Publié il y a 10 ans - Mise à jour le 11.06.2014 - eloise-levesque - 2 min  - vu 217 fois

ALÈS Le Cratère interpelle le public sur l'avenir des intermittents

Les intermittents du Printemps des comédiens présents hier soir à Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Le Cratère devait présenter sa prochaine saison hier soir à Alès. Mais la direction a profité d'un parterre rempli jusqu'au dernier siège pour appeler à la mobilisation et au soutien des intermittents, qui se mobilisent actuellement contre accord remettant en cause leur statut.

Les Alésiens, comme chaque année, s'étaient déplacés en nombre hier soir au Cratère pour la traditionnelle présentation de la nouvelle saison artistique. Mais cet année, exit metteurs en scène et autres chorégraphes en proie à convaincre un public souvent passionné. Car 2014-2015 s'annonce sous des auspices difficiles pour les intermittents sans qui cette future saison n'aura pas lieu.

Denis Lafaurie, directeur du Cratère a donc choisi, exceptionnellement, une autre forme de publicité hier soir, prenant à témoins ses confrères, les institutionnels, les Alésiens, et surtout une quinzaine d'intermittents du spectacle ayant fait le voyage de Montpellier pour faire entendre leur voix.

Suite à l'accord du 22 mars dernier entre le Medef, FO et la CFDT, le cumul entre le salaire et les indemnités chômage des intermittents sera plafonné ; les cotisations sociales seront augmentées de deux points – ce qui équivaut selon la CGT spectacle à une perte de salaire net de 0,7 % à 0,8 % ; et, surtout, le différé (le délai de carence entre la perception des derniers revenus et le versement des allocations-chômage), qui retarde l’ouverture des droits au chômage, concernera désormais près de la moitié des allocataires (contre 9 % actuellement). "Il ne faut pas que ça arrive. Les enjeux sont culturel et socio-économiques. On fait passer les intermittents, techniciens, comédiens, danseurs, musiciens, cintriers, comme des privilégiés. Mais leur salaire moyen est de 708€ par mois. La culture est un service public", a martelé hier soir le directeur du Cratère. Et de préciser les retombées économiques de la culture : "Chaque année, 25 millions d'€ tombent sur Avignon grâce au festival. Cet argent ne tombe pas dans les poches des artistes".

Alors que le Printemps des comédiens est actuellement en grève ininterrompue, le directeur a fait un appel au don, rappelant que "ces personnes sont privées de leur salaire en ce moment". Les artistes présents ont pris la parole, appelant à une grève générale de la profession.

Le prochain mouvement devrait avoir lieu à Avignon les 2 et 3 juillet prochain, à la veille du festival. Selon Le Monde, la menace de la grève pèse sur la ville. Après une réunion avec le nouveau directeur du festival, Olivier Py, ainsi qu'avec la nouvelle maire socialiste, Cécile Helle, le syndicat CGT et la Coordination des intermittents et précaires (CIP), le mot de grève a été lâché, comme ce fut le cas en 2003.

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Eloïse Levesque

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