur montrer que ceux qui assassinent un professeur, assassinent aussi la démocratie, assassinent la liberté de la parole, ils assassinent le fait de permettre aux élèves d'être les acteurs de leur vie, de vivre de leur propre choix. Souterrainement, à l'école, nous construisons des personnes qui doivent s'affranchir de toutes les manipulations et qui doivent conduire leur vie par eux-mêmes et penser par eux-mêmes. C'est ça le sens de l'école, le sens de la liberté aussi", martèle Gilles Roumieux.

La laïcité, contrairement à ses détracteurs, n'est pas un principe qui oppose, mais au contraire un principe de conciliation, de protection et qui permet à chacun de donner son avis, d'être entendu, dans les limites des lois de la République

Gilles Roumieux

Un combat qui, une nouvelle fois, sensibilise en portant la voix des élèves de 3e dans une brochure qui, dans le cadre de la Journée de la laïcité ce samedi 9 décembre, était consultable hier, au lycée Jean-Baptiste Dumas d'Alès. Ce n'est qu'au printemps, en avril prochain, que le projet préfacé une nouvelle fois par Mickaëlle Paty, soeur de Samuel, verra le jour, les élèves ayant déjà répondu aux questions. Avec pourquoi pas, comme ambition, de se retrouver une nouvelle fois avec ses élèves à l'Assemblée nationale, comme en 2021, pour recevoir le prix de l'initiative de la laïcité 2023 ?

Louis Valat

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