Propriété de la Ville d'Arles, la voie ferrée désaffectée sera gommée du paysage, au bénéfice d'une voie verte, entre les Alyscamps et le pont Van Gogh. Soit un tracé de 2,3 kilomètres. Une opération, estimée à plus de 5 millions d'euros (*), qui se déroulera en deux phases. Après la dépose des rails et des traverses sur la totalité du parcours, en même temps que le dévoiement du réseau de la fibre optique dans les rues Mège, Marcel-Sembat et Gaspard-Monge ; débutera au printemps, l'aménagement d'une piste cyclable et d'une promenade piétonne en stabilisé, d'abord entre les Alyscamps et le boulevard Émile Zola, puis jusqu'au pont bleu de l'été à l'automne 2026. La deuxième portion, jusqu'au pont Van Gogh pour rejoindre la Via Rhôna - qui comprend également des travaux sur les réseaux d'eau et secs avenue Joseph-Imbert - devrait être lancée en 2027. L'aménagement d'une piste cyclable sur l'avenue Joseph-Imbert est également prévu, l'année suivante.
Les premiers bouts d'acier ont été déposés ce jeudi matin, en présence des élus de la ville d'Arles, au carrefour du boulevard Émile-Zola et de la rue Germaine Richier. Découpés en morceaux de 12 m, ces rails seront évacués vers Fos pour être revalorisés. Mais au-delà de la technique, détaillée par Mimoun Boukoulla, chef du service voiries à la ville d'Arles ; c'est la traversée du boulevard Émile-Zola, très fréquenté, qui interroge, et notamment Richard Vidal-Feuillerat, colistier de Nicolas Koukas, chef de file de "L'Union pour Arles". "Ça va être très accidentogène. Mélanger les voitures, les piétons, les vélos, c'est très délicat", a-t-il lâché.
Des plateaux traversants surélevés seront prévus afin de faciliter et sécuriser le croisement entre ces différents usagers. "Il y aura aussi des chicanes pour obliger les vélos à freiner et à attendre pour pouvoir traverser. Éventuellement, il y aura des infrastructures qui seront réalisées si, à terme, on devait avoir des flux exceptionnels, on peut même aménager des feux", a répondu Mimoun Boukoulla.
Plus de 15 000 habitants concernés
D'après les estimations de la ville d'Arles, cette voie verte qui passe à proximité de deux complexes sportifs (Fernand-Fournier et la Plaine des Sports), quatre groupes scolaires, deux lycées et un collège, s’adresse à un bassin de population de plus de 15 000 habitants. Elle contribuera à structurer une liaison entre plusieurs quartiers : le centre-ville, les Alyscamps, Chabourlet, Bigot, Barriol, Fourchon et Plan de Bourg. "L'objectif de cette voie verte, c'est qu'elle puisse drainer l'ensemble des rues et des pistes existantes sur toute sa longueur", insiste le chef du service voiries. Le projet prévoit des aménagements annexes : éclairages solaires à détection de présence, totems lumineux, mobiliers urbains et agrès. Ainsi que la plantation de 330 arbres et arbustes. Toutefois 88 devraient être supprimés.
Une estimation haute qui dépend notamment de l'avenir du pont de Bigot qui enjambe la rue Lucien-Guintoli. Faut-il le démolir ou pas ? Une question qui divise - et cela depuis le projet de requalification de la RN 113 - les résidents du boulevard Émile-Zola et ceux de la rue Lucien-Guintoli. Les premiers souhaitant le voir disparaître pour une meilleure répartition des flux, les seconds redoutent une arrivée massive des camions dont ils étaient jusque-là protégés compte tenu des dimensions de ce pont. Sa démolition, qui nécessiterait un décaissement du terrain et ainsi l’abattage d'arbres pour créer une pente douce, interroge les futurs usagers de la voie verte, puisqu’elle créerait une deuxième interruption.
"J'entends les arguments, assure Mandy Graillon, adjointe au maire. Pour le moment, compte tenu de la campagne électorale, le sujet ne peut pas être débattu. Il est donc mis en suspens, mais on avance sur le reste du projet de la voie verte." L'élue sortante, en deuxième position sur la liste Arles au cœur conduite par Patrick de Carolis, projette - en cas de victoire aux municipales - d'organiser une réunion de concertation avec les membres du CIQ de Chabourlet et les habitants, à la mi-avril.
*Le financement du projet se répartit entre l'Union européenne (67 %), la Ville d'Arles (22 %), le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (10 %) et l'État (1 %) dans le cadre du programme Action Cœur de Ville.