Malgré le vent, les manifestants ont répondu présent pour faire entendre leur voix. Drapeau à la main, ils dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de vie et un accès aux soins de plus en plus compliqué. Pour Thierry Olivier, représentant de la FSU et directeur d’école près de Saint-Jean, le constat est sans appel : « Depuis des décennies, la santé et la protection sociale servent de variable d’ajustement budgétaire. On refuse de faire contribuer les plus riches, et ce sont toujours les mêmes qui payent. »
Le syndicaliste pointe notamment le manque de moyens dans les services publics et à l’hôpital : « Aujourd’hui, six millions de personnes n’ont plus de médecin traitant. 70 % des Ehpad publics et associatifs sont en difficulté. On ouvre la porte à une marchandisation du secteur. » Selon lui, les retraités sont particulièrement touchés : « L’augmentation des restes à charge frappe de plein fouet les plus précaires. Après une vie de travail, devoir compter chaque euro, ce n’est pas admissible. » Malgré ce tableau préoccupant, Thierry Olivier insiste sur l’importance de la mobilisation : « Parfois, on arrive à faire reculer le gouvernement. Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Il faut le défendre. »
« Les retraités pointés du doigt »
Du côté de la CGT, le ton est tout aussi offensif. Gilbert Pucheral, élu syndical, dénonce un discours stigmatisant à l’égard des retraités : « On veut faire croire que les retraités coûtent trop cher, qu’ils seraient responsables du déficit. C’est faux et injuste. » Il rappelle que la réalité est bien différente : « 62 % des retraités ont une pension inférieure au SMIC, et 27 % touchent moins de 1 000 euros. Beaucoup renoncent aux soins, faute de moyens. » Le syndicat critique également les récentes mesures gouvernementales, notamment la hausse des franchises médicales et du forfait hospitalier : « On fait payer les malades, alors même qu’il devient de plus en plus difficile de trouver un médecin. »
« Aller chercher l’argent ailleurs »
Autre sujet de colère : la question des fraudes. Pour Alain Martin, représentant CGT à Alès, le débat est biaisé : « On parle de fraude sociale, mais la plus importante, c’est la fraude patronale et fiscale. Il y a des milliards à aller chercher de ce côté-là. »
Le syndicaliste dénonce également une forme d’injustice fiscale : « Certaines grandes entreprises font des bénéfices énormes sans payer d’impôts en France. Pendant ce temps, on s’attaque aux plus fragiles. »
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Au-delà de ce rassemblement alésien, les syndicats entendent maintenir la pression. Les organisations syndicales appellent d’ores et déjà à poursuivre la mobilisation dans les prochaines semaines, notamment à l’approche du 1er mai, journée internationale des travailleurs. « On ne peut pas se laisser faire », concluent les manifestants, déterminés à défendre un modèle social qu’ils estiment aujourd’hui menacé.