À l’issue des municipales à Nîmes, Abdallah Zekri a décidé de prendre la parole après les accusations de vote communautaire en faveur de la liste Nîmes en commun.
Objectif Gard : Pourquoi êtes-vous en colère ?
Abdallah Zekri : Parce que les mauvais perdants cherchent des coupables. La liste gagnante représente tous les Nîmois : des Nîmois de confession juive, catholique ou encore musulmane. Quand j’entends que des imams auraient favorisé un vote, c’est leur attribuer un pouvoir qu’ils n’ont pas. Il n’y a eu aucun appel. Nous avons refusé de recevoir les candidats dans les lieux de culte, donc c’est faux. Ça suffit maintenant. À chaque fois qu’il y a un sujet, ce sont les musulmans qui sont pointés du doigt.
Vous en voulez au candidat RN Julien Sanchez…
Je souhaite répondre à Julien Sanchez, qui a attaqué les musulmans de Nîmes en avançant de fausses informations. Aucun imam n’a appelé à voter pour la gauche. Monsieur Sanchez a tenu des propos surprenants, et même insultants, laissant entendre que les imams seraient aux ordres. Je suis président de mosquée et, comme mes collègues, nous sommes responsables de nos lieux de culte. Jamais nous n’aurions accepté que des imams s’immiscent dans une campagne électorale. C’est erroné, et même diffamatoire. Je me réserve la possibilité d’engager des poursuites devant le tribunal. J’ai d’ailleurs rendez-vous avec mon avocat pour préparer le dépôt de plainte. Je vous le dis : nous en avons assez d’être constamment pris pour cible. Quand ils perdent, c’est la faute des musulmans ; quand ils gagnent, c’est celle des autres.
Vous y voyez une stigmatisation des musulmans nîmois ?
Si je comprends bien, monsieur Bouget aurait été élu parce que sa numéro deux s’appelle Amel Couvreur ? Moi, je fais une proposition à monsieur Sanchez, que je connais puisque j’ai déjà gagné contre lui en justice : s’il en a le courage, je l’invite à débattre avec moi sur un plateau télé, en direct, quand il veut et sur les sujets qu’il souhaite. Je n’ai aucun problème à discuter. Nous sommes Français, nous respectons les droits et les devoirs de la République. Il faut arrêter de nous stigmatiser une bonne fois pour toutes.
Quel est votre regard sur ces municipales à Nîmes ?
La droite n’a pas su s’entendre, et c’est dommage pour elle. Elle a perdu des voix entre les deux tours, car les électeurs n’y croyaient plus. Il suffit de voir la situation actuelle : les divisions persistent avec deux groupes au sein du conseil municipal. Par ailleurs, monsieur Sanchez a perdu parce qu’il ne connaît pas Nîmes. Les gens s’en sont rendu compte. Si je lui demande de m’emmener à la galerie Wagner à Pissevin, il ne sait peut-être même pas où elle se trouve… Cela étant dit, je pense que ceux qui ont voté pour lui ont surtout choisi l’étiquette Rassemblement national. Je reconnais enfin que la liste de monsieur Bouget était diverse. Une grande partie des Nîmois s’y est sans doute reconnue. Le nouveau maire a fait le choix d’une équipe composée de personnalités issues de tous les quartiers : du centre-ville comme de la périphérie.
Entre les deux tours, la mobilisation a été plus forte. Comment l’expliquez-vous ?
Les quartiers de Nîmes se sont mobilisés. Les habitants ont perçu un risque, notamment à travers les déclarations et les intentions de certains candidats. On ne peut pas faire campagne uniquement contre quelqu’un. Vincent Bouget, lui, a fait campagne pour les Nîmois.