Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.06.2026 - Rose Macauley - 2 min  - vu 57 fois

AU PALAIS À 72 ans, il troque anti-douleurs contre stupéfiants

Les plants retrouvés chez le prévenu serviraient à son usage personnel. 

- Photos d'illustration - DR

L’usage de stupéfiants ne semble pas réservé à de jeunes fêtards ou aux membres de réseaux organisés. André, un septuagénaire aux problèmes d’articulations, comparaît une deuxième fois pour ces faits.

La sagesse ne vient pas nécessairement avec l’âge. C’est ce que démontre le septuagénaire d’apparence frêle qui comparaît ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Debout à la barre, vêtu d’une chemise à motifs bleus, il est jugé pour usage et détention de stupéfiants, en récidive. Dénoncé anonymement pour de prétendus mauvais traitements sur plusieurs chats dont il aurait la garde, André a eu la visite des gendarmes à son domicile de Sommières le 20 octobre dernier. Du côté des animaux, tout va bien. Ce sont plutôt les plantes qui interrogent les gendarmes. Deux pieds de cannabis sont tranquillement en train de sécher dans l’appartement du retraité. Interrogé sur la présence de cette plante dans son domicile, il s’explique : « J’ai beaucoup de douleurs et c’est une plante qui agit très bien pour ça », rappelant être atteint d’arthrose, notamment.

D’autant que le septuagénaire a ajouté ne pas supporter les antidouleurs tels que les opiacés, se tournant davantage vers les remèdes naturels. « Je préfère les plantes », dit-il au tribunal, assurant que les plants retrouvés sont alors destinés à son usage personnel. « Il n’existe pas d’autorisation à consommer des drogues à des fins thérapeutiques », souligne le procureur de la République. « Si vous aviez quelques années en moins, je n’aurais pas eu de scrupules à demander une peine ferme », ajoute-t-il. S’appuyant sur son état de récidive, mais aussi sur l’absence de présentation de documents prouvant ses affections de santé, le représentant du ministère public a requis 6 mois d’emprisonnement, intégralement assortis du sursis probatoire, avec une obligation de se soigner.

Aujourd’hui, le prévenu soutient avoir arrêté de consommer du cannabis : « Maintenant, je prends du CBD », explique-t-il. « On n’est pas sur un baron de la drogue », souligne son avocate face au tribunal, relatant simplement que son client souhaite « terminer sa vie tranquillement ». Concernant les faits de détention de stupéfiants, le prévenu a été relaxé. Tenant compte de son âge et de l’unique mention sur son casier judiciaire, le septuagénaire a été condamné à 200 jours-amende à 3 € pour les faits d’usage de stupéfiants. Concrètement, il va devoir payer 600 €. S’il n’effectue pas ce règlement, il sera incarcéré pendant 200 jours. De quoi motiver ce prévenu à réessayer les médicaments plus conventionnels...

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