Pour cette édition, le festival investit un lieu inédit : le Cratère Éphémère, construit en seulement quatre mois grâce à la collaboration entre la Scène nationale d’Alès, Alès Agglomération et de nombreux prestataires. Olivier Lataste, directeur du Cratère, a salué « un travail acharné » pour offrir aux festivaliers une salle à la hauteur des ambitions artistiques d’Itinérances. Ce lieu temporaire, né de la nécessité de maintenir une programmation culturelle pendant les 18 mois de rénovation du Cratère historique, incarne aussi la volonté de « ne pas interrompre le dialogue avec le public », a-t-il souligné.
Hommages et transmission
La soirée a été marquée par un vibrant hommage à Catherine Augé, figure historique du festival disparue récemment. Clément Amouroux, délégué général adjoint en charge du jeune public, a rappelé son engagement inlassable pour l’éducation à l’image, évoquant « des dizaines de milliers de jeunes » qu’elle a accompagnés vers le 7e art. « Son héritage est notre boussole », a-t-il déclaré, sous les applaudissements d’une salle émue.
Dans un contexte politique tendu, à deux jours du second tour des municipales, les organisateurs ont tenu à rappeler l’importance de la culture comme rempart contre les replis identitaires. Chantal Pichon, vice-présidente du festival, a alerté sur les « menaces réelles » pesant sur le secteur, citant les attaques contre le CNC et les budgets culturels. « La culture est une fenêtre ouverte sur le monde, un geste inclusif », a-t-elle affirmé, appelant les citoyens à « mesurer à quel point elle pourrait être en danger ».
Patrick Malavieille, vice-président du département du Gard, a enfoncé le clou : « Nous soutenons les artistes et les acteurs culturels parce qu’ils nourrissent les consciences. Face aux marées brunes qui grignotent nos territoires, la culture est un rempart. » Un message relayé par Christophe Rivenq, maire d’Alès, pour qui le festival est « un symbole de ce que la culture peut apporter à une ville : du lien, de l’émerveillement, et une ouverture sur le monde ».
Une programmation féminine et internationale
Antoine Leclerc, délégué général, a dévoilé les grandes lignes d’une édition « très féminine », avec des avant-premières signées par des réalisatrices (Carla Simón, Claire Simon, Yolande Moreau) et une rétrospective dédiée au cinéma japonais. Parmi les temps forts : la venue de Hiam Abbass, actrice et réalisatrice palestinienne, pour un spectacle sur Georges Semprun, ou encore la présentation du premier film de Juliette Binoche en tant que réalisatrice.
Le festival mise aussi sur la décentralisation, avec des projections à Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix et Bagnols-sur-Cèze, où une quarantaine d’avant-premières seront proposées. Une façon de « sortir des fauteuils » et d’aller à la rencontre de tous les publics, comme l’a rappelé Chantal Pichon.
La soirée s’est clôturée avec la projection de L’Illusion de Yakushima, de Naomi Kawase. Un choix symbolique pour une édition qui promet d’être « un voyage entre les rives de la Méditerranée, du Japon, et entre les disciplines artistiques », selon Antoine Leclerc.
Prochains rendez-vous
Lundi 23 mars : Avant-première de Pour le meilleur en présence de Marie Mion et Philippe Croizon (Cinéplanet).
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Mardi 24 mars : Soirée « La Méditerranée dans un fauteuil » avec des réalisateurs algériens émergents (Médiathèque).
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Dimanche 29 mars : Clôture avec la remise du Prix Itinérance à Yolande Moreau et la projection du film de Juliette Binoche.
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Billetterie et passes disponibles sur www.itinerances.fr
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Lieu principal : Cratère Éphémère, Cinéplanet, Place des Martyrs, Alès.