Fondé en 1963, le Planning familial du Gard est une association féministe et d’éducation populaire, portée par une soixantaine d’adhérents et une vingtaine de bénévoles actifs. « Beaucoup de gens pensent que nous sommes une institution publique, alors que nous sommes une association loi 1901, entièrement dépendante des subventions et du bénévolat », rappelle Cécile Corbin, co-présidente. En 2025, l’association a réalisé 287 entretiens individuels (en présentiel et par téléphone) et sensibilisé plus de 3 000 personnes, principalement des jeunes, via des interventions en milieu scolaire et des ateliers thématiques.
Des actions variées, un public diversifié
Les missions du Planning familial sont multiples : les permanences d’accueil, les groupes de parole, les ateliers sur la précarité menstruelle ou encore les formations à destination des professionnels du médico-social. « Nous intervenons sur tout le Gard, à Alès, Nîmes et Le Vigan, avec une attention particulière pour les publics jeunes et LGBTQIA+ », explique Maud Bousquet, coordinatrice et conseillère conjugale et familiale. L’association est aussi un lieu ressource pour les victimes de violences, les personnes en questionnement sur leur identité de genre ou encore les parents et adolescents en quête d’informations sur la contraception ou l’IVG.
Un contexte difficile, des défis persistants
Malgré son ancrage local et son expertise, l’association fait face à des difficultés croissantes : baisse des subventions, précarité du monde associatif, et montée des discours masculinistes et des violences en ligne. « On a l’impression d’atteindre un plateau. La question n’est plus de savoir si on va pouvoir embaucher une troisième personne, mais si on va pouvoir maintenir nos deux salariées actuelles », confie Cécile Corbin. Un constat partagé par les élus régionaux, qui soulignent l’importance de soutenir ces structures de proximité, « surtout à l’heure où les reculs en matière d’égalité et de droits des femmes sont une réalité, le travail et le respect de la femme ce n'est pas un acquis », comme l’a rappelé Aurélie Genolher.
Pour la région Occitanie, cette visite s’inscrit dans une démarche de terrain, visant à mettre en lumière le travail des associations locales. « Nous avons fait le choix de nous déplacer, plutôt que d’envoyer des lettres. C’est une façon de montrer que la Région est utile, concrète, et à l’écoute des réalités du territoire. Le planning familial dans le mois de l'égalité qui arrive, ça a du sens », explique Jean-Luc Gibelin. La subvention de 5 000 €, bien que modeste, a été votée en commission permanente le vendredi 20 février dernier, elle permettra de cofinancer des permanences, des groupes de parole et des ateliers, tout en soutenant la formation des bénévoles – une formation de 160 heures, obligatoire pour intervenir sur le terrain.
Vers une meilleure articulation avec les centres de santé
Un autre enjeu soulevé lors de cette visite : la nécessité de renforcer les liens entre le Planning familial et les centres de santé sexuelle du département, afin d’améliorer l’orientation des publics et la complémentarité des actions. « Il y a une méconnaissance de nos missions. Beaucoup pensent que nous réalisons des IVG, alors que nous informons et orientons. Il faut clarifier cela, notamment auprès des professionnels de santé », insiste Cécile Corbin.
Alors que les violences sexistes et les discours de haine gagnent du terrain, notamment sur les réseaux sociaux, le Planning familial du Gard rappelle son rôle essentiel : écouter, informer, et accompagner vers l’autonomie. « On fait de l'écoute active, on est là pour briser l’isolement, pour dire que les droits sexuels et reproductifs ne sont pas négociables, et pour rappeler que l’égalité est un combat de tous les jours », conclut Maud Bousquet.