Et ce « en écho à la Journée internationale des droits des femmes » du 8 mars, précise-t-il. Pour ce faire, Grisbi a donné la parole à Margot Vaquié, cheffe de service au sein de l’association Riposte, qui œuvre notamment à la protection et à l’accompagnement des femmes victimes de violences. L’occasion pour elle de décrire « des signaux d’alerte » qui doivent interpeller notamment au sein des entreprises.
« Souvent, une personne victime s’isole, se replie sur elle-même, est en état d’anxiété, d’hypervigilance, subit des appels et des messages incessants, présente des blessures répétées avec des explications floues », énumère Margot Vaquié. Face à cela, « il faut être dans une posture prudente, bienveillante, non intrusive, exprimer des inquiétudes factuelles, ne pas juger, respecter le rythme de la personne », conseille la spécialiste. L’entourage, notamment professionnel, peut alors « orienter vers la médecine du travail, le numéro national d’écoute des victimes de violences, le 3919, la Maison de justice et du droit. » Tout en veillant à « ne pas rompre la confidentialité ».
La sensibilisation faisant partie des missions de Riposte, l’association se propose de « venir sensibiliser les équipes » dans les entreprises. Et préconise des mesures simples : afficher des informations pour les femmes victimes de violences dans les toilettes pour femmes des entreprises, mettre en place un référent formé et, avant tout, « encourager une culture de vigilance », en combattant notamment les remarques sexistes. « Cette question ne concerne pas uniquement la sphère privée, elle nous concerne tous », affirme Margot Vaquié.
Grisbi a ensuite remis, par le biais de son pilier solidarité, une année de kits literie à Riposte. Des kits fournis par l’entreprise bagnolaise Espace literie, composés d’un oreiller ou encore d’une couette, remis à chaque personne accueillie dans le cadre de relogements pour violences conjugales par l’association, « une vingtaine de personnes par an », précise Margot Vaquié, des femmes pour l’écrasante majorité.
La plénière s’est achevée par le témoignage poignant de Delphine Martinez, membre du CA de Grisbi, elle-même victime de violences conjugales par le passé. « J’ai été l’une d’entre elles », lancera-t-elle à une salle émue. Aujourd’hui cheffe d’entreprise, elle a su s’en relever et ainsi montrer qu’une vie est possible après les violences. À condition de rester en vie : en 2025, 164 féminicides ont été dénombrés par Nous Toutes. Et dans le Gard, 1 740 personnes ont été victimes de violences conjugales en 2025.
Et aussi
La lutte contre les violences faites aux femmes passe aussi par… les assurances habitation. L’agent général AXA de Bagnols Yannick Jódar a pris la parole pour présenter la mesure prise en 2025 par l’assureur dans ses contrats d’assurance habitation : « pour le relogement, les conditions sont soit l’incendie, soit l’inondation, mais nous avons choisi de rajouter dans nos conditions générales les violences conjugales pour pouvoir reloger les victimes de manière urgente. » Les petites lignes des contrats d’assurance peuvent donc aussi cacher de grandes avancées.